Aller au contenu
Administration Linux medium

Installer AlmaLinux 10 sur un serveur : le guide pas à pas

11 min de lecture

AlmaLinux 10 s'installe avec Anaconda, l'installateur de la famille Red Hat, qui fonctionne différemment de Debian et Ubuntu : par sections, dans l'ordre que vous voulez. Ce guide déroule l'installation d'un serveur en images : téléchargement de l'ISO boot, écran de résumé d'Anaconda, choix d'une installation minimale sans interface graphique, partitionnement automatique en LVM/XFS, création d'un compte administrateur, puis vérification que la machine démarre et répond en SSH. Public visé : débutants qui montent un serveur RHEL-compatible et administrateurs venant de Debian ou Ubuntu.

  • Télécharger la bonne image d'AlmaLinux 10 (boot).
  • Naviguer dans l'installateur Anaconda, organisé par sections.
  • Choisir une installation minimale adaptée à un serveur.
  • Créer un utilisateur administrateur (groupe wheel).
  • Vérifier l'installation : démarrage, sudo, SELinux, accès SSH.
  • Une machine cible : serveur physique ou machine virtuelle. Pour s'entraîner, la VM est idéale ; voir installer Linux dans une VM.
  • 25 Go de disque et 4 Go de RAM : Anaconda charge un environnement graphique en mémoire et demande un peu plus de RAM que les autres installateurs.
  • Une connexion Internet : l'image boot télécharge les paquets pendant l'installation.
  • Un processeur récent : AlmaLinux 10, comme RHEL 10, exige un CPU x86-64-v3 (Intel Haswell / AMD Excavator ou plus récent). En VM, exposez le type de CPU hôte.

Rendez-vous sur almalinux.org/get-almalinux et récupérez l'image boot (boot.iso) pour x86_64, d'environ 1 Go. C'est une image de démarrage réseau : elle contient l'installateur et télécharge les paquets depuis les miroirs AlmaLinux pendant l'installation, ce qui garantit des paquets à jour.

AlmaLinux-10-latest-x86_64-boot.iso

Vérifiez l'intégrité du téléchargement avec la somme de contrôle publiée dans le fichier CHECKSUM du répertoire officiel :

Fenêtre de terminal
sha256sum AlmaLinux-10-latest-x86_64-boot.iso

Attachez l'ISO à la VM, démarrez dessus, et le menu GRUB apparaît. Choisissez « Install AlmaLinux 10 » (la première entrée) et validez avec Entrée. Après une minute de chargement, l'installateur graphique Anaconda s'ouvre sur l'écran de bienvenue, où vous choisissez la langue.

Écran de bienvenue et choix de la langue dans l'installateur Anaconda d'AlmaLinux 10

C'est ici qu'Anaconda diffère radicalement de Debian et Ubuntu. Au lieu d'une suite d'écrans, il présente un résumé avec des sections que vous configurez dans l'ordre que vous voulez. Les sections marquées d'une icône d'avertissement orange doivent être réglées avant de pouvoir lancer l'installation.

Résumé de l'installation d'Anaconda avec ses sections

Bonne nouvelle : Anaconda a déjà détecté le réseau (DHCP) et configuré la source d'installation sur le miroir le plus proche. Il reste trois choses à traiter pour un serveur : la sélection des logiciels, la destination de l'installation et la création de l'utilisateur.

Ouvrez Sélection de logiciels. Par défaut, Anaconda propose « Serveur avec GUI », c'est-à-dire avec une interface graphique. Sur un serveur, on n'en veut pas : choisissez « Installation minimale » (le plus léger, avec le strict nécessaire) ou « Serveurs » (sans interface, avec des outils d'administration en plus). Puis cliquez sur Terminé en haut à gauche.

Sélection des logiciels dans Anaconda, environnements de base

Deux sections restent à valider ; elles sont simples.

  1. Destination de l'installation : ouvrez-la, vérifiez que le disque cible est coché, laissez « Automatique » sous la configuration du stockage, et cliquez Terminé. Anaconda crée alors une disposition serveur classique : un /boot séparé, puis un groupe LVM contenant la racine / en XFS (le système de fichiers par défaut de Red Hat) et le swap.

  2. Création de l'utilisateur : ouvrez-la et renseignez le nom complet, un identifiant et un mot de passe solide. Cochez impérativement « Faire de cet utilisateur un administrateur » : c'est ce qui l'ajoute au groupe wheel et lui donne les droits sudo. Le compte root peut alors rester désactivé, comme sur Ubuntu.

