La supply chain security représente 20% du CKS et couvre la réduction de l'empreinte des images, la compréhension de la chaîne d'approvisionnement, la sécurisation des artefacts et l'analyse statique des workloads et images. Ce guide se concentre sur cinq pratiques concrètes : images minimales, scan de vulnérabilités, SBOM, signature d'images et contrôle d'admission.
Ces cinq pratiques couvrent le socle, mais elles n'ont de valeur qu'insérées dans une chaîne plus large : l'intégration continue, le stockage d'artefacts et les contrôles d'admission.
La sécurité de la chaîne d'approvisionnement est le domaine le plus large de la CKS, avec 20 % de l'épreuve. Un point de méthode compte pour bien réviser : le programme officiel décrit des compétences, réduire l'empreinte des images, sécuriser les artefacts, analyser statiquement, contrôler l'admission, et n'impose aucun outil. Ce guide suit donc cette structure par objectif, et les outils qui y apparaissent sont des moyens interchangeables.
Prérequis
Section intitulée « Prérequis »- Cluster Kubernetes fonctionnel avec accès cluster-admin
- Bases Docker/conteneurs (build d'images)
- kubectl configuré
- Notions de sécurité (CVE, vulnérabilités)
Qu'est-ce que la supply chain d'une image ?
Section intitulée « Qu'est-ce que la supply chain d'une image ? »La chaîne d'approvisionnement d'une image conteneur couvre tout le cycle de vie avant déploiement :
Une attaque sur la chaîne d'approvisionnement compromet n'importe quel maillon : une dépendance malveillante, une construction piratée, une image modifiée en transit, ou un registre non authentifié.
Règle d'or : ne jamais faire confiance à une image simplement parce qu'elle « fonctionne ». Une image qui fonctionne peut quand même contenir des CVE critiques ou avoir été altérée.
1. Minimiser l'empreinte des images de base
Section intitulée « 1. Minimiser l'empreinte des images de base »C'est la première étape parce que c'est la seule qui retire du risque au lieu d'en ajouter la détection. Toutes les mesures qui suivent, signature, analyse, SBOM, s'appliquent à ce que contient l'image ; réduire ce contenu réduit d'autant ce qu'elles ont à couvrir.
Le gain se mesure immédiatement : un paquet absent de l'image ne génère aucune alerte de vulnérabilité, ne demande aucune mise à jour, et ne sert d'aucun levier à qui parvient à exécuter du code dans le conteneur.
Pourquoi les images légères réduisent la surface d'attaque
Section intitulée « Pourquoi les images légères réduisent la surface d'attaque »Une image contenant apt, bash, curl et des outils système offre à un attaquant de nombreux leviers s'il parvient à s'exécuter dans le conteneur. Une image distroless ne contient que le runtime et votre binaire.
| Type d'image | Taille | Surface d'attaque | Cas d'usage |
|---|---|---|---|
ubuntu:22.04 | ~70 Mo | Élevée (shell, apt, utils) | Développement |
alpine:3.19 | ~7 Mo | Modérée (shell BusyBox) | Usage général |
gcr.io/distroless/static | ~2 Mo | Minimale (pas de shell) | Go, binaires statiques |
gcr.io/distroless/base | ~20 Mo | Très faible (glibc seulement) | C, C++, Java |
scratch | 0 Mo | Minimale côté base image (la sécurité dépend toujours du binaire embarqué) | Binaires entièrement statiques |
Build multi-stage : compiler sans embarquer les outils
Section intitulée « Build multi-stage : compiler sans embarquer les outils »Le build multi-stage permet de compiler dans une image "build" complète et de ne copier que le binaire final dans une image minimale :
# Étape 1 : compilation (image complète)FROM golang:1.23 AS builderWORKDIR /appCOPY . .RUN CGO_ENABLED=0 go build -o myapp .
