Aller au contenu
English
Cloud medium

Exposer un service Scaleway : IP flexible, passerelle ou load balancer ?

35 min de lecture

Trois briques rendent un service joignable chez Scaleway, et elles ne répondent pas à la même question. L'adresse IP flexible attache une adresse publique à une machine précise. La passerelle publique donne une sortie Internet à tout un réseau privé, et sait aussi y faire entrer du trafic. Le load balancer répartit les connexions entre plusieurs machines et termine le TLS. Choisir au hasard coûte de l'argent qui court à l'heure et produit des architectures qu'on ne peut plus corriger sans coupure. Cette page pose les critères, les prix relevés au catalogue public, et les zones où chaque brique existe réellement.

  • Décider entre les trois briques sur un critère explicite, pas par habitude.
  • Nommer les trois objets qui composent un load balancer, et le test qui le fait vivre.
  • Relever vous-même prix, gabarits et zones, sans faire confiance à un tutoriel.
  • Repérer les décisions du volet qu'on ne peut plus reprendre après coup.
  • Identifier les coûts qui continuent de courir après un test terminé.

IP flexible, passerelle ou load balancer : laquelle choisir ?

Section intitulée « IP flexible, passerelle ou load balancer : laquelle choisir ? »

Le critère qui tranche n'est pas le trafic, c'est le nombre de machines concernées et le sens de la connexion. Une machine seule qui doit être jointe prend une adresse. Un parc de machines qui doit sortir prend une passerelle. Plusieurs machines qui rendent le même service prennent un load balancer.

Lisez le tableau de gauche à droite : partez de votre besoin, la dernière colonne dit ce que le choix vous coûte de renoncer.

BesoinChoixPourquoiCe que vous renoncez
Une machine doit être jointe depuis InternetIP flexiblel'adresse suit la machine, se détache et se rattacheaucune répartition, aucun TLS terminé, la machine est exposée directement
Un parc de machines privées doit sortir (correctifs, API tierces)Passerelle publiqueune seule adresse publique pour tout le réseau privéun point de défaillance unique pour la sortie et pour l'administration
Un service interne doit être joint ponctuellementPasserelle + règle PATpublie un port sans donner d'adresse à la machineaucun contrôle d'état, aucune répartition
Plusieurs machines rendent le même serviceLoad balancerrépartition, contrôle d'état, terminaison TLSun coût par nœud, et un produit de plus à exploiter
Des backends hors de Scaleway doivent entrer dans la répartitionLoad balancer LB-GP-L ou XLseuls ces deux gabarits acceptent des backends externesle ticket d'entrée passe de 0,023 à 0,094 € par heure
Le service parle UDPPasserelle + règle PATle load balancer ne gère que TCPni répartition, ni contrôle d'état, ni terminaison TLS

La combinaison est la règle, pas l'exception. Une architecture ordinaire place un load balancer devant les machines qui servent le trafic entrant, et une passerelle derrière pour que ces mêmes machines aillent chercher leurs mises à jour sans jamais porter d'adresse publique.

Règle PAT ou load balancer : quand la solution simple cesse-t-elle de suffire ?

Section intitulée « Règle PAT ou load balancer : quand la solution simple cesse-t-elle de suffire ? »

Une règle PAT publie un port, un load balancer publie un service, et la différence se voit le jour où une machine tombe. La règle PAT envoie le trafic vers une adresse privée fixe : si la machine derrière ne répond plus, le trafic continue d'y aller et le service est en panne, sans que rien ne le signale. Le load balancer, lui, interroge ses backends par un health check et retire de la rotation celui qui ne répond pas. Le second écart tient au chiffrement : une règle PAT transporte, elle ne déchiffre pas, donc le certificat TLS doit vivre sur la machine de destination et y être renouvelé, alors qu'un load balancer termine le TLS à l'entrée et centralise les certificats. Trois questions suffisent à décider. Y a-t-il plus d'une machine derrière ce port ? Le service doit-il rester joignable quand une machine tombe ? Si oui à l'une des deux, load balancer. S'agit-il d'un accès d'administration ponctuel, sur une machine unique, qu'on retirera ensuite ? Alors la règle PAT suffit, et elle ne coûte rien de plus puisque la passerelle est déjà là.

Que recouvre exactement le mot « load balancer » ?

