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Administration Linux medium

Gérer les partitions sous Linux

8 min de lecture

Partitionner, c'est découper un disque en sections logiques avant d'y créer un système de fichiers. C'est l'étape qui suit l'identification du disque et précède le formatage. Ce guide montre comment choisir entre MBR et GPT, créer une table puis des partitions avec parted, et vérifier le résultat. Toutes les commandes ont été exécutées sur un disque de test AlmaLinux ; les sorties sont réelles.

  • Choisir entre MBR et GPT selon le matériel
  • Créer une table de partitions puis des partitions avec parted
  • Vérifier le découpage avec parted print et lsblk
  • Savoir où fdisk et gdisk restent pertinents
  • Un accès sudo et un disque non monté à préparer (jamais le disque système)
  • Avoir identifié le bon disque avec lsblk

Découper un disque sert à isoler les usages. Séparer /home, /var ou /data du système racine apporte trois bénéfices concrets :

  • Isolation : des logs qui saturent /var n'empêchent pas le système racine de fonctionner si /var est sur sa propre partition.
  • Sécurité : une partition dédiée peut recevoir des options de montage restrictives dans /etc/fstab (noexec, nosuid, nodev), utiles sur /tmp ou /home.
  • Sauvegarde ciblée : sauvegarder ou restaurer /home sans toucher au reste.

En pratique, sur un serveur moderne, la flexibilité est souvent déléguée à LVM au-dessus d'une ou deux partitions, plutôt qu'à un découpage figé en nombreuses partitions.

Avant toute partition, le disque a besoin d'une table de partitions, la structure qui décrit comment le disque est découpé. Deux formats coexistent, et le choix est structurant car il se fait avant tout le reste.

CaractéristiqueMBR (msdos)GPT
Partitions primaires4 maximum128 (usage courant)
Taille de disque gérée2 Tiotrès au-delà
FirmwareBIOS héritéUEFI (et BIOS)
Redondance de la tablenonoui (copie de secours)

En 2026, GPT est le choix par défaut : il est requis au-delà de 2 Tio, indispensable en UEFI (le firmware moderne qui remplace le BIOS), et plus robuste grâce à sa table de secours. Ne réservez MBR qu'aux systèmes anciens sans UEFI. Sur GPT en UEFI, une petite partition EFI System Partition (ESP, formatée en FAT32, montée sur /boot/efi, environ 512 Mio) porte les fichiers d'amorçage.

parted gère MBR comme GPT et s'utilise en ligne de commande (mode -s pour scripter sans confirmation interactive). Commencez par la table :

Fenêtre de terminal
sudo parted -s /dev/sda mklabel gpt

Créez ensuite les partitions en indiquant un nom, un type de système de fichiers (simple indication pour parted, le formatage réel vient après) et les bornes. Ici, trois partitions : 3 Gio, 2 Gio, puis tout le reste pour LVM :

Fenêtre de terminal
sudo parted -s /dev/sda mkpart data1 ext4 1MiB 3GiB
sudo parted -s /dev/sda mkpart data2 xfs 3GiB 5GiB
sudo parted -s /dev/sda mkpart lvm 5GiB 100%

La première partition démarre à 1 MiB et non à 0 : cet alignement sur 1 Mio est la convention qui garantit de bonnes performances sur SSD et baies modernes. parted l'applique automatiquement.

parted print affiche la table créée. C'est la vérification immédiate après chaque modification :

Fenêtre de terminal
sudo parted /dev/sda print
Model: QEMU QEMU HARDDISK (scsi)
Disk /dev/sda: 10.7GB
Partition Table: gpt
Number Start End Size File system Name Flags
1 1049kB 3221MB 3220MB data1
2 3221MB 5369MB 2147MB data2
3 5369MB 10.7GB 5368MB lvm

La colonne File system est vide : les partitions existent mais ne sont pas encore formatées. lsblk confirme l'arborescence avec les tailles arrondies :

Fenêtre de terminal
lsblk /dev/sda
NAME MAJ:MIN RM SIZE RO TYPE MOUNTPOINTS
sda 8:0 0 10G 0 disk
├─sda1 8:1 0 3G 0 part
├─sda2 8:2 0 2G 0 part
└─sda3 8:3 0 5G 0 part

parted couvre la plupart des besoins, mais deux outils interactifs gardent leur place :

  • fdisk : l'éditeur historique, devenu pleinement compatible GPT. En interactif, n crée une partition, d en supprime, p affiche, w écrit les changements. Pratique pour une exploration pas à pas. sudo fdisk -l liste toutes les tables du système.
  • gdisk : équivalent de fdisk spécialisé GPT, avec une gestion fine des types de partition (codes GUID). Utile pour des manipulations GPT pointues.

Pour supprimer une partition avec parted, indiquez son numéro :

Fenêtre de terminal
sudo parted /dev/sda rm 3

Une partition créée est un conteneur vide. Pour y stocker des données, il faut la formater avec un système de fichiers (mkfs.ext4, mkfs.xfs...). Le choix du système de fichiers et les commandes de formatage sont détaillés dans les guides dédiés, pour ne pas les dupliquer ici.

Manipuler parted sur un disque qui ne craint rien change tout : on ose, on se trompe, on recommence. Le lab vous fait poser une table GPT sur le disque de réserve, tailler deux partitions (512 Mio et 1 Gio) avec parted, puis forcer le noyau à relire la table pour valider le découpage.

Vérifiez que l'essentiel de ce guide est acquis. Les questions portent uniquement sur ce qui vient d'être expliqué ici.

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6 questions
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  • Vous pouvez naviguer entre les questions
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  • Un disque a besoin d'une table de partitions avant toute partition : GPT par défaut, MBR seulement pour le matériel ancien.
  • parted crée la table (mklabel) et les partitions (mkpart) en MBR comme en GPT ; l'alignement à 1 MiB est automatique.
  • parted print et lsblk vérifient le résultat ; une colonne File system vide signale une partition non formatée.
  • mklabel efface la table : confirmez toujours le bon disque avant.
  • Pour la flexibilité en production, préférez une partition LVM à un découpage figé.
  • Une partition n'est utilisable qu'une fois formatée puis montée.

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