Une fois la famille de stockage choisie, deux décisions restent, et ce sont elles qui font les incidents et les factures. Qui peut lire ces données, et combien coûte le fait de les garder. Cette leçon traite les deux, avec une précision utile sur ce que le contrôle d'accès du cloud sait faire et sur ce qu'il laisse au système d'exploitation.
Ce que vous allez apprendre
Section intitulée « Ce que vous allez apprendre »- Chiffrer au repos et en transit, et savoir où s'arrête le contrôle d'accès du fournisseur.
- Situer les ordres de grandeur tarifaires des trois familles, et ce qui les fait varier.
- Décider de la résidence des données au bon moment, c'est-à-dire à la création.
Sécurisation des données
Section intitulée « Sécurisation des données »La sécurisation des données est un aspect important dans le choix et la gestion des différents types de stockage. Chaque type de stockage présente des défis et des stratégies spécifiques en matière de sécurité.
Sécurisation du stockage blocs
Section intitulée « Sécurisation du stockage blocs »Le stockage blocs est souvent utilisé dans des environnements critiques où la sécurité des données est primordiale. Pour protéger ces données, les entreprises implémentent généralement des mécanismes de chiffrement au repos et en transit. Le chiffrement au niveau des blocs garantit que chaque unité de données est protégée, même si un attaquant parvient à accéder au support de stockage physique. En revanche, il faut être précis sur ce que contrôle le cloud et ce qu'il ne contrôle pas. Le système de gestion des identités du fournisseur autorise des opérations sur le volume : le créer, l'attacher à une machine, le détacher, le supprimer, en prendre un instantané. Il ne descend pas au niveau des blocs, et il ne sait pas qui lit quel fichier.
Une fois le volume attaché, ce sont le système de fichiers et les droits du système d'exploitation qui décident qui accède à quoi. Cette frontière a une conséquence pratique : une identité autorisée à attacher un volume à une machine qu'elle contrôle obtient l'accès à toutes les données de ce volume, quelles que soient les permissions internes.
Un autre aspect important est la gestion des permissions et des authentifications robustes. En combinant ces éléments, les entreprises peuvent assurer que les données critiques ne tombent pas entre de mauvaises mains, tout en garantissant une haute disponibilité et une faible latence.
Sécurisation du stockage de fichiers
Section intitulée « Sécurisation du stockage de fichiers »Le stockage de fichiers repose largement sur la gestion des droits d'accès et des permissions utilisateur pour sécuriser les données. Chaque fichier ou répertoire peut être configuré pour permettre ou restreindre l'accès en fonction des besoins des utilisateurs et des politiques de sécurité de l'organisation. Par exemple, les systèmes de fichiers réseau (NAS) et les serveurs de fichiers d'entreprise mettent en place des contrôles d'accès basés sur les rôles (RBAC), où les utilisateurs ne peuvent accéder qu'aux fichiers pour lesquels ils ont reçu des autorisations spécifiques.
Outre les permissions, le chiffrement des fichiers est également une pratique courante pour protéger les données sensibles. De plus, les entreprises peuvent utiliser des solutions de sauvegarde et de récupération pour assurer la disponibilité des données en cas d'attaque ou de panne.
Sécurisation du stockage objets
Section intitulée « Sécurisation du stockage objets »Le stockage objets présente des défis uniques en matière de sécurité, en raison de son architecture distribuée et de la grande quantité de données qu'il gère. Pour sécuriser les données dans un système de stockage objets, le chiffrement côté serveur et le chiffrement côté client sont souvent utilisés. Le chiffrement côté serveur implique que les données sont chiffrées lorsqu'elles sont stockées, tandis que le chiffrement côté client signifie que les données sont chiffrées avant même d'être envoyées au système de stockage.
Un autre aspect critique de la sécurisation du stockage objets est la gestion des métadonnées. Les métadonnées associées à chaque objet peuvent contenir des informations sensibles qui nécessitent également une protection. En outre, les systèmes de stockage objets utilisent des politiques d'authentification forte et de gestion des identités pour assurer que seuls les utilisateurs autorisés puissent accéder aux objets ou modifier leurs métadonnées.
Enfin, les entreprises doivent mettre en place des mécanismes de sauvegarde régulière et de redondance pour prévenir la perte de données due à des pannes ou à des attaques malveillantes. Les politiques de sécurité robustes et les audits réguliers contribuent également à la sécurisation des données dans un environnement de stockage objets.