Section intitulée « Que recouvre exactement le mot « load balancer » ? »

Trois objets distincts, et le mot n'en désigne qu'un seul. C'est la première surprise de la mise en pratique : créer le load balancer ne suffit pas, il ne répond à rien tant que les deux autres n'existent pas.

ObjetCe qu'il porte
Load Balancerla machine managée et son adresse
Backendle groupe de serveurs, l'algorithme de répartition et le health check
Frontendle port d'écoute, et le backend vers lequel il envoie par défaut

Le health check est le cœur du produit, et c'est lui qui justifie son prix face à une simple règle PAT. Il s'agit d'un test répété, à intervalle fixe, qui décide si une machine mérite encore de recevoir du trafic. Une machine qui échoue un nombre configuré de fois est retirée de la rotation, et y revient seule quand elle répond de nouveau. Sans lui, répartir ne sert à rien : le trafic continuerait d'aller vers une machine morte.

Quel gabarit de load balancer accepte des backends externes ?

Section intitulée « Quel gabarit de load balancer accepte des backends externes ? »

Seuls lb-gp-l et lb-gp-xl, et ce n'est pas une option de configuration mais une propriété du gabarit. Une architecture qui doit répartir vers une machine hébergée ailleurs, chez un autre fournisseur ou dans vos propres murs, est donc contrainte dès le choix du type, et le changer ensuite multiplie le prix horaire par quatre.

La réponse ne se devine pas, elle se lit dans un champ machine :

Fenêtre de terminal
scw lb lb-types list zone=fr-par-1 -o json

La sortie doit afficher quatre entrées, chacune portant un booléen multicloud. Relevé le 10 septembre 2026 avec scw 2.62.0 : false pour lb-s et lb-gp-m, true pour lb-gp-l et lb-gp-xl.

Comment relever un prix sans faire confiance à un tutoriel ?

Section intitulée « Comment relever un prix sans faire confiance à un tutoriel ? »

Par le catalogue public, qui répond sans authentification et que vous pouvez rejouer aujourd'hui. C'est la seule méthode qui reste juste quand les grilles changent.

Fenêtre de terminal
curl -s 'https://api.scaleway.com/product-catalog/v2alpha1/public-catalog/products?page_size=1000' \
| python3 -m json.tool | head -40

La sortie doit afficher des entrées portant un sku, un objet price et un status. Le prix vit sous price.retail_price, en units et nanos, et non directement sous price : c'est l'erreur de lecture qui fait afficher zéro partout. La grille complète des briques réseau est sur la carte du volet ; trois lectures méritent d'être retenues ici, parce qu'elles vont contre l'intuition.

Le prix d'un load balancer s'entend par nœud. Une configuration redondante en aligne deux, donc un lb-gp-l redondant coûte 0,188 € par heure et non 0,094 €. Le catalogue affiche l'unitaire, jamais le total.

Le trafic traversant la passerelle est à zéro : les quatre références rx-int, rx-ext, tx-int et tx-ext sont relevées à 0,000 € par gigaoctet le 10 septembre 2026. Le coût d'une passerelle est celui de son gabarit et de son adresse, pas de ce qui la traverse.

L'adresse IPv6 est gratuite, et l'IPv4 régionale coûte 60 % de plus que la zonale, 0,008 € contre 0,005 € par heure. Sur un parc de cent machines, ce seul détail représente quelques centaines d'euros par an.

Quelles décisions ne pourrez-vous plus reprendre ?

Section intitulée « Quelles décisions ne pourrez-vous plus reprendre ? »

Certaines valeurs se figent à la création, et les changer imposera une coupure de service. Les connaître avant de taper la première commande évite de reconstruire un mois plus tard.

DécisionReprise possible ?Ce qu'il en coûte
Zone d'une passerelle ou d'un load balancernonrecréer ailleurs, donc une nouvelle adresse publique et un changement DNS
Accessibilité publique ou privée d'un load balancernonelle se fige à la création ; un load balancer privé n'a pas d'adresse publique, perd Let's Encrypt et les backends externes
Gabarit de passerelle ou de load balancerouichangement de type, sans recréer la ressource
Choix d'un gabarit sans backends externes (LB-S, LB-GP-M)oui, par changement de gabaritpasser en LB-GP-L coûte quatre fois plus cher par heure
Adresse publique attribuée automatiquementoui, en la réservant d'avancesans réservation préalable, l'adresse change à la recréation
Plan d'adressage du réseau privénon, en pratiquetout ce qui référence les adresses privées est à reprendre

La ligne la plus coûteuse est la première. Une adresse publique est attachée à sa zone : déménager un service, c'est changer d'adresse, donc attendre la propagation DNS et prévoir la bascule.

