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Virtualisation medium

Disques virtuels : RAW vs QCOW2, thin vs thick

15 min de lecture

Vous créez votre première VM et l'hyperviseur vous demande de choisir un format de disque et un mode de provisioning. Que choisir ? Ce guide vous donne les clés pour comprendre ces concepts et faire le bon choix.

  • Ce qu'est un disque virtuel et comment il fonctionne
  • La différence entre format et provisioning
  • Les caractéristiques des formats RAW, QCOW2, VMDK et VDI
  • Quand utiliser thin ou thick provisioning

Quand vous créez une VM, elle a besoin d'un "disque dur" pour stocker son système d'exploitation et ses données. Mais ce disque n'est pas physique, c'est un fichier sur le stockage de l'hôte qui simule un disque dur.

Format ≠ provisioning : deux choix indépendants

Section intitulée « Format ≠ provisioning : deux choix indépendants »

L'interface de création de VM présente ces deux réglages côte à côte, ce qui laisse croire qu'ils sont liés. Ils répondent en fait à deux questions différentes : le format décide de la structure interne du fichier (métadonnées, tables d'allocation, en-têtes de snapshot), le provisioning décide seulement de la quantité d'espace réservée sur le stockage de l'hôte au moment de la création.

ChoixQuestionOptions
FormatComment structurer le fichier ?RAW, QCOW2, VMDK, VDI
ProvisioningComment allouer l'espace ?Thin ou Thick

Ces deux choix sont indépendants. Vous pouvez avoir du QCOW2 thin, du QCOW2 thick, du VMDK thin, etc.

Chaque hyperviseur a son format natif, celui pour lequel son code de stockage a été écrit et testé. Les quatre formats ci-dessous sont interchangeables au sens où un outil comme qemu-img sait convertir de l'un à l'autre, mais un format non natif fait perdre les fonctionnalités qui s'appuient sur ses métadonnées propres : snapshots internes, backing files, compactage. Lisez chaque fiche en regardant d'abord la ligne « Quand choisir », c'est elle qui décide.

Le format RAW est une copie bit-à-bit de ce que serait un vrai disque dur. Pas de métadonnées, pas de fonctionnalités avancées, juste les données brutes.

À retenir : Performance maximale, mais aucune fonctionnalité avancée.

Avantages :

  • Performance maximale : aucun traitement supplémentaire
  • Simplicité : format universel, compris partout
  • Compatibilité : fonctionne sur tous les hyperviseurs

Inconvénients :

  • Pas de snapshots intégrés au fichier
  • Pas de compression native

Quand choisir RAW : quand la performance I/O est critique (bases de données intensives), ou quand votre infrastructure gère déjà les snapshots à un autre niveau.

QCOW2 (QEMU Copy-On-Write version 2) est le format natif de KVM et Proxmox. C'est le format qui embarque le plus de fonctionnalités dans cet écosystème : là où RAW ne contient que des données, QCOW2 maintient en plus une table d'allocation, des en-têtes de snapshot et une référence optionnelle vers une image parente.

À retenir : Le meilleur compromis fonctionnalités/performance pour KVM et Proxmox.

Avantages :

  • Snapshots intégrés : points de restauration dans le fichier même
  • Thin provisioning natif : le fichier grandit à la demande
  • Compression et chiffrement possibles
  • Backing files : permet de créer des templates efficaces

Inconvénients :

  • Légèrement moins performant que RAW (overhead des métadonnées)
  • Fonctionnalités avancées = plus de paramètres à comprendre

Quand choisir QCOW2 : la plupart des cas d'usage sur KVM/Proxmox, surtout si vous voulez des snapshots ou des templates.

VMDK (Virtual Machine Disk) est le format natif de VMware. Il est apparu avec les premiers produits de virtualisation poste de travail de l'éditeur et n'a jamais cessé d'évoluer depuis, ce qui explique qu'il existe en plusieurs variantes internes (monolithique, découpé en fichiers de 2 Go, préalloué ou non). L'hyperviseur choisit la variante pour vous, vous n'avez normalement pas à la sélectionner.

À retenir : Le standard de l'écosystème VMware.

Avantages :

  • Maturité : format éprouvé depuis plus de 20 ans
  • Écosystème : intégration native avec vSphere
  • Portabilité : export OVA/OVF reconnu par d'autres hyperviseurs

Inconvénients :

  • Optimisé pour VMware, moins flexible ailleurs

Quand choisir VMDK : sur VMware (ESXi, Workstation, Fusion).

