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Administration Linux medium

Installer Ubuntu Server 26.04 : le guide pas à pas

14 min de lecture

Installer Ubuntu Server 26.04 LTS prend environ dix minutes, et son installateur Subiquity va droit au but. Ce guide déroule chaque écran en images, sur une installation réelle : téléchargement de l'ISO live-server, navigation au clavier dans Subiquity, partitionnement LVM proposé par défaut, création du compte administrateur, installation du serveur OpenSSH en une case à cocher, puis vérification que la machine démarre et répond en SSH. Public visé : débutants qui montent leur premier serveur et administrateurs habitués à Debian qui découvrent l'installateur d'Ubuntu.

  • Télécharger la bonne image d'Ubuntu Server 26.04 (live-server).
  • Démarrer sur Subiquity et le piloter écran par écran.
  • Comprendre le partitionnement LVM qu'Ubuntu propose par défaut.
  • Créer un compte utilisateur avec les droits sudo.
  • Installer un serveur SSH depuis l'installateur, en une case.
  • Vérifier l'installation : démarrage, compte, accès distant.
  • Une machine cible : serveur physique ou machine virtuelle (VirtualBox, VMware, Proxmox, KVM). Pour s'entraîner, la VM est idéale ; voir installer Linux dans une VM.
  • 25 Go de disque et 3 Go de RAM confortables pour Subiquity, qui charge un environnement en mémoire.
  • Une connexion Internet : l'installateur télécharge les mises à jour de sécurité pendant l'installation.

Rendez-vous sur ubuntu.com/download/server ou releases.ubuntu.com/26.04 et récupérez l'image live-server pour amd64. C'est une image d'environ 2,8 Go qui embarque l'installateur Subiquity.

ubuntu-26.04-live-server-amd64.iso

Vérifiez toujours l'intégrité du téléchargement avec la somme de contrôle publiée dans le fichier SHA256SUMS du même répertoire :

Fenêtre de terminal
sha256sum ubuntu-26.04-live-server-amd64.iso

La valeur affichée doit correspondre exactement à celle du fichier officiel. Une différence signale un fichier corrompu ou altéré.

Attachez l'ISO à la VM (ou écrivez-la sur une clé USB), démarrez dessus, et après quelques secondes de chargement, Subiquity affiche son premier écran. Subiquity est un installateur en mode texte entièrement piloté au clavier : flèches pour se déplacer, Espace pour cocher, Entrée pour valider, Tab pour atteindre les boutons.

Le premier écran choisit la langue de l'installateur.

Choix de la langue dans l'installateur Ubuntu Server 26.04

Vient ensuite la disposition du clavier, en général bien détectée. Vérifiez qu'elle correspond à votre matériel : un clavier français est en AZERTY.

Configuration du clavier dans l'installateur Ubuntu

Ubuntu propose deux bases. Ubuntu Server est le choix par défaut : un ensemble de paquets confortable pour administrer un serveur. Ubuntu Server (minimized) vise les environnements automatisés où personne ne se connecte à la main. Pour un serveur classique, gardez Ubuntu Server et laissez les pilotes tiers décochés.

Choix du type d'installation Ubuntu Server

Subiquity configure le réseau automatiquement en DHCP. L'écran affiche l'interface détectée et l'adresse IP obtenue : notez-la, elle servira pour la connexion SSH.

Configuration réseau automatique dans l'installateur Ubuntu

L'écran proxy suivant se laisse vide dans la quasi-totalité des cas. L'écran miroir propose déjà le dépôt le plus proche : conservez-le.

Ubuntu propose un partitionnement guidé et, contrairement à Debian, coche le LVM par défaut. Gardez « Utiliser un disque entier » avec l'option LVM activée. Le chiffrement LUKS reste optionnel (utile sur un poste ou un serveur exposé au vol physique).

Configuration du stockage guidée avec LVM dans Ubuntu

Le récapitulatif montre la structure créée : un /boot séparé, et un volume logique pour la racine / dans le groupe LVM. Détail à connaître : Ubuntu n'alloue pas tout l'espace à la racine, il en laisse de libre dans le groupe de volumes pour vous permettre d'étendre plus tard.

Récapitulatif du partitionnement LVM dans Ubuntu

Valider déclenche une confirmation destructive : c'est le point de non-retour. La réponse par défaut est « Non » ; basculez sur « Continuer » pour lancer l'installation, qui démarre alors en tâche de fond pendant que vous répondez aux écrans suivants.

Confirmation de l'opération destructive dans Ubuntu

Ubuntu ne demande pas de mot de passe root : il crée directement un utilisateur qui reçoit les droits sudo. Renseignez votre nom, le nom du serveur (le hostname), un identifiant de connexion et un mot de passe solide.

