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Homelab medium

OPNsense + Tailscale : fondations réseau du homelab

20 min de lecture

OPNsense transforme un simple mini-PC en pare-feu professionnel. Combiné à Tailscale, vous accédez à votre homelab depuis n'importe où, sans exposer de port sur Internet. Ce guide pose les fondations réseau actuelles du homelab, avec une évolution prévue vers la segmentation VLAN.

À la fin de ce parcours, vous aurez :

  • Un pare-feu OPNsense sur un mini-PC dédié (ou VM)
  • Un LAN d'administration initial en 192.168.10.0/24
  • Un accès distant sécurisé avec Tailscale pour ne jamais perdre la main
  • Une base réseau propre avec DNS interne et règles simples
  • Une segmentation VLAN prévue pour la suite du parcours
ÉlémentRecommandation
Machine OPNsenseMini-PC avec 2+ NICs (Intel N100 4-port idéal) ou VM avec 2 interfaces
SwitchMême un switch non-manageable suffit pour démarrer
Compte TailscaleGratuit sur tailscale.com
Temps estimé1–2 heures pour une config de base

Dans une architecture security-first, le réseau n'est pas "un truc à configurer plus tard". C'est la fondation sur laquelle tout le reste s'appuie :

Sans OPNsenseAvec OPNsense
Box FAI = routeur + firewallContrôle total des règles et des logs
DNS de la box (lent, logs chez le FAI)DNS local, résolution interne, logs chez vous
VPN propriétaire ou aucunWireGuard natif ou Tailscale intégré
Aucune visibilité sur le traficLogs, métriques, IDS Suricata
Segmentation impossibleVLANs possibles dès que nécessaire

Le schéma qui suit sert de carte de destination, pas de plan à appliquer aujourd'hui. Regardez d'abord la position d'OPNsense : il s'intercale entre la box FAI et le switch, ce qui fait passer tout le trafic interne par un point de contrôle unique. C'est ce placement qui rend possibles les règles de filtrage, les logs et, plus tard, l'isolation des VLANs. Le second point à repérer est Tailscale : il se greffe sur OPNsense lui-même, pas sur chaque machine, ce qui explique pourquoi un seul nœud suffit à exposer tout le LAN.

Architecture réseau OPNsense avec VLANs et Tailscale

OPNsense s'installe comme n'importe quel OS : téléchargez l'image, vérifiez son empreinte SHA-256, bootez dessus, suivez l'assistant. Deux variantes existent pour l'architecture amd64 : l'image vga (.img) destinée aux clés USB, et l'image dvd (.iso) pensée pour un lecteur optique ou une VM. Pour un mini-PC, prenez la vga.

  1. Téléchargez l'image et son fichier de sommes

    Rendez-vous sur opnsense.org/download, choisissez amd64 puis le type d'image. Récupérez au passage le fichier OPNsense-<version>-checksums-amd64.sha256 publié dans le même répertoire du miroir.

  2. Vérifiez l'empreinte avant toute écriture

    Les images sont distribuées compressées en bzip2. Le fichier de sommes porte sur l'archive .bz2, il faut donc contrôler l'empreinte avant de décompresser.

    Fenêtre de terminal
    sha256sum --check --ignore-missing OPNsense-26.7-checksums-amd64.sha256

    La sortie doit afficher OPNsense-26.7-vga-amd64.img.bz2: OK. Toute autre réponse signifie un téléchargement corrompu ou altéré : recommencez, n'écrivez rien sur la clé.

  3. Décompressez puis créez la clé USB bootable

    Fenêtre de terminal
    bzip2 -d OPNsense-26.7-vga-amd64.img.bz2
    # Remplacez /dev/sdX par le périphérique réel, vérifié avec lsblk
    sudo dd if=OPNsense-26.7-vga-amd64.img of=/dev/sdX bs=1M conv=fsync status=progress

    Sous Windows, Rufus ou balenaEtcher acceptent directement l'image décompressée.

  4. Installez sur le mini-PC

    • Branchez la clé USB, démarrez le mini-PC
    • Suivez l'assistant d'installation
    • Choisissez le disque cible (NVMe/SSD)
    • Définissez le mot de passe root
  5. Configurez les interfaces (console)

    Au premier boot, assignez les interfaces :

    • WAN = interface vers la box FAI
    • LAN = interface vers le switch/réseau interne

Guide détaillé : Installer OPNsense

À ce stade, l'objectif n'est pas encore de segmenter tout le homelab en VLANs. Je commence par un LAN unique en 192.168.10.0/24, suffisamment simple pour valider OPNsense, l'accès au réseau interne, les premiers services et l'administration distante.