Comparaison des Coûts
Section intitulée « Comparaison des Coûts »Le coût du stockage des données varie considérablement en fonction du type de stockage choisi, des besoins spécifiques de l'entreprise et de la stratégie de gestion des données adoptée.
Coûts du stockage blocs
Section intitulée « Coûts du stockage blocs »Le stockage blocs est souvent l'option la plus coûteuse en raison de ses performances élevées et de ses exigences en matière de faible latence. Les environnements qui utilisent des disques SSD pour un accès rapide aux données paient un prix premium pour ces performances. En outre, les coûts d'infrastructure, y compris les serveurs dédiés et les solutions de virtualisation, peuvent augmenter les dépenses globales. Cependant, pour les applications critiques nécessitant une réactivité maximale, cet investissement peut être justifié.
Les frais de maintenance et d'administration sont également plus élevés, car les systèmes de stockage blocs nécessitent une gestion minutieuse pour optimiser les performances et assurer la continuité des services.
Coûts du stockage de fichiers
Section intitulée « Coûts du stockage de fichiers »Le stockage de fichiers managé est en général le plus cher des trois au gigaoctet stocké, et c'est ce que montre le tableau d'ordres de grandeur plus bas dans cette page. La raison est structurelle : le fournisseur ne vend pas seulement de la capacité, il opère un service de fichiers partagé, c'est-à-dire la gestion de la concurrence entre clients, la cohérence des verrous, la disponibilité du point de montage et souvent une redondance multi-zone.
Ce surcoût s'échange contre une économie qui n'apparaît pas sur la facture : vous n'exploitez pas de serveur de fichiers. Là où un partage monté sur une machine que vous administrez suppose de gérer les sauvegardes, les mises à jour, la haute disponibilité et la montée en charge, le service managé absorbe ces tâches. Le raisonnement en coût complet peut donc pencher en sa faveur, mais c'est un arbitrage à poser, pas une économie au gigaoctet.
Le coût grimpe encore si vous réservez du débit ou choisissez une redondance renforcée, deux options fréquemment facturées séparément du volume stocké.
Coûts du stockage objets
Section intitulée « Coûts du stockage objets »Le stockage objets est souvent considéré comme la solution la plus rentable pour les entreprises qui doivent gérer des volumes massifs de données non structurées, comme des archives, des sauvegardes, ou des contenus multimédias. Cette option est particulièrement avantageuse dans les environnements cloud où les coûts sont basés sur l'utilisation réelle, offrant une grande flexibilité et des économies d'échelle. Les solutions comme Amazon S3, par exemple, permettent de payer uniquement pour la quantité de stockage utilisée, sans nécessiter d'investissements initiaux importants.
Cependant, les coûts peuvent grimper si des performances plus rapides ou des options de récupération des données plus sophistiquées sont nécessaires, ou si des réglementations strictes imposent des exigences supplémentaires en matière de sécurité et de conformité.
Comparaison des coûts, avec des ordres de grandeur
Section intitulée « Comparaison des coûts, avec des ordres de grandeur »Le rapport de prix entre les trois familles est d'environ un à dix, et il tient en une phrase : plus le stockage est rapide, plus il coûte cher au gigaoctet. Les tarifs bougent, les ordres de grandeur beaucoup moins.
Le tableau ci-dessous donne les fourchettes constatées en Europe chez les grands fournisseurs, pour un gigaoctet stocké pendant un mois. Ce sont des repères de raisonnement, à confirmer sur la grille tarifaire du jour.
| Famille | Ordre de grandeur mensuel au Go | Ce qui fait varier le prix |
|---|---|---|
| Bloc, disque rapide | environ 0,10 € | les IOPS provisionnés, souvent facturés à part |
| Bloc, disque standard | environ 0,05 € | le type de support, la région |
| Fichiers managé | environ 0,20 à 0,30 € | la redondance et le débit réservé |
| Objet, accès courant | environ 0,01 à 0,02 € | la classe de stockage et la région |
| Objet, archive | environ 0,001 à 0,004 € | le délai de restitution accepté |
Trois pièges coûtent plus cher que le prix affiché, et ce sont eux qui créent les mauvaises surprises.
Le disque se paie même éteint. Un volume bloc attaché à une machine arrêtée continue d'être facturé au gigaoctet, tous les mois, jusqu'à sa suppression. C'est le premier poste de gaspillage des environnements de test : la machine est éteinte le vendredi, le disque reste.