Ces valeurs bornent ce que vous pouvez construire dans ce volet. Chacune porte sa source : relevé CLI daté, page de documentation avec sa date de validation, ou FAQ produit.

LimiteValeurSource
Réseaux privés par passerelle8FAQ officielle Public Gateway
Passerelles par Organisation50FAQ officielle Public Gateway
Débit d'une passerellede 100 Mbit/s à 10 Gbit/sscw vpc-gw gateway-type list, 2.62.0
Débit d'un load balancerde 200 Mbit/s (LB-S) à 4 Gbit/s (LB-XL)page des limitations, validée le 2026-05-06
Connexions simultanées d'un load balancerde 20 000 (LB-S) à 3 000 000 (LB-XL)page des limitations, validée le 2026-05-06
Frontends, backends et ACL par load balancer300 de chaque, plus 200 certificatspage des limitations, validée le 2026-05-06
Backends externesréservés aux gabarits LB-GP-L et LB-GP-XLchamp multicloud de lb-types list
Protocoles acceptés par une règle PATtcp, udp ou bothscw vpc-gw pat-rule create -h, 2.62.0
Port du bastion SSHentre 1024 et 59999, défaut 61000documentation du bastion

Vérifiez les deux premières lignes de débit vous-même, c'est une manipulation de lecture qui ne crée rien :

Fenêtre de terminal
scw vpc-gw gateway-type list zone=fr-par-1 -o json
scw lb lb-types list zone=fr-par-1 -o json

La sortie doit afficher quatre entrées dans chaque cas, avec un champ bandwidth en bits par seconde pour la passerelle, et une description qui mentionne MultiCloud pour les deux plus gros gabarits de load balancer.

Cost Optimization : qui paie l'adresse que personne n'utilise ?

Section intitulée « Cost Optimization : qui paie l'adresse que personne n'utilise ? »

La question clé : combien d'adresses réservées votre compte détient-il sans qu'aucune machine ne s'en serve ?

Une adresse IP se facture même détachée, à 0,005 € par heure, soit environ 44 € par an chacune. Un load balancer supprimé sans release-ip=true laisse la sienne derrière lui, et personne ne la retrouve.

La discipline : supprimer en libérant l'adresse, puis relister les adresses de chaque famille avant de clore une session. Une adresse orpheline ne déclenche aucune alerte, elle se contente de courir.

Security : combien de portes votre architecture ouvre-t-elle ?

Section intitulée « Security : combien de portes votre architecture ouvre-t-elle ? »

La question clé : chaque adresse publique de votre compte correspond-elle à un service qui doit vraiment être joignable depuis Internet ?

Distribuer une adresse à chaque machine est la solution la plus rapide, et c'est aussi celle qui multiplie les surfaces d'attaque. La passerelle et le load balancer existent pour ramener ce nombre à un par ensemble de machines.

La discipline : aucune adresse publique par défaut sur une machine, et une justification écrite pour chaque exception.

Reliability : que se passe-t-il si cette zone tombe ?

Section intitulée « Reliability : que se passe-t-il si cette zone tombe ? »

La question clé : votre porte d'entrée est-elle dans la même zone que tout ce qu'elle dessert ?

Passerelle, load balancer et adresse zonale sont zonaux : ils tombent avec leur zone. Une architecture qui répartit ses machines sur deux zones mais garde une seule porte d'entrée n'a pas gagné en disponibilité, elle a seulement déplacé le point de rupture.

La discipline : identifier la ressource zonale qui commande tout le reste, et décider en connaissance de cause si elle mérite un doublon dans une seconde zone.

Tous ces messages ont été obtenus le 10 septembre 2026 avec scw 2.62.0.