Les quatre valeurs ci-dessous se fixent une fois pour toutes, parce que changer un plan d'adressage après coup oblige à reprendre les baux DHCP, les enregistrements DNS et les règles de filtrage. Le choix de 192.168.10.0/24 plutôt que le classique 192.168.1.0/24 évite un conflit fréquent : quand vous vous connectez à un réseau tiers qui utilise déjà 192.168.1.0/24, le routage Tailscale vers votre homelab devient ambigu et cesse de fonctionner.

ÉlémentValeur
Interface LANinterface interne d'OPNsense
Réseau192.168.10.0/24
Passerelle OPNsense192.168.10.1
Usageadministration, Proxmox, premiers services

Un LAN plat n'est pas une architecture définitive, mais il rend testables les quatre briques qui doivent fonctionner avant toute segmentation. Tant que ces quatre points ne sont pas verts, ajouter des VLANs revient à empiler un problème de routage inter-segments sur un problème de base non diagnostiqué. Traitez donc cette liste comme une porte de sortie : chaque ligne se valide indépendamment des autres.

Avec ce LAN unique, vous pouvez déjà :

  • Connecter Proxmox et les premières machines
  • Administrer OPNsense et le switch
  • Tester la résolution DNS locale
  • Accéder au homelab à distance avec Tailscale

Vous pouvez activer le serveur DHCP d'OPNsense sur ce LAN pour distribuer automatiquement les adresses. Le point qui compte ici est la plage : en la démarrant à .100, vous réservez tout l'espace .1 à .99 aux adresses statiques de vos équipements d'infrastructure. Sans cette séparation, un bail DHCP finit tôt ou tard sur l'IP que vous aviez fixée à la main sur Proxmox, et le service devient injoignable au pire moment.

  • Plage : 192.168.10.100 à 192.168.10.200
  • Passerelle : 192.168.10.1
  • DNS : 192.168.10.1 (OPNsense)

Les machines principales (Proxmox, switch, hyperviseurs) gardent une IP statique hors de cette plage. Pour les postes de passage, le DHCP suffit.

Avec un seul LAN, la configuration firewall reste simple. L'objectif est de sécuriser les flux de base avant de passer à la suite.

Trois règles sont créées automatiquement à l'installation, et c'est la troisième qui mérite votre attention. La règle anti-lockout est ce qui vous empêche de vous couper l'accès à l'interface web en vous trompant dans un filtre. Certains tutoriels conseillent de la désactiver pour « durcir » la configuration : ne le faites pas tant que vous n'avez pas un accès console physique vérifié, sinon la moindre erreur de règle transforme le pare-feu en boîte noire injoignable.

Pour un LAN unique, les règles par défaut d'OPNsense suffisent généralement :

RègleEffet
LAN → InternetAccès sortant autorisé (mises à jour, navigation)
LAN → OPNsenseAdministration de l'interface web
Anti-lockoutEmpêche de se couper l'accès à OPNsense

Ces trois ajustements se prennent dans cet ordre, du moins risqué au plus risqué. Activer les logs ne casse rien et vous donne la matière pour décider ensuite quoi bloquer : sans observation préalable, un blocage de ports sortants coupe presque toujours un service dont vous ignoriez la dépendance. Le troisième point, restreindre l'accès à l'interface d'administration, se teste depuis la machine concernée avant d'être appliqué, sinon vous vous exposez au verrouillage décrit plus haut.

Même avec un LAN unique, quelques ajustements peuvent être utiles :

  • Bloquer certains ports sortants si vous souhaitez restreindre les flux
  • Limiter l'accès à l'interface OPNsense à certaines IPs
  • Activer les logs sur les règles pour observer le trafic

Guide détaillé : Administration OPNsense

Avant d'aller plus loin, assurez-vous de toujours avoir un moyen d'accéder à votre homelab depuis l'extérieur. C'est une sécurité essentielle : si vous perdez l'accès local, vous pouvez quand même intervenir.

Dans mon homelab, j'utilise Tailscale pour l'accès distant. L'argument décisif n'est pas la rapidité d'installation mais l'absence de port ouvert sur la box : le nœud sort en connexion sortante vers les serveurs de coordination, puis établit un tunnel WireGuard direct avec vos autres appareils. La surface d'attaque exposée sur Internet reste donc nulle, là où un VPN auto-hébergé impose une redirection de port et un service en écoute permanente.