# Étape 2 : image finale minimale (distroless)FROM gcr.io/distroless/static-debian12:nonroot@sha256:afa5c872c891853ca7fcf1f12c3edb23f7eeef36189728842dd51042ff57f7abCOPY --from=builder /app/myapp /myappUSER nonroot:nonrootENTRYPOINT ["/myapp"]Bonnes pratiques images
Section intitulée « Bonnes pratiques images »Ces quatre règles portent toutes sur la même question : à quel point l'image que
vous déployez aujourd'hui sera-t-elle identique à celle que vous avez testée
hier. Un tag est un pointeur mutable côté registry, il peut être réaffecté
sans que rien ne change dans votre manifeste ; un digest est le condensat du
contenu, il ne peut pas mentir. Retenez la hiérarchie : latest ne garantit
rien, un tag de version garantit une intention, un digest garantit le contenu.
- PIN les versions :
nginx:1.25.3plutôt quenginx:latest, une mise à jour peut introduire des CVE - Utiliser le digest SHA256 pour garantir l'immuabilité :
nginx@sha256:abc123... - Ne pas installer de debuggers dans les images de production (
gdb,strace,tcpdump) - Nettoyer le cache dans le même RUN :
apt-get install -y curl && rm -rf /var/lib/apt/lists/*
# Recommandé : image référencée par digest, donc immuableFROM nginx@sha256:67f9a4f10d147a6e04629340e6493c9703300ca23a2f7f3aa56fe615d75d31ca
# À proscrire : latest n'est pas reproductibleFROM nginx:1.31.32. Scanner les vulnérabilités
Section intitulée « 2. Scanner les vulnérabilités »Avant toute chose : scanner vos images pour détecter les CVE (Common Vulnerabilities and Exposures) connues.
L'incident Trivy de mars 2026, et ce qu'il change ici
Section intitulée « L'incident Trivy de mars 2026, et ce qu'il change ici »En mars 2026, l'écosystème Trivy a subi une compromission en plusieurs
vagues : publication d'un trivy v0.69.4 malveillant, compromission des tags
de trivy-action, exposition de setup-trivy, puis images Docker Hub
malveillantes v0.69.5 et v0.69.6. Aqua a recommandé de considérer comme
compromis tous les secrets accessibles aux pipelines touchés.
L'épisode illustre exactement ce que ce chapitre enseigne : un outil de sécurité de la chaîne d'approvisionnement fait partie de cette chaîne, et se compromet comme n'importe quel autre maillon. Il justifie aussi la position retenue ici. Les commandes Trivy restent dans ce guide, parce qu'elles servent à lire les pipelines existants et qu'elles sont omniprésentes dans les supports de préparation, mais le chemin recommandé pour un nouveau déploiement passe par un autre scanner.
Scanner avec Grype, mon choix principal
Section intitulée « Scanner avec Grype, mon choix principal »Je le privilégie pour son intégration avec Syft, pour sa priorisation du risque réel, appuyée sur EPSS, KEV et OpenVEX, et pour sa capacité à scanner images, systèmes de fichiers et SBOM indifféremment.
# Installation par binaire officiel vérifié (empreinte SHA256)GRYPE_VERSION=0.111.0base="https://github.com/anchore/grype/releases/download/v${GRYPE_VERSION}"curl -sSfLO "${base}/grype_${GRYPE_VERSION}_linux_amd64.tar.gz"curl -sSfLO "${base}/grype_${GRYPE_VERSION}_checksums.txt"grep "grype_${GRYPE_VERSION}_linux_amd64.tar.gz" "grype_${GRYPE_VERSION}_checksums.txt" | sha256sum -c -sudo tar -C /usr/local/bin -xzf "grype_${GRYPE_VERSION}_linux_amd64.tar.gz" grype
# Scanner une imagegrype nginx:1.25.3
# Scanner avec seuil de sévérité (fail si CRITICAL détecté)grype nginx:1.25.3 --fail-on critical
# Format JSON pour CI/CDgrype nginx:1.25.3 -o json > results.jsonScanner avec Trivy, culture écosystème
Section intitulée « Scanner avec Trivy, culture écosystème »Vous croiserez ces commandes dans la quasi-totalité des pipelines existants et
des supports de préparation au CKS, ce qui suffit à justifier de les connaître.
Deux options méritent une explication : --ignore-unfixed masque les CVE pour
lesquelles aucun correctif n'est publié, utile pour ne pas bloquer un build sur
un problème que personne ne peut résoudre, mais dangereux si vous l'activez sans
suivre ces vulnérabilités par ailleurs. --exit-code 1 est ce qui transforme le
scan en garde-fou : sans lui, Trivy affiche les CVE et le job reste vert.