Configuration du profil utilisateur dans Ubuntu

L'écran suivant propose de passer à Ubuntu Pro, l'abonnement de Canonical qui étend les correctifs de sécurité à davantage de paquets et sur une durée plus longue. Il est gratuit pour un usage personnel (jusqu'à cinq machines), mais vous pouvez très bien choisir « Skip for now » et l'activer plus tard avec pro attach.

Écran Ubuntu Pro dans l'installateur

Voici l'écran décisif pour un serveur, et Ubuntu le rend limpide : une simple case « Installer le serveur OpenSSH ». Cochez-la avec la barre d'espace. C'est bien plus clair que la sélection de tâches de Debian, où l'on peut oublier SSH sans s'en rendre compte.

Écran de configuration SSH avec la case OpenSSH cochée

La case « Autoriser l'authentification par mot de passe » est active par défaut. Elle est pratique pour démarrer, mais sur un serveur exposé, importez plutôt une clé SSH (champ « Import SSH key ») et désactivez le mot de passe une fois connecté.

L'écran suivant propose des snaps applicatifs populaires (Docker, Nextcloud, microk8s). Pour un serveur minimal, n'en cochez aucun : vous les installerez au besoin.

Sélection de snaps serveurs optionnels dans Ubuntu

L'installation se termine en arrière-plan. Le journal défile et vous voyez passer les étapes clés, dont installing openssh-server et le téléchargement des mises à jour de sécurité.

Journal d'installation d'Ubuntu Server

Quand l'en-tête affiche « Installation complete! », retirez le support d'installation (éjectez l'ISO) et choisissez « Redémarrer maintenant ».

Écran d'installation terminée d'Ubuntu Server

La machine redémarre sur une console en mode texte. Au premier démarrage, cloud-init génère les clés d'hôte SSH, puis affiche l'invite de connexion. Connectez-vous avec l'identifiant et le mot de passe créés.

Trois commandes confirment que tout est en ordre :

Fenêtre de terminal
# La version : on doit voir Ubuntu 26.04 et le noyau 7.0
uname -a
# Les groupes de l'utilisateur : "sudo" doit apparaître
id
# Le démon SSH doit être présent
pgrep -l sshd

Première connexion et commandes de vérification sur Ubuntu Server 26.04

La sortie de uname -a confirme Ubuntu 26.04 avec le noyau 7.0. Celle de id contient le groupe sudo : le compte peut administrer la machine. Enfin, pgrep -l sshd renvoie le PID du démon SSH, qui écoute en continu (Ubuntu active le service ssh de façon persistante).

Depuis un autre poste, connectez-vous avec l'IP relevée à l'écran réseau :

Fenêtre de terminal
ssh votre_utilisateur@adresse_ip_du_serveur
  • Passez à l'authentification par clé SSH et désactivez le mot de passe : c'est la mesure qui bloque l'essentiel des attaques automatisées. Voir créer et gérer des clés SSH.
  • Mettez à jour dès la première connexion : sudo apt update && sudo apt upgrade.
  • Activez le pare-feu simplement avec ufw : sudo ufw allow OpenSSH puis sudo ufw enable.
  • N'installez que le nécessaire : chaque snap ou paquet en plus est une surface d'attaque en plus.
SymptômeCause probableSolution
Kernel panic au 1er redémarrageRedémarrage par kexec de l'installateurFaire un power-cycle complet de la VM
La machine redémarre sur l'installateurSupport d'installation non retiréÉjecter l'ISO, ou corriger l'ordre de démarrage
Pas d'accès SSHCase « serveur OpenSSH » non cochéesudo apt install openssh-server
sudo refuséCompte hors du groupe sudo (rare)sudo usermod -aG sudo <user> depuis un compte admin
Pas d'adresse IPRéseau non configuré en DHCPVérifier la config Netplan /etc/netplan/
Installateur figé sur le miroirTest du miroir réseau lentAttendre, ou corriger le proxy/DNS
  1. Prenez l'ISO live-server (interactive), pas la cloud image (automatisée).
  2. Subiquity se pilote au clavier : flèches, Espace pour cocher, Tab pour les boutons.
  3. Ubuntu coche le LVM par défaut et laisse de l'espace libre dans le groupe de volumes : un bon réflexe pour étendre plus tard.
  4. Le serveur SSH s'installe en une case à cocher : ne l'oubliez pas.
  5. Ubuntu crée un utilisateur avec sudo d'emblée, sans mot de passe root.
  6. En cas de kernel panic au premier redémarrage, faites un power-cycle : c'est le kexec de l'installateur, pas l'installation.

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