VDI (Virtual Disk Image) est le format natif de VirtualBox. Il couvre les besoins d'un poste de travail ou d'un lab personnel : disque dynamique, snapshots, clonage. En revanche, aucun hyperviseur de type 1 ne le lit directement, ce qui impose une conversion préalable si vous voulez remonter une machine de votre poste vers un serveur.

À retenir : Le choix par défaut sur VirtualBox.

Avantages :

  • Bien intégré à VirtualBox
  • Snapshots et thin provisioning natifs

Inconvénients :

  • Spécifique à VirtualBox

Quand choisir VDI : sur VirtualBox (choix par défaut).

Les deux colonnes du milieu sont celles qui décident dans la pratique : si vous répondez « oui » à « j'ai besoin de snapshots gérés par l'hyperviseur », la ligne RAW est éliminée d'office. La colonne performance, elle, se lit avec prudence : l'écart mesuré entre QCOW2 et RAW se compte en quelques pourcents sur un stockage moderne, très loin devant l'écart entre un HDD et un SSD.

FormatHyperviseur natifSnapshots intégrésThin natifPerformance
RAWTousNonNonMaximale
QCOW2KVM, ProxmoxOuiOuiTrès bonne
VMDKVMwareOuiOuiTrès bonne
VDIVirtualBoxOuiOuiTrès bonne

Le provisioning définit comment l'espace disque est alloué. Ce choix est indépendant du format. Concrètement, il détermine ce que fait l'hyperviseur au moment où la VM écrit dans un bloc encore jamais utilisé : en thin, il doit d'abord réclamer l'espace au système de fichiers de l'hôte ; en thick, l'espace lui appartient déjà.

En thin provisioning, l'espace n'est alloué que lorsque la VM y écrit réellement des données.

Exemple :

  1. Vous créez un disque de 100 Go en thin
  2. Le fichier fait initialement quelques Mo
  3. Vous installez un OS qui prend 8 Go, le fichier fait alors environ 8 Go
  4. La VM "voit" toujours un disque de 100 Go

Avantages :

  • Économie d'espace : vous ne consommez que ce qui est utilisé
  • Surallocation possible : héberger plus de VMs que l'espace physique ne le permettrait
  • Création rapide : pas besoin de réserver l'espace

Le risque : si vos VMs remplissent leurs disques et que le stockage physique est plein, vous avez un problème. C'est pourquoi le thin provisioning nécessite une surveillance de l'espace réel consommé.

En thick provisioning, tout l'espace est réservé dès la création. La VM ne peut donc jamais se retrouver en échec d'écriture parce qu'un voisin a consommé le stockage à sa place.

Exemple :

  1. Vous créez un disque de 100 Go en thick
  2. Le système réserve immédiatement 100 Go
  3. Même si la VM n'utilise que 8 Go, l'espace est garanti

Avantages :

  • Performance prévisible : pas d'allocation pendant l'utilisation
  • Espace garanti : pas de mauvaise surprise
  • Pas de risque de saturation inattendue

L'inconvénient : l'espace réservé est indisponible pour les autres VMs, même s'il n'est jamais écrit.

La ligne à regarder en premier est Risque, parce que c'est la seule qui décrit une panne réelle : en thin, la saturation du stockage met en défaut toutes les VMs de l'hôte en même temps, pas seulement celle qui a débordé. Le schéma qui suit reprend le même arbitrage sous forme d'arbre de décision.

CritèreThinThick
Espace consomméCe qui est utiliséTout dès le départ
RisqueSaturation si mal surveilléGaspillage potentiel
PerformanceVariable (allocation à chaud)Constante
Cas d'usageLabs, tests, surallocationProduction critique, BDD

Arbre de décision pour choisir entre thin et thick provisioning

Les trois questions ci-dessous se posent dans l'ordre, et la première suffit dans la grande majorité des cas. Les deux suivantes ne servent qu'à traiter les exceptions : un besoin de performance brute qui justifie de renoncer aux snapshots, et un arbitrage entre place disponible et prévisibilité.