L'archive facture la sortie. Les classes les moins chères imposent une durée minimale de conservation et un coût de restitution. Sortir un téraoctet d'une classe archive peut coûter davantage que l'avoir stocké un an. L'archive convient à ce qu'on ne relit pas, pas à ce qu'on relit rarement.
Les requêtes se comptent. Le stockage objet facture les opérations, pas seulement les octets. Une application qui écrit des milliers de petits objets par minute peut payer plus en requêtes qu'en stockage. Regroupez les écritures quand c'est possible.
Le transfert sortant est le poste qui surprend le plus, et il dépasse souvent le coût du stockage lui-même. Il est traité en détail, avec les tarifs par fournisseur et leur date de relevé, dans le coût du transfert sortant.
Où stocker : la décision de résidence
Section intitulée « Où stocker : la décision de résidence »Le choix de la région d'un seau ou d'un volume se prend à sa création et ne se modifie pas ensuite. C'est la particularité du stockage par rapport au calcul : une machine se recrée ailleurs en quelques minutes, un volume de plusieurs téraoctets se déplace en heures ou en jours, avec un coût de transfert et une interruption de service.
Trois décisions se prennent donc au même moment, et méritent d'être écrites avant de cliquer :
- La région, qui détermine où les données reposent physiquement. Elle conditionne aussi la latence de vos applications et le coût du transfert sortant.
- La redondance, c'est-à-dire si les copies restent dans une zone, se répartissent entre zones, ou franchissent une frontière. Une réplication automatique vers une autre région est une commodité qui déplace vos données, ce qui n'est pas neutre.
- La maîtrise des clés, traitée dans chiffrement au repos et en transit : selon le modèle retenu, le fournisseur peut ou non déchiffrer sans vous.
Offres de solutions de stockage en France
Section intitulée « Offres de solutions de stockage en France »En complément des solutions proposées par des acteurs internationaux, plusieurs entreprises françaises, dont Outscale, proposent des services de stockage adaptés aux besoins des entreprises locales et internationales.
Offres pour le stockage par blocs
Section intitulée « Offres pour le stockage par blocs »- Scaleway Block Storage : Scaleway propose des volumes de stockage par blocs optimisés pour les instances cloud, offrant des performances élevées et une haute disponibilité.
- OVHcloud Block Storage : OVHcloud fournit des solutions de stockage par blocs adaptées aux environnements virtualisés, avec une gestion simplifiée et des performances fiables.
- Outscale Block Storage Unit (BSU) : Outscale, filiale de Dassault Systèmes, propose une solution de stockage par blocs flexible et scalable, capable de fournir jusqu'à 36 000 IOPS par machine virtuelle, adaptée aux besoins des entreprises en matière de haute performance et de résilience.
Offres pour le stockage de fichiers
Section intitulée « Offres pour le stockage de fichiers »C'est la famille où l'offre française est la plus récente, et celle où la matrice du haut de page recommandait justement de vérifier avant de conclure qu'un service manque.
- Scaleway File Storage : service de stockage de fichiers managé, monté par les instances du même réseau privé, sans serveur de fichiers à exploiter.
- OVHcloud NAS-HA : service de stockage de fichiers en haute disponibilité, destiné au partage dans des environnements collaboratifs.
- OUTSCALE ne propose pas de service de fichiers managé équivalent : le besoin s'y couvre en exploitant un serveur de fichiers sur une machine, ce qui reporte sur vous la disponibilité et les sauvegardes. C'est un point à vérifier tôt si votre application exige un partage POSIX.
Offres pour le stockage d'objets
Section intitulée « Offres pour le stockage d'objets »- Scaleway Object Storage : Scaleway fournit un service de stockage d'objets scalable et sécurisé, adapté pour la gestion de grandes quantités de données non structurées.
- OVHcloud Object Storage : OVHcloud offre une solution de stockage d'objets avec une grande scalabilité, idéale pour le stockage de fichiers multimédias, d'archives et de sauvegardes.
- Outscale Object Storage (OOS) : Outscale propose un service de stockage d'objets robuste et sécurisé, conçu pour gérer de très grandes quantités de données non structurées. Basé sur la technologie Scality RING, le service OOS est compatible avec les API standard du marché, S3 en particulier, et monte en charge sans que vous ayez à dimensionner quoi que ce soit à l'avance. Comme tout service, il reste soumis aux quotas de compte du fournisseur, qui se relèvent sur demande.
Ces solutions françaises offrent l'avantage de respecter les réglementations locales et européennes en matière de protection des données, tout en offrant des performances et une sécurité adaptées aux exigences des entreprises modernes.