SymptômeCauseSolution
Resource already exists à la création d'une règle PATle port public est déjà pris par une autre règlechoisir un autre port public, ou supprimer la règle existante
Gateway has no private network with address 10.99.99.99la règle PAT vise une adresse hors des réseaux rattachésrattacher le réseau, ou corriger l'adresse privée visée
unknown argument 'gateway-id'l'argument attendu est au pluriel et indexéutiliser gateway-ids.0=<id>
Un load balancer apparaît sous un nom inattendusans name=, le CLI en génère un, du type cli-lb-amazing-chebyshevnommer explicitement chaque ressource créée
Une commande de test crée une ressource facturéecreate n'a pas de mode à blanclire l'aide avec -h, qui n'appelle rien
Une zone refusée par l'aide fonctionne quand mêmeles listes de l'aide sont figées dans le binairese fier à l'API et au catalogue, pas à l'aide

Ces cinq erreurs ont un point commun : elles font confiance à une source qui ne sait pas, l'habitude, un tutoriel ou l'aide d'un binaire ancien, au lieu d'interroger le produit lui-même.

AntipatternConséquenceDiscipline
Donner une adresse publique à chaque machineautant de surfaces d'attaque que de machines, et autant de lignes de factureune porte par ensemble de machines, jamais une par machine
Recopier un prix lu dans un tutorielles grilles changent, la page vieillit sans prévenirrelever au catalogue public, qui est interrogeable sans compte
Conclure d'une zone absente de l'aide qu'elle n'existe pasarchitecture éclatée sur plusieurs régions sans raisonvérifier auprès de l'API avant de renoncer à une zone
Supprimer un load balancer sans libérer son adressel'adresse reste réservée et facturée, sans alerteajouter release-ip=true, puis relister les adresses
Compter un load balancer redondant au prix d'un seul nœudbudget dépassé de 100 % sur cette lignemultiplier par le nombre de nœuds, le prix du catalogue est unitaire

Vérifiez que l'essentiel de ce guide est acquis. Les questions portent uniquement sur ce qui vient d'être expliqué ici.

Contrôle de connaissances

Validez vos connaissances avec ce quiz interactif

6 questions
6 min.
70% requis

Informations

  • Le chronomètre démarre au clic sur Démarrer
  • Questions à choix multiples, vrai/faux et réponses courtes
  • Vous pouvez naviguer entre les questions
  • Les résultats détaillés sont affichés à la fin

Lance le quiz et démarre le chronomètre

  • Le critère de choix est le nombre de machines et le sens de la connexion : une machine jointe prend une adresse, un parc qui sort prend une passerelle, plusieurs machines qui servent prennent un load balancer.
  • Le prix ne sépare pas passerelle et load balancer : 0,026 € contre 0,023 € par heure en entrée de gamme, relevé le 10 septembre 2026 en fr-par-1.
  • Le prix du load balancer est unitaire : une configuration à deux nœuds coûte le double du chiffre affiché au catalogue.
  • L'IPv6 est gratuite et l'IPv4 zonale coûte 0,005 € par heure, contre 0,008 € pour une adresse régionale.
  • Seuls lb-gp-l et lb-gp-xl acceptent des backends hors Scaleway, ce que dit le booléen multicloud de scw lb lb-types list. Méfiez-vous de sa description, qui annonce 100 Mbit/s pour lb-s quand le champ bandwidth et la documentation officielle disent tous deux 200 Mbit/s.
  • Trois questions tranchent entre PAT et load balancer : plus d'une machine derrière le port, besoin de survivre à la panne d'une machine, ou simple accès d'administration ponctuel.
  • Le load balancer ne gère que TCP : pour de l'UDP, la seule porte est une règle PAT sur la passerelle, qui accepte tcp, udp ou both.
  • Une règle PAT transporte mais ne déchiffre pas : le certificat TLS reste sur la machine de destination, alors qu'un load balancer le centralise à l'entrée.
  • create n'a pas de mode à blanc : une commande lancée pour tester un argument crée une ressource facturée, à supprimer avec release-ip=true.
  • La zone d'une passerelle ou d'un load balancer ne se change pas : la reprendre impose une nouvelle adresse publique et une bascule DNS.

Ce site vous est utile ?

Sachez que moins de 1% des lecteurs soutiennent ce site.

Je maintiens +700 guides gratuits, sans pub ni tracking. Un soutien, même symbolique, m'aide à couvrir l'hébergement et à garder ces ressources gratuites. Merci pour votre appui.

Le formulaire ne s'affiche pas ? Ouvrir Ko-fi dans un onglet.

Abonnez-vous et suivez mon actualité DevSecOps sur LinkedIn