Prenez le format natif de votre hyperviseur, c'est-à-dire celui que son code de stockage utilise sans couche de compatibilité :

  • KVM / Proxmox → QCOW2
  • VMware → VMDK
  • VirtualBox → VDI

C'est le choix le plus sûr : vous bénéficiez de toutes les fonctionnalités sans conversion, et les procédures de sauvegarde et de restauration documentées par l'éditeur s'appliquent telles quelles.

2. Avez-vous besoin de fonctionnalités avancées ?

Section intitulée « 2. Avez-vous besoin de fonctionnalités avancées ? »

Les "fonctionnalités avancées" sont principalement les snapshots intégrés et les templates efficaces. Répondre « non » ici est plus engageant qu'il n'y paraît : sans snapshot au niveau du disque, chaque retour arrière repose entièrement sur votre sauvegarde et sur son délai de restauration.

  • Oui → Restez sur le format natif "riche" (QCOW2, VMDK, VDI)
  • Non, je veux juste la perf max → RAW peut être un bon choix

3. Votre priorité : économie d'espace ou prévisibilité ?

Section intitulée « 3. Votre priorité : économie d'espace ou prévisibilité ? »

Cette dernière question n'a de sens que si vous connaissez le taux de remplissage réel de votre stockage. En dessous de 70 % d'occupation, le thin ne présente pas de risque immédiat ; au-delà, la surallocation devient un pari sur la croissance des VMs existantes.

  • Économie d'espaceThin (avec surveillance du stockage)
  • Prévisibilité / performance constanteThick

Ce tableau condense les trois questions précédentes en trois profils courants. Notez qu'il ne recommande jamais de sortir du format natif, sauf sur le profil I/O critique : le gain de performance de RAW ne compense le coût opérationnel de l'absence de snapshots que dans ce cas précis.

ProfilFormatProvisioning
Lab / tests / apprentissageFormat natifThin
Production standardFormat natifThin (surveillé)
I/O critique / bases de donnéesRAW ou format natifThick

Le choix RAW vs QCOW2 ne transformera pas une VM lente en VM rapide. La performance dépend surtout de :

  • Le type de stockage : un SSD sera toujours plus rapide qu'un HDD, quel que soit le format
  • La charge du stockage : un stockage presque plein devient imprévisible
  • Les snapshots : une pile de snapshots finit par coûter en I/O
  • Le provisioning : thin peut introduire de la variabilité si l'espace doit être alloué "à chaud"

Règle simple : gardez une marge confortable sur votre stockage et évitez d'empiler des snapshots trop longtemps.

Ces quatre erreurs ont un point commun : elles ne provoquent aucun symptôme le jour où vous les commettez. La dégradation arrive des semaines plus tard, ce qui rend le diagnostic difficile parce que plus personne ne fait le lien avec le réglage d'origine. La colonne Comment l'éviter décrit à chaque fois une action à mettre en place avant la mise en production, pas un correctif.

ErreurConséquenceComment l'éviter
Thin sans surveillanceSaturation surprise du stockageMettre en place des alertes
Empiler des snapshotsDégradation progressive des I/OFusionner ou supprimer régulièrement
Convertir avec VM alluméeCorruption de donnéesToujours arrêter la VM avant
Stockage presque pleinPerformance imprévisibleGarder de la marge
  1. Un disque virtuel est un fichier qui simule un disque dur pour la VM.

  2. Format ≠ provisioning : le format structure le fichier, le provisioning définit l'allocation d'espace.

  3. Utilisez le format natif de votre hyperviseur : QCOW2 (KVM/Proxmox), VMDK (VMware), VDI (VirtualBox).

  4. RAW = performance maximale mais pas de snapshots intégrés.

  5. Thin = économie d'espace mais nécessite surveillance. Thick = prévisibilité mais consomme plus.

  6. La vraie performance dépend du stockage (SSD vs HDD), pas uniquement du format.

Avant de passer à la pratique, reformulez ces quatre réponses à voix haute. Si l'une d'elles ne vient pas spontanément, la section correspondante mérite une relecture : ce sont exactement les quatre décisions que l'assistant de création de VM vous demandera de trancher.

  • Quelle est la différence entre format et provisioning ?
  • Quel format choisir sur KVM/Proxmox ? Sur VMware ? Sur VirtualBox ?
  • Quel est le risque principal du thin provisioning ?
  • Dans quel cas choisiriez-vous RAW plutôt que QCOW2 ?

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