  • Installation via le plugin OPNsense
  • Pas de port à ouvrir sur la box FAI
  • Traverse les NAT complexes automatiquement
  • Plan Personal gratuit jusqu'à 6 utilisateurs sur un même tailnet

Les quatre étapes ci-dessous forment une séquence : les trois premières se font dans OPNsense, la quatrième dans la console d'administration Tailscale. C'est cette dernière qui piège le plus de monde. Annoncer une route depuis OPNsense ne suffit pas, elle reste inactive tant qu'un administrateur ne l'a pas approuvée côté tailnet, et rien dans l'interface OPNsense ne signale cette attente.

  1. Installez le plugin Tailscale depuis OPNsense (System → Firmware → Plugins)

  2. Connectez-vous à votre compte Tailscale via l'interface OPNsense

  3. Activez le subnet routing pour exposer votre LAN (192.168.10.0/24)

  4. Approuvez les routes dans la console admin Tailscale

Une fois configuré, vous pouvez accéder à OPNsense, Proxmox et toutes vos machines depuis n'importe où via leur IP locale (192.168.10.x).

Guide détaillé : Tailscale + OPNsense

Même avec un LAN unique, un DNS interne est très utile. Il permet de résoudre des noms locaux plutôt que de retenir des IPs.

Le tableau donne une convention de nommage, pas une configuration à copier. Le point à retenir est le suffixe : lab.local est lisible mais .local est réservé par mDNS (le protocole derrière Avahi et Bonjour), ce qui provoque des résolutions erratiques sur les postes macOS et sur les distributions qui activent nss-mdns. Un domaine que vous possédez, ou un sous-domaine interne du type lab.exemple.fr, évite complètement ce conflit.

NomIP
opnsense.lab.local192.168.10.1
proxmox.lab.local192.168.10.10
authentik.lab.local192.168.10.20
openbao.lab.local192.168.10.21

Unbound est le résolveur DNS récursif livré par défaut avec OPNsense, actif dès l'installation. Vous n'avez donc rien à installer : le travail consiste à lui ajouter vos enregistrements statiques (Services, Unbound DNS, Overrides) et, si vous le souhaitez, à activer le blocage. Attention à un effet de bord : les listes de blocage publicitaire s'appliquent à tout le LAN, y compris aux serveurs, et un faux positif sur un domaine de dépôt logiciel casse silencieusement vos mises à jour.

  • Résoudre des noms locaux : proxmox.lab.local vers 192.168.10.10
  • Bloquer la pub (avec des listes de blocage)
  • Améliorer la vie privée (DNS over TLS vers des serveurs de confiance)

Activez-le dès maintenant ou après avoir déployé vos premières VMs.

Guide détaillé : Gestion des plugins OPNsense

Une fois le LAN initial validé, l'étape suivante consistera à séparer les usages avec des VLANs dédiés. Cette segmentation n'est pas encore en place, mais voici ce qui est prévu.

Ce plan bascule volontairement du préfixe 192.168.10.0/24 vers l'espace 10.0.x.0/24. Ce n'est pas un détail cosmétique : passer aux VLANs implique de renuméroter, donc autant profiter de l'opération pour aligner l'ID de VLAN sur le troisième octet du subnet. Un paquet capturé sur le trunk avec le tag 30 se rattache alors immédiatement à 10.0.30.0/24, ce qui accélère tous les diagnostics futurs. La colonne à lire en priorité est Usage : c'est elle qui déterminera les règles d'isolation, le VLAN IOT n'ayant par exemple aucune raison d'atteindre MGMT.

VLANIDSubnetUsage
MGMT1010.0.10.0/24Administration (OPNsense, Proxmox, switches)
SERVERS2010.0.20.0/24VMs et conteneurs
IOT3010.0.30.0/24Objets connectés, isolés

Le changement matériel est le seul qui coûte de l'argent, et c'est aussi celui qui bloque tout le reste : sans switch capable de gérer le 802.1Q, aucune des deux autres évolutions n'est réalisable. Prévoyez également une coupure de service le jour de la bascule, puisque le port qui relie OPNsense au switch devient un trunk et cesse de fonctionner en mode accès.

  • Le switch passera en mode manageable avec des ports VLAN
  • Les règles firewall isoleront les segments
  • Le trunk entre OPNsense et le switch portera tous les VLANs

Guides pour la suite :

Avant de passer au déploiement du premier nœud Proxmox admin, vérifiez que vos fondations réseau fonctionnent.

Cochez ces cinq points dans l'ordre, car ils vont du plus local au plus distant et chaque échec renseigne sur le précédent. Si l'accès Internet ne passe pas alors qu'OPNsense répond en local, le problème se situe côté WAN ou passerelle, pas côté LAN. Le dernier point n'est pas un test mais une précaution : l'accès console physique est ce qui vous sauve quand les quatre autres tombent en même temps.

