
Non, Chef n'est pas mort. Mais une partie de son écosystème vient de se refermer, et il faut le dire clairement. En novembre 2025, Progress a annoncé la fin du Chef Infra Server open source, au profit de sa plateforme commerciale Chef 360. Cette page fait le tri : ce qui disparaît, ce qui reste vivant, ce que fait CINC, et pourquoi la voie que cette formation recommande depuis le début se trouve être la plus pérenne. Public visé : toute personne qui investit du temps dans Chef et veut savoir sur quoi elle mise.
Ce que vous allez apprendre
Section intitulée « Ce que vous allez apprendre »- Distinguer ce qui est retiré de ce qui reste maintenu.
- Comprendre le rôle de CINC et sa réponse au retrait.
- Situer la voie sans serveur comme la plus pérenne.
- Décider en connaissance de cause.
Ce qui disparaît : le serveur open source
Section intitulée « Ce qui disparaît : le serveur open source »Soyons précis, car la nuance est décisive. Ce que Progress retire, c'est le Chef Infra Server open source, c'est-à-dire le service central auquel les nœuds se connectent.
Le calendrier est connu :
| Échéance | Ce qui se passe |
|---|---|
| Octobre 2026 | Fin des contributions : plus aucun correctif, y compris de sécurité |
| Novembre 2026 | Fin de vie formelle, dépôts passés en lecture seule |
La sortie proposée par l'éditeur est la migration vers Chef 360, une plateforme commerciale. C'est un choix d'entreprise que l'on peut comprendre, mais il ferme une porte qui était ouverte.
Ce qui reste vivant : le cœur de Chef
Section intitulée « Ce qui reste vivant : le cœur de Chef »Et c'est là que la panique retombe. Le composant retiré est le serveur, pas Chef lui-même.
Le Chef Infra Client, c'est-à-dire l'agent qui exécute vos recettes sur les machines, reste un projet open source actif sous licence Apache 2.0. Il en va de même pour InSpec. Ce sont eux qui portent tout ce que vous avez appris : les ressources, les recettes, les cookbooks, les attributs, les templates, l'idempotence, les Policyfiles, les tests.
Autrement dit : le langage et le moteur de Chef ne sont pas concernés.
Rappel : pourquoi CINC existe
Section intitulée « Rappel : pourquoi CINC existe »Un détour utile pour comprendre la suite. Depuis Chef 15, les binaires distribués par Chef Software sont soumis à une licence commerciale, alors même que le code source reste sous Apache 2.0. La contradiction est réelle : le code est libre, mais le paquet que vous téléchargez ne l'est pas.
CINC (« Cinc Is Not Chef ») est né de là : une reconstruction communautaire à partir de ce même code source, sans EULA, publiée sous Apache 2.0. Même code, même comportement, mêmes commandes. C'est cette distribution que la formation utilise de bout en bout.
La réponse de CINC : passer du rebuild au fork
Section intitulée « La réponse de CINC : passer du rebuild au fork »Jusqu'ici, CINC se contentait de reconstruire ce que Chef publiait. Le retrait du serveur change la nature du travail : il n'y a plus rien à reconstruire.
Le projet a donc annoncé, en juin 2026, qu'il forkait le serveur pour le maintenir lui-même. Deux trajectoires coexistent :
- des reconstructions de la série 15.x jusqu'à fin 2026 ;
- puis un fork indépendant, publié sous le nom Cinc Server 16.0.0, attendu vers novembre 2026, annoncé comme une continuation transparente : mêmes chemins de configuration, mêmes noms de binaires, pas de rupture prévue.
Ce n'est d'ailleurs pas une première : Cinc Workstation avait déjà été forkée, lorsque l'amont était passé à des builds exclusivement Habitat.
La voie pérenne était déjà celle qu'on vous recommandait
Section intitulée « La voie pérenne était déjà celle qu'on vous recommandait »Voici le point qui devrait vous rassurer le plus, et il ne doit rien au hasard.
Cette formation défend, depuis le guide Local mode ou serveur ?, une position simple : la plupart du temps, vous n'avez pas besoin de serveur. On converge avec knife-zero, en poussant les cookbooks en SSH, et le dépôt Git fait office de source de vérité.
Cette voie ne dépend d'aucun service central. Elle repose sur le client (Apache 2.0, vivant) et sur votre dépôt. La décision de Progress ne l'atteint pas. Le composant qui se referme est précisément celui que nous conseillions déjà de n'adopter que sur besoin avéré.
Mieux : ce que l'on croyait réservé au serveur ne l'est pas. La convergence planifiée, la correction automatique de dérive et la promotion en production fonctionnent sans lui. Le guide Exploiter Chef sans serveur monte cette architecture de bout en bout et la prouve : une machine sabotée s'y répare seule en 112 secondes, alors qu'aucun serveur n'existe.
Ce qu'il faut quand même regarder en face
Section intitulée « Ce qu'il faut quand même regarder en face »Ne transformons pas ce constat en satisfaction béate. Deux points méritent une lucidité franche.
Si vous exploitez un serveur Chef, vous dépendez désormais d'un fork communautaire et non plus d'un éditeur. CINC a un historique sérieux, une communauté active et une annonce claire, mais c'est un changement de nature du risque : la continuité repose sur des bénévoles, pas sur un contrat. Prévoyez la bascule vers Cinc Server 16 dans votre planning, et gardez à l'esprit qu'après octobre 2026, la série 15 ne recevra plus de correctifs de sécurité.
Et si vous démarrez aujourd'hui un projet qui exige impérativement un modèle serveur avec un avenir éditeur serein, l'honnêteté commande de le dire : Salt, Puppet ou Rudder sont, sur cet axe précis, des paris plus tranquilles. Chef garde toute sa pertinence pour un parc existant, pour la richesse de son modèle de tests, et pour la voie sans serveur, qui reste excellente.
À retenir
Section intitulée « À retenir »- Progress retire le Chef Infra Server open source : plus de correctifs après octobre 2026, fin de vie en novembre 2026.
- Le Chef Infra Client et InSpec restent open source (Apache 2.0) et activement maintenus : le langage et le moteur ne sont pas concernés.
- CINC est la reconstruction libre, sans EULA. Il forke désormais le serveur : Cinc Server 16.0.0, annoncé comme une continuation transparente.
- 28 des 31 leçons de ce parcours ne dépendent pas du serveur.
- La voie sans serveur (knife-zero + dépôt Git), recommandée par défaut dans cette formation, est la plus pérenne : elle ne dépend d'aucun service central.
- Exploiter un serveur signifie désormais dépendre d'un fork communautaire : planifiez la bascule et acceptez ce changement de risque.
- Si un modèle serveur vous est indispensable et que vous démarrez de zéro, Salt, Puppet ou Rudder sont des paris plus sereins sur cet axe.
Pour aller plus loin
Section intitulée « Pour aller plus loin »- Alternatives à Ansible : comparer Salt, Chef, Puppet et Rudder sur des critères concrets.
- Panorama des outils de gestion de configuration : situer Chef dans l'ensemble du paysage.