Une fois les trois icônes d'avertissement disparues, cliquez sur « Commencer l'installation ».

L'installation télécharge les paquets depuis le miroir, puis les installe. La barre de progression indique l'avancement (« Téléchargement de N RPM »).

Progression de l'installation d'AlmaLinux 10, téléchargement des paquets

Quand le message « AlmaLinux a été installé avec succès » s'affiche, cliquez sur « Redémarrer le système ». Pensez à retirer le support d'installation si votre machine risque de redémarrer dessus.

Fin de l'installation d'AlmaLinux 10

La machine redémarre sur une console texte et affiche l'invite de connexion. Connectez-vous avec l'identifiant et le mot de passe créés.

Premier démarrage d'AlmaLinux 10, version du noyau et adresse IP

Le bandeau de connexion confirme AlmaLinux 10.2 et le noyau 6.12 de la série RHEL. La commande ip a donne l'adresse IP du serveur, à utiliser pour SSH.

Deux commandes valident les droits et le service SSH :

Fenêtre de terminal
# Les groupes : "wheel" doit apparaître (équivalent de sudo)
id
# Le démon SSH doit être présent
pgrep -l sshd

Vérification des droits sudo et du service SSH sur AlmaLinux 10

La sortie de id contient le groupe wheel : votre compte peut administrer la machine avec sudo. Elle affiche aussi le contexte SELinux (unconfined_u:...), signe que SELinux est actif en mode enforcing, un pilier de sécurité de la famille Red Hat. Enfin, pgrep -l sshd renvoie le PID du démon SSH.

Depuis un autre poste :

Fenêtre de terminal
ssh votre_utilisateur@adresse_ip_du_serveur
  • Ne désactivez pas SELinux. C'est tentant au premier blocage, mais SELinux est une protection majeure. Apprenez plutôt à lire ses alertes (ausearch, sealert).
  • firewalld est actif : pour ouvrir un service, utilisez sudo firewall-cmd --add-service=http --permanent puis sudo firewall-cmd --reload. SSH est déjà autorisé.
  • Passez à l'authentification par clé SSH et désactivez le mot de passe. Voir créer et gérer des clés SSH.
  • Mettez à jour dès la première connexion : sudo dnf upgrade.
  • Fixez le nom d'hôte s'il est resté localhost : sudo hostnamectl set-hostname serveur.
SymptômeCause probableSolution
Kernel panic « exec-shield » ou refus de bootCPU trop ancien (pas de x86-64-v3)Exposer le CPU hôte en VM, ou utiliser une machine plus récente
L'installateur reste sur des ⚠ orangeSections obligatoires non régléesRégler Destination et Création de l'utilisateur
Le serveur s'appelle localhostSection Réseau non ouvertesudo hostnamectl set-hostname <nom>
Pas d'accès SSH alors que sshd tourneRare : zone firewalld personnaliséesudo firewall-cmd --add-service=ssh --permanent && sudo firewall-cmd --reload
sudo refuséCase « administrateur » non cochée à l'installsudo usermod -aG wheel <user> depuis root
Un service est bloqué sans raisonSELinux en causeLire l'alerte avec sudo sealert -a /var/log/audit/audit.log
  1. Prenez l'image boot (netinstall) pour un serveur connecté et à jour.
  2. Anaconda fonctionne par sections : réglez les icônes d'avertissement, puis lancez.
  3. Choisissez « Installation minimale », jamais « Serveur avec GUI » sur un serveur.
  4. Le serveur SSH est actif par défaut, et firewalld l'autorise déjà.
  5. Cochez « administrateur » à la création du compte : c'est le groupe wheel qui donne sudo.
  6. AlmaLinux utilise XFS, SELinux enforcing et firewalld : trois marques de la famille Red Hat.

Ce site vous est utile ?

Sachez que moins de 1% des lecteurs soutiennent ce site.

Je maintiens +700 guides gratuits, sans pub ni tracking. Un soutien, même symbolique, m'aide à couvrir l'hébergement et à garder ces ressources gratuites. Merci pour votre appui.

Le formulaire ne s'affiche pas ? Ouvrir Ko-fi dans un onglet.

Abonnez-vous et suivez mon actualité DevSecOps sur LinkedIn