  • OPNsense accessible localement (https://192.168.10.1)
  • Interfaces assignées : WAN et LAN correctement configurés
  • Accès Internet fonctionnel depuis le LAN
  • Accès distant opérationnel : Tailscale connecté
  • Accès de secours prévu : console physique sur le mini-PC OPNsense

Le premier bloc se lance depuis une machine du LAN et sépare deux causes de panne. Un ping qui aboutit sur 192.168.10.1 mais échoue sur 8.8.8.8 isole le problème sur le WAN ou le NAT sortant. À l'inverse, si les deux ping passent mais que la navigation web reste bloquée, la cause est la résolution DNS, pas le routage.

Fenêtre de terminal
# Depuis une machine sur le LAN
ping 192.168.10.1 # Gateway OPNsense
ping 8.8.8.8 # Sortie Internet

Le second bloc se joue depuis l'extérieur, sur un appareil connecté au même tailnet. tailscale status doit d'abord lister le nœud OPNsense comme joignable. Si ce nœud apparaît bien mais que le ping vers 192.168.10.1 reste sans réponse, la cause n'est presque jamais le pare-feu : c'est la subnet route qui n'a pas été approuvée dans la console d'administration Tailscale. Vérifiez-le sur la page Machines avant de toucher à la moindre règle.

Fenêtre de terminal
# Depuis l'extérieur (via Tailscale)
tailscale status
ping 192.168.10.1 # OPNsense via Tailscale

Les trois pannes ci-dessous couvrent la quasi-totalité des blocages rencontrés sur cette base. Le point commun de leur résolution : on repart toujours du niveau le plus bas accessible, la console physique ou l'interface WAN, plutôt que de modifier des règles à l'aveugle.

"Je n'accède plus à OPNsense après un changement"

Section intitulée « "Je n'accède plus à OPNsense après un changement" »

C'est le scénario du verrouillage : une règle ou un changement d'adressage vous a coupé de l'interface web. La console série ou VGA reste accessible parce qu'elle ne dépend d'aucune configuration réseau, et son menu numéroté permet de réaffecter une adresse en quelques secondes. Notez que le menu console d'OPNsense propose aussi l'option de réinitialisation des règles de pare-feu aux valeurs d'usine, utile quand vous ne savez plus quelle règle a provoqué la coupure.

  1. Connectez-vous à la console (écran + clavier directement sur le mini-PC)
  2. Tapez 2 pour "Set interface IP address"
  3. Réaffectez une IP sur l'interface LAN (192.168.10.1)
  4. Accédez à l'interface web et corrigez

Ces trois vérifications se font dans cet ordre parce qu'elles remontent la chaîne : sans adresse sur le WAN, la passerelle est forcément absente, et tester le ping avant les deux autres ne vous apprendrait rien. Le ping depuis la console d'OPNsense est décisif car il élimine le LAN de l'équation. S'il aboutit alors que la même commande échoue depuis un poste interne, la panne est côté NAT sortant ou DNS, pas côté connexion opérateur.

  • Vérifiez que l'interface WAN a bien une IP (DHCP ou statique)
  • Vérifiez la passerelle par défaut dans OPNsense
  • Testez un ping depuis la console OPNsense : ping 8.8.8.8

Une subnet route demande deux accords indépendants : le nœud doit l'annoncer, et un administrateur doit l'approuver. Les deux étapes vivent dans des interfaces différentes, ce qui explique la fréquence de cette panne. Commencez par la console d'administration : l'annonce côté OPNsense est en général correcte, c'est l'approbation qui manque.

  1. Dans la console admin Tailscale, approuvez les routes de votre machine OPNsense
  2. Dans OPNsense, vérifiez que "Advertise Routes" contient votre subnet (192.168.10.0/24)
  • OPNsense d'abord : c'est la fondation sur laquelle tout le reste s'appuie
  • Commencez par un LAN unique : validez la base avant de segmenter
  • Vérifiez l'empreinte SHA-256 de l'image avant d'écrire la clé USB
  • Tailscale dès le départ : accès distant sans port exposé sur la box
  • Une route annoncée n'est pas une route active : l'approbation se fait côté console Tailscale
  • DNS interne utile immédiatement : même avec un seul réseau
  • VLANs ensuite : une fois la fondation solide, la segmentation devient traitable
  • Ne vous enfermez jamais : console physique et Tailscale sont vos deux voies de secours

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