# Scanner une imagetrivy image nginx:1.25.3
# Ignorer les CVE non fixéestrivy image --ignore-unfixed nginx:1.25.3
# Format pour CI/CDtrivy image --exit-code 1 --severity CRITICAL nginx:1.25.3Une précision utile si vous révisez sur plusieurs supports : vous y verrez Trivy presque partout, et vous pourriez en conclure qu'il est au programme. Il ne l'est pas. Le curriculum officiel décrit la compétence, analyser une image et statuer sur le résultat, sans désigner d'outil. Savoir lire une sortie Trivy reste utile, en faire le seul scanner que vous connaissez serait une erreur de révision.
La limite à retenir avant de passer à la suite : une image sans CVE connue n'est pas une image fiable. Elle peut avoir été altérée, venir d'une source compromise, ou transporter du code malveillant qu'aucune base ne référence, l'incident Trivy en étant la démonstration directe. Le scan répond à une question précise, « quelles failles connues contient cette image », et il ne remplace ni la signature, qui établit l'intégrité, ni la provenance, qui établit l'origine, ni la politique d'admission, qui décide de ce qui entre dans le cluster.
Pour approfondir le scanning et comprendre les scores CVE : Comprendre les CVE, CVSS et EPSS.
3. Générer et exploiter un SBOM
Section intitulée « 3. Générer et exploiter un SBOM »Un SBOM (Software Bill of Materials) est l'inventaire exhaustif de tous les composants d'une image : packages OS, bibliothèques, versions, licences. C'est la liste d'ingrédients de votre logiciel.
# Générer un SBOM avec Syftsyft nginx:1.25.3 -o cyclonedx-json > nginx-sbom.json
# Utiliser le SBOM pour scanner avec Grypegrype sbom:nginx-sbom.json
# Générer et scanner en une commandesyft nginx:1.25.3 | grypeVoir le guide SBOM complet pour les formats SPDX/CycloneDX et l'intégration CI/CD.
4. Signer et vérifier les images avec Cosign
Section intitulée « 4. Signer et vérifier les images avec Cosign »La signature d'images garantit l'authenticité (l'image provient bien du build attendu) et l'intégrité (elle n'a pas été modifiée). Cosign de Sigstore est l'outil standard.
Signer une image
Section intitulée « Signer une image »Un guide de supply chain qui installerait son propre outil sans vérification
serait contradictoire : le bloc ci-dessous épingle donc une version précise
et contrôle l'empreinte SHA256 publiée par le projet avant de rendre le binaire
exécutable. Sigstore publie ce fichier sous le nom cosign_checksums.txt dans
chaque release. La commande cosign generate-key-pair demande ensuite une
passphrase : elle protège cosign.key, qui est la seule chose à ne jamais
laisser sortir de votre coffre.
# Installation Cosign : version épinglée + vérification d'empreinteCOSIGN_VERSION=3.1.3base="https://github.com/sigstore/cosign/releases/download/v${COSIGN_VERSION}"curl -sSfLO "${base}/cosign-linux-amd64"curl -sSfLO "${base}/cosign_checksums.txt"grep " cosign-linux-amd64$" cosign_checksums.txt | sha256sum -c -chmod +x cosign-linux-amd64 && sudo mv cosign-linux-amd64 /usr/local/bin/cosign
# Générer une paire de cléscosign generate-key-pair# Produit cosign.key (privée) et cosign.pub (publique)
# Signer par digest (recommandé : le tag peut être réaffecté)cosign sign --key cosign.key registry.example.com/myapp@sha256:abc123...
# Signer par tag (acceptable mais moins robuste)cosign sign --key cosign.key registry.example.com/myapp:1.0.0
# Vérifier la signaturecosign verify --key cosign.pub registry.example.com/myapp:1.0.0Vérifier que la signature protège vraiment
Section intitulée « Vérifier que la signature protège vraiment »Une signature qui se vérifie ne prouve rien : il faut voir la vérification échouer quand elle doit échouer. Les trois cas ci-dessous ont été joués sur un registre local avec cosign 3.1.3, et ils rendent trois codes de retour différents.
Avec la bonne clé, cosign détaille ce qu'il a contrôlé :
Verification for localhost:5555/lab-signe:1.0.0 --The following checks were performed on each of these signatures: - The cosign claims were validated - Existence of the claims in the transparency log was verified offline - The signatures were verified against the specified public key| Situation | Code de retour | Message |
|---|---|---|
| Signature valide | 0 | le détail des contrôles ci-dessus |
| Mauvaise clé publique | 1 | no matching attestations: failed to verify log inclusion |
| Image non signée | 10 | no signatures found |
La distinction entre 1 et 10 est exploitable : une image non signée signale un oubli dans la chaîne de build, une signature qui ne correspond pas signale un problème d'identité, et ces deux incidents n'appellent pas la même réaction.
Où vit la signature
Section intitulée « Où vit la signature »Elle n'est pas dans l'image : c'est un artefact distinct, poussé dans le même dépôt sous un tag dérivé du digest. Après signature, le dépôt contient deux tags :
curl -s http://localhost:5555/v2/lab-signe/tags/list{"name":"lab-signe","tags":["sha256-7c38f24774e3cbd906d2d33c38354ccf787635581c122965132c9bd309754d4a","1.0.0"]}Deux conséquences pratiques. Copier une image d'un registre à l'autre ne transporte pas sa signature, sauf à copier aussi cet artefact : c'est la cause la plus fréquente d'une vérification qui échoue après une migration de registre. Et le tag étant dérivé du digest, resigner une image reconstruite produit un nouvel artefact, l'ancien restant en place.
Vérification dans Kubernetes avec ImagePolicyWebhook
Section intitulée « Vérification dans Kubernetes avec ImagePolicyWebhook »L'ImagePolicyWebhook est un admission controller historique, désactivé par défaut, qui délègue la décision d'autorisation à un backend webhook externe. Il reste documenté et utile pour comprendre les mécanismes de contrôle d'images, mais sur les clusters récents on rencontre davantage des admission webhooks génériques (ValidatingAdmissionWebhook) ou des moteurs de policy comme Kyverno.
Un point d'architecture qui change la façon d'évaluer ce mécanisme : ImagePolicyWebhook ne décide de rien par lui-même. Il transmet la demande à un service externe joignable en TLS, qui autorise ou refuse. La sécurité réelle du dispositif est donc celle de ce backend, de sa disponibilité et des règles qu'il applique, pas celle du contrôleur Kubernetes qui se contente de relayer.
La mise en place se fait en deux fichiers. D'abord les drapeaux du
kube-apiserver, à ajouter dans /etc/kubernetes/manifests/kube-apiserver.yaml
sur chaque nœud du plan de contrôle : le premier active le plugin, le second
indique où lire sa configuration. Une erreur ici empêche l'apiserver de
redémarrer, gardez une copie du manifeste avant de le modifier.
--enable-admission-plugins=...,ImagePolicyWebhook--admission-control-config-file=/etc/kubernetes/admission/admission-config.yamlapiVersion: apiserver.config.k8s.io/v1kind: AdmissionConfigurationplugins: - name: ImagePolicyWebhook configuration: imagePolicy: kubeConfigFile: /etc/kubernetes/admission/webhook-kubeconfig.yaml allowTTL: 50 denyTTL: 50 retryBackoff: 500 defaultAllow: false # Bloquer si le webhook est inaccessibleUn mot sur le choix du mode de signature, puisque deux existent et que le second n'est pas toujours présenté. La signature par clé, celle que ce guide détaille, a l'avantage d'être explicite : vous voyez ce que vous générez et ce que vous vérifiez. Elle vous laisse cependant avec une clé privée longue durée à protéger et à faire tourner, ce qui est précisément la matière des incidents de chaîne d'approvisionnement.
La signature keyless supprime ce problème en s'appuyant sur une identité OIDC, celle de votre exécution GitHub Actions ou GitLab CI, et sur un certificat éphémère. C'est ce qu'il faut viser pour une chaîne moderne. Gardez la signature par clé pour comprendre les mécanismes et pour les environnements isolés, où aucun fournisseur OIDC n'est joignable. Le guide Cosign détaille les deux.
5. Limiter les registries autorisées
Section intitulée « 5. Limiter les registries autorisées »En plus de la signature, on peut restreindre Kubernetes pour n'accepter que des images venant de registries approuvées. C'est la voie moderne et recommandée : les controllers de policy comme Kyverno ou Gatekeeper sont activés par défaut et offrent plus de flexibilité qu'ImagePolicyWebhook.
Avec Kyverno (recommandé)
Section intitulée « Avec Kyverno (recommandé) »La politique ci-dessous s'écrit avec l'API policies.kyverno.io/v1, disponible
depuis Kyverno 1.14 et servie par les versions 1.18.x. Deux champs portent tout
le comportement : validationActions: [Deny] refuse la création plutôt que de
se contenter d'un rapport, et l'expression CEL parcourt tous les conteneurs
du Pod avec all(...), ce qui bloque aussi un Pod dont un seul conteneur
viendrait d'ailleurs. Attention, matchConstraints ne cible ici que les Pods :
un Deployment passera, puis son Pod sera refusé, avec un message d'erreur qui
apparaîtra dans le ReplicaSet et non dans le Deployment.
apiVersion: policies.kyverno.io/v1kind: ValidatingPolicymetadata: name: restrict-registriesspec: validationActions: [Deny] matchConstraints: resourceRules: - apiGroups: [""] apiVersions: ["v1"] operations: ["CREATE", "UPDATE"] resources: ["pods"] validations: - expression: >- object.spec.containers.all(c, c.image.startsWith('registry.example.com/') ) message: "Seules les images de registry.example.com sont autorisées."Avec Gatekeeper (OPA)
Section intitulée « Avec Gatekeeper (OPA) »Gatekeeper sépare le code de la politique de son paramétrage. Le manifeste
ci-dessous est une Constraint, c'est-à-dire une instance : il suppose que le
ConstraintTemplate K8sAllowedRepos, fourni par la bibliothèque officielle
gatekeeper-library, a déjà été appliqué au cluster. Sans lui, l'API rejette le
manifeste avec une erreur de ressource inconnue. Le champ repos fonctionne par
préfixe de chaîne, pas par expression régulière : une entrée sans barre
oblique finale autoriserait aussi un registry dont le nom commence pareil.
apiVersion: constraints.gatekeeper.sh/v1beta1kind: K8sAllowedReposmetadata: name: allowed-reposspec: match: kinds: - apiGroups: [""] kinds: ["Pod"] parameters: repos: - "registry.example.com/" - "gcr.io/distroless/"→ Voir Guide Kyverno et Guide Gatekeeper.
6. Analyser les manifestes avant de les appliquer
Section intitulée « 6. Analyser les manifestes avant de les appliquer »Scanner une image cherche des vulnérabilités connues dans des paquets. Cela
ne dit rien d'un manifeste qui déclare privileged: true ou monte la racine du
nœud : le paquet peut être parfaitement à jour, le déploiement reste dangereux.
Le syllabus CKS nomme les deux outils de référence, Kubesec et
KubeLinter.
Ils ne font pas le même travail. Le démontrer sur un manifeste
volontairement faible, portant privileged: true, runAsUser: 0, une image
en latest et un hostPath sur la racine, suffit à comprendre lequel
choisir :
| Outil | Ce qu'il rend | Sur le manifeste faible | Une fois durci |
|---|---|---|---|
| kube-linter 0.8.3 | une liste de défauts nommés, avec la remédiation | 8 erreurs, sortie 1 | 2 erreurs restantes |
| kubesec 2.14.2 | une note chiffrée et un verdict | -30 points, sortie 2 | +13, « Passed », sortie 0 |
kube-linter lint deployment.yamlkubesec scan deployment.yamlRetenez la différence d'usage : kube-linter énumère, ce qui sert à corriger ; kubesec note, ce qui sert à poser un seuil en intégration continue.
Deux outils voisins font le même travail sous un autre angle : kube-score, pensé pour l'intégration continue, et Polaris, qui surveille en continu un cluster vivant.
7. Vérifier les binaires de la plateforme
Section intitulée « 7. Vérifier les binaires de la plateforme »La chaîne d'approvisionnement ne s'arrête pas aux images : le kubectl que
vous installez sur un poste d'administration en fait partie. Le syllabus
CKS le demande explicitement, « vérifier les binaires de la plateforme avant
déploiement ».
Kubernetes publie la somme de contrôle de chaque binaire à côté du binaire :
VER=v1.37.0curl -LO "https://dl.k8s.io/release/${VER}/bin/linux/amd64/kubectl"curl -LO "https://dl.k8s.io/release/${VER}/bin/linux/amd64/kubectl.sha256"echo "$(cat kubectl.sha256) kubectl" | sha256sum --checkkubectl: OKC'est le code de sortie qui compte, pas le message. Mesuré sur le binaire
1.37.0 : 0 quand le fichier est intact, 1 dès qu'il est altéré, et un
seul octet ajouté à un binaire de 61 Mo suffit à le faire basculer. Dans un
script, testez ce code plutôt que de chercher le mot OK dans la sortie.
Workflow supply chain complet
Section intitulée « Workflow supply chain complet »En production et pour le CKS, voici le cycle recommandé :
-
Build avec une image de base minimale (distroless/alpine) et build multi-stage
-
Scanner l'image avant le push :
grype myapp:1.0.0 --fail-on high -
Générer le SBOM et l'attacher à l'image :
syft myapp:1.0.0 -o cyclonedx-json -
Pinner par digest : référencer l'image par son SHA256 pour garantir l'immuabilité
-
Signer par digest :
cosign sign --key cosign.key registry/myapp@sha256:abc123... -
Pousser vers un artifact repository privé et contrôlé (registry interne approuvée)
-
Vérifier à l'admission : politique Kyverno/Gatekeeper ou ImagePolicyWebhook
Dépannage
Section intitulée « Dépannage »Les quatre situations ci-dessous ont un point commun : le cluster se comporte exactement comme il a été configuré, et c'est la configuration qui pose problème. Les deux premières lignes concernent des blocages visibles, les deux dernières sont plus pernicieuses car rien n'échoue : le pipeline reste vert alors que le contrôle attendu n'a jamais eu lieu. Vérifiez ces deux-là en priorité si votre chaîne semble « trop » silencieuse.
| Symptôme | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
| Pod bloqué par ImagePolicyWebhook | Webhook inaccessible avec defaultAllow: false | Vérifier la disponibilité du webhook |
| Signature non vérifiée | Mauvaise clé publique ou image re-taguée | Re-signer ou utiliser le digest SHA256 |
| CVE CRITICAL non bloquantes | Seuil pas configuré | Ajouter --fail-on critical dans le CI/CD |
Images latest en production | Convention de tag permissive | Politique Kyverno pour interdire latest |
Testez vos connaissances
Section intitulée « Testez vos connaissances »Les dix questions ci-dessous sont tirées de la banque CKS et couvrent uniquement le domaine supply chain. Elles insistent volontairement sur les distinctions que l'examen exploite : scan contre signature, tag contre digest, et contrôle d'admission contre contrôle en CI.
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À retenir
Section intitulée « À retenir »- Images minimales : distroless > alpine > ubuntu, build multi-stage ;
scratchréduit l'empreinte base mais la sécurité dépend du binaire embarqué - Scanner avant push : Grype (mon choix prod, EPSS, KEV, OpenVEX) ou Trivy (culture écosystème)
- Le scan ne suffit pas : une image sans CVE peut rester malveillante ou compromise, compléter avec signature et admission
- SBOM : inventaire exhaustif avec Syft, re-scannable séparément sans rebuild
- Signature : Cosign, de préférence par digest et keyless en production
- Contrôle admission : Kyverno/Gatekeeper comme voie moderne ; ImagePolicyWebhook comme mécanisme historique
- Registries : restreindre aux sources de confiance, préférer un artifact repository interne
- CI/CD : évitez les installations d'outils à la volée depuis Internet en production
Pour aller plus loin
Section intitulée « Pour aller plus loin »- Audit Logs : La trace des déploiements d'images, utile dès qu'un artefact se révèle compromis.
- Falco : La détection à l'exécution quand une image malveillante a franchi les contrôles amont.