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Qualité des charts Helm : schema, documentation et linting

70 min de lecture

logo helm

Un chart Helm mal configuré peut générer des manifestes invalides, des déploiements qui échouent silencieusement, ou des failles de sécurité. Ce guide vous montre comment détecter ces problèmes avant qu'ils n'atteignent la production, en mettant en place une chaîne de validation automatisée.

Concrètement, vous allez apprendre à :

  • Valider les values fournies par les utilisateurs (types, limites, valeurs autorisées)
  • Générer automatiquement la documentation de votre chart
  • Vérifier que les manifestes générés sont conformes aux standards Kubernetes
  • Détecter les mauvaises pratiques de sécurité (containers root, absence de limits...)

Avant de commencer, assurez-vous d'avoir :

  • Un chart Helm existant (ou helm create mon-chart)
  • Helm v4.3 installé, la version sur laquelle ce guide est mesuré
  • Les outils de qualité installés :
Fenêtre de terminal
# Avec mise (recommandé)
mise use helm-docs kubeconform kube-linter helm-ct
pipx install yamale # Requis par ct
# Vérification
helm-docs --version # v1.14.2
kubeconform -v # v0.8.0
kube-linter version # 0.8.3
ct version # v3.14.0
SectionConceptDurée
values.schema.jsonValidation JSON Schema native10 min
helm-docsGénération automatique du README8 min
helm lintValidation syntaxique de base5 min
kubeconformValidation des manifestes K8s8 min
kube-linterBonnes pratiques sécurité8 min
ct lintValidation complète CI/CD10 min
ConventionsLabels, nommage, versioning6 min

Helm valide nativement les values à partir d'un fichier JSON Schema. Quand ce fichier existe, Helm refuse tout install, upgrade ou template si les values ne le respectent pas. C'est le seul mécanisme qui rende votre contrat opposable.

Le fichier se place à la racine du chart, à côté de values.yaml, et Helm le détecte automatiquement : aucune option de ligne de commande n'est nécessaire. La clé required liste les values sans lesquelles le chart refuse de s'installer, tandis que default documente la valeur retenue sans pour autant la fournir à la place de values.yaml.

values.schema.json
{
"\$schema": "https://json-schema.org/draft-07/schema#",
"type": "object",
"required": ["replicaCount", "image"],
"properties": {
"replicaCount": {
"type": "integer",
"minimum": 1,
"maximum": 10,
"description": "Nombre de réplicas (1-10)"
},
"image": {
"type": "object",
"required": ["repository"],
"properties": {
"repository": {
"type": "string",
"description": "Image Docker à déployer"
},
"tag": {
"type": "string",
"default": "latest",
"description": "Tag de l'image"
},
"pullPolicy": {
"type": "string",
"enum": ["Always", "IfNotPresent", "Never"],
"default": "IfNotPresent"
}
}
},
"service": {
"type": "object",
"properties": {
"type": {
"type": "string",
"enum": ["ClusterIP", "NodePort", "LoadBalancer"],
"default": "ClusterIP"
},
"port": {
"type": "integer",
"minimum": 1,
"maximum": 65535,
"default": 80
}
}
}
}
}

helm template suffit à éprouver le schéma, sans toucher au cluster. Les messages d'erreur indiquent le chemin JSON exact de la value fautive, ce qui les rend directement exploitables par l'utilisateur du chart, sans qu'il ait à ouvrir vos templates.

Fenêtre de terminal
# Values valides → succès
helm template test mon-chart/
Fenêtre de terminal
# replicaCount hors limites → erreur
helm template test mon-chart/ --set replicaCount=15
Error: values don't meet the specifications of the schema(s) in the following chart(s):
mon-chart:
- at '/replicaCount': maximum: got 15, want 10
Fenêtre de terminal
# Valeur enum invalide → erreur
helm template test mon-chart/ --set service.type=Invalid
Error: values don't meet the specifications of the schema(s) in the following chart(s):
mon-chart:
- at '/service/type': value must be one of 'ClusterIP', 'NodePort', 'LoadBalancer'

JSON Schema propose six types de base, largement suffisants pour des values Helm. Attention à la distinction entre integer et number : déclarer integer sur un champ qui recevra 0.5 fera échouer l'installation.

TypeUsageExemple
stringTexte"nginx"
integerNombre entier3
numberNombre décimal0.5
booleanVrai/fauxtrue
arrayListe["a", "b"]
objectObjet imbriqué{"key": "value"}

Le type seul laisse passer beaucoup d'erreurs : rien n'empêche un integer de valoir 10 000. Ces quatre contraintes restreignent l'espace des valeurs acceptées. La dernière, additionalProperties: false, est la plus stricte : elle rejette toute clé non déclarée, ce qui attrape les fautes de frappe mais casse aussi les extensions non prévues.

{
"replicaCount": {
"type": "integer",
"minimum": 1, // Valeur minimale
"maximum": 100 // Valeur maximale
},
"environment": {
"type": "string",
"enum": ["dev", "staging", "prod"] // Liste de valeurs autorisées
},
"image": {
"type": "string",
"pattern": "^[a-z0-9.-]+/[a-z0-9.-]+:[a-z0-9.-]+$" // Regex
},
"resources": {
"type": "object",
"additionalProperties": false // Interdit les clés non déclarées
}
}

helm-docs génère automatiquement un README.md depuis les commentaires de values.yaml et le Chart.yaml. L'intérêt n'est pas de gagner du temps de rédaction mais de supprimer la dérive entre le code et sa documentation : ajouter une value sans la documenter devient visible au prochain passage. C'est le format attendu des dépôts publics, et l'un des points vérifiés en revue.

Les commentaires commençant par # -- sont extraits pour la documentation :

values.yaml
# -- Nombre de réplicas du deployment
replicaCount: 1
image:
# -- Repository de l'image Docker
repository: nginx
# -- Tag de l'image (défaut: appVersion du Chart)
tag: ""
# -- Politique de téléchargement de l'image
# @default -- IfNotPresent
pullPolicy: IfNotPresent
service:
# -- Type de service Kubernetes
type: ClusterIP
# -- Port exposé par le service
port: 80
# -- Configuration des resources (requests/limits)
# @default -- Voir values.yaml
resources: {}
# -- Activation de l'autoscaling HPA
autoscaling:
# -- Activer/désactiver l'autoscaling
enabled: false
# -- Nombre minimum de réplicas
minReplicas: 1
# -- Nombre maximum de réplicas
maxReplicas: 100

Lancé sans argument, helm-docs parcourt le répertoire courant, y cherche les charts et écrase le README.md existant. N'y écrivez donc jamais de contenu à la main : tout ce qui doit y figurer passe par les commentaires de values.yaml ou par un modèle personnalisé.

Fenêtre de terminal
cd mon-chart/
helm-docs
INFO[2026-02-01T19:27:33+01:00] Found Chart directories [.]
INFO[2026-02-01T19:27:33+01:00] Generating README Documentation for chart .

Le fichier produit reprend le nom et la description du Chart.yaml, ajoute des badges de version et surtout le tableau des values, dont la colonne Default est lue directement dans values.yaml. C'est ce couplage qui garantit que la documentation ne dérive pas du code.

README.md (extrait)
# mon-chart
![Version: 0.1.0](https://img.shields.io/badge/Version-0.1.0-informational)
![Type: application](https://img.shields.io/badge/Type-application-informational)
![AppVersion: 1.16.0](https://img.shields.io/badge/AppVersion-1.16.0-informational)
A Helm chart for Kubernetes
## Values
| Key | Type | Default | Description |
|-----|------|---------|-------------|
| replicaCount | int | `1` | Nombre de réplicas du deployment |
| image.repository | string | `"nginx"` | Repository de l'image Docker |
| image.tag | string | `""` | Tag de l'image (défaut: appVersion du Chart) |
| image.pullPolicy | string | `"IfNotPresent"` | Politique de téléchargement de l'image |
| service.type | string | `"ClusterIP"` | Type de service Kubernetes |
| service.port | int | `80` | Port exposé par le service |
| resources | object | Voir values.yaml | Configuration des resources (requests/limits) |
| autoscaling.enabled | bool | `false` | Activer/désactiver l'autoscaling |

Créez un fichier README.md.gotmpl pour personnaliser le format :

README.md.gotmpl
# {{ .Name }}
{{ .Description }}
## Installation
\\`\\`\\`bash
helm install {{ .Name }} ./{{ .Name }}
\\`\\`\\`
## Configuration
{{ template "chart.valuesTable" . }}
## Maintainers
{{ template "chart.maintainersTable" . }}

helm lint est le contrôle le plus rapide et le seul qui ne demande aucun outil supplémentaire : il vérifie la syntaxe YAML, le rendu des templates et la validité du Chart.yaml. Lancez-le en premier, car un chart qui ne passe pas ce stade ne produit aucun manifeste à donner aux outils suivants.

Fenêtre de terminal
helm lint mon-chart/
==> Linting mon-chart/
[INFO] Chart.yaml: icon is recommended
1 chart(s) linted, 0 chart(s) failed

--strict fait échouer le lint sur les [WARNING], pas sur les [INFO]. La distinction décide de ce que votre chaîne bloque réellement : un