Le terminal est votre porte d'entrée vers Linux. Toute l'administration d'un système passe par là : installer un paquet, lire un log, démarrer un service. Ce guide vous montre comment ouvrir un terminal, lire ce qu'il affiche et taper vos premières commandes, en moins de dix minutes.
Ce que vous allez apprendre
Section intitulée « Ce que vous allez apprendre »- Ouvrir un terminal sur un bureau graphique ou via SSH
- Lire le prompt et identifier utilisateur, machine et répertoire courant
- Distinguer terminal, shell et session
- Lancer des commandes de découverte :
whoami,pwd,hostname,date - Reconnaître les premiers messages d'erreur
Terminal, shell, session : trois mots à distinguer
Section intitulée « Terminal, shell, session : trois mots à distinguer »Avant de taper quoi que ce soit, clarifions le vocabulaire.
| Mot | Ce que c'est |
|---|---|
| Terminal | L'application graphique (ou la fenêtre SSH) qui affiche du texte |
| Shell | Le programme qui interprète vos commandes (Bash, Zsh, Fish…) |
| Session | La connexion active d'un utilisateur donné, du login au logout |
Quand vous ouvrez un terminal, celui-ci lance un shell. Le shell attend vos
commandes, les exécute, et vous montre le résultat. Quand vous fermez le
terminal (ou tapez exit), la session se termine.
Ouvrir un terminal
Section intitulée « Ouvrir un terminal »Raccourci clavier : Ctrl + Alt + T. Vous pouvez aussi chercher « Terminal » dans les applications.
Raccourci clavier : Ctrl + Alt + T ou ouvrir Konsole depuis le menu.
Depuis un autre poste, connectez-vous à la machine distante :
ssh utilisateur@adresse-ipVous arrivez directement dans un shell (Bash par défaut sur la plupart des distributions).
Une fois le terminal ouvert, vous voyez une ligne de texte qui attend votre saisie : c'est le prompt.
Comprendre le prompt
Section intitulée « Comprendre le prompt »Le prompt par défaut de Bash ressemble à ceci :
bob@serveur:~$Chaque partie a un rôle précis :
| Élément | Signification |
|---|---|
bob | Nom de l'utilisateur connecté |
@ | Séparateur |
serveur | Nom de la machine (hostname) |
: | Séparateur |
~ | Répertoire courant (~ = répertoire personnel, /home/bob) |
$ | Utilisateur normal (# si vous êtes root) |
Ce dernier signe mérite un coup d'oeil avant chaque commande. Si le prompt se
termine par #, vous êtes connecté en root, l'administrateur. Restez en
utilisateur normal sauf besoin explicite : une erreur en root ne demande
aucune confirmation et peut casser le système.
Vérifier quel shell est actif
Section intitulée « Vérifier quel shell est actif »La variable $SHELL indique le shell de login configuré pour votre compte,
mais pas forcément celui en cours d'exécution. Pour vérifier le shell
réellement actif :
echo "$0"Ou de façon plus détaillée :
ps -p $$ -o comm=Si le résultat est bash, zsh ou fish, c'est le shell dans lequel vous
travaillez en ce moment.
Taper ses premières commandes
Section intitulée « Taper ses premières commandes »Une commande est un mot tapé au clavier, validé par Entrée. Le shell l'exécute et affiche le résultat.
-
Qui suis-je ?
Fenêtre de terminal whoamiAffiche le nom de l'utilisateur connecté (ex :
bob). -
Où suis-je ?
Fenêtre de terminal pwdAffiche le chemin complet du répertoire courant (ex :
/home/bob). -
Sur quelle machine ?
Fenêtre de terminal hostnameAffiche le nom de la machine.
-
Quelle date et quelle heure ?
Fenêtre de terminal dateAffiche la date et l'heure du système.
-
Quelle distribution ?
Fenêtre de terminal cat /etc/os-releaseAffiche le nom et la version de la distribution installée.
-
Quel noyau ?
Fenêtre de terminal uname -rAffiche la version du noyau Linux.
Un détail piège dès la première commande : Linux distingue les majuscules
des minuscules, partout. whoami fonctionne, Whoami non, et le
message obtenu ne parle pas de casse, il dit seulement que la commande est
introuvable.
Comprendre les premières erreurs
Section intitulée « Comprendre les premières erreurs »Quand vous vous trompez, Bash affiche un message. Voici les erreurs les plus courantes au tout début :
| Ce que vous tapez | Message | Ce qui s'est passé |
|---|---|---|
Whoami | command not found | La casse est mauvaise |
ls /dossier-inexistant | No such file or directory | Le chemin n'existe pas |
cat /root/secret | Permission denied | Vous n'avez pas les droits |
cd /etc/passwd | Not a directory | C'est un fichier, pas un dossier |
Le réflexe à prendre tout de suite est de lire le message avant de retaper. Il nomme presque toujours la cause exacte parmi les 3 familles ci-dessus : nom incorrect, chemin absent, ou droits insuffisants. Retaper au hasard fait perdre bien plus de temps que de lire une ligne.
Copier-coller dans le terminal
Section intitulée « Copier-coller dans le terminal »Le terminal n'utilise pas les mêmes raccourcis que le reste du bureau.
| Action | Raccourci |
|---|---|
| Copier | Ctrl + Shift + C |
| Coller | Ctrl + Shift + V |
Une précaution s'impose au collage : un texte qui contient un retour à la ligne est exécuté immédiatement, sans attendre la touche Entrée. Relisez donc toujours ce que vous collez, surtout s'il vient d'une page web : une commande de plus peut se cacher en fin de bloc.
Quitter le terminal
Section intitulée « Quitter le terminal »Deux façons de fermer proprement votre session :
exitOu appuyez sur Ctrl + D sur une ligne vide, ce qui signale une fin de fichier sur l'entrée du shell.
Ctrl+D n'envoie aucun signal, contrairement à Ctrl+C
Section intitulée « Ctrl+D n'envoie aucun signal, contrairement à Ctrl+C »La formule « Ctrl+D envoie un signal » circule beaucoup, et elle brouille une
distinction utile. Le terminal classe ces raccourcis en 2 familles, que
stty -a affiche côte à côte :
intr = ^C; quit = ^\; erase = ^?; kill = ^U; eof = ^D;eof = ^D figure parmi les caractères de contrôle, au même titre
qu'erase ou kill : il ferme la saisie, rien de plus. Le seul générateur
de signal de la liste est intr = ^C, ce que confirme le code de retour
130 (128 + SIGINT) obtenu après une interruption.
En pratique : Ctrl+D dit « je n'ai plus rien à taper », ce qui fait sortir
un shell ou terminer l'entrée d'une commande comme cat. Ctrl+C
interrompt le programme en cours. Ce sont deux gestes différents, et le
second peut laisser des choses à moitié faites.
Un dernier cas à connaître : si la variable IGNOREEOF est définie, Ctrl + D
ne ferme pas le shell du tout. C'est précisément pour cela que exit reste
la méthode fiable, quelle que soit la configuration de la machine.
Mettre en pratique
Section intitulée « Mettre en pratique »Lire le prompt dans un guide et le lire sur sa propre session, ce n'est pas le même exercice. Le lab vous ouvre un shell jetable : vous y identifiez votre utilisateur, votre répertoire courant et la machine avec whoami, pwd et hostname, et chaque sortie est comparée au résultat attendu.
Contrôle de connaissances
Section intitulée « Contrôle de connaissances »Vérifiez que l'essentiel de ce guide est acquis. Les questions portent uniquement sur ce qui vient d'être expliqué ici.
Contrôle de connaissances
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À retenir
Section intitulée « À retenir »- Le terminal est l'interface, le shell est le programme qui interprète vos commandes.
- Le prompt indique qui vous êtes, sur quelle machine et dans quel répertoire.
$= utilisateur normal,#= root.whoami,pwd,hostname,date: quatre commandes pour savoir où vous en êtes.- Lisez les messages d'erreur : ils expliquent presque toujours le problème.
exitferme proprement la session.
Pour aller plus loin
Section intitulée « Pour aller plus loin »- Introduction aux shells : Les différents shells, leur rôle et les fonctionnalités communes.
- Prise en main de Bash : Historique, raccourcis clavier, autocomplétion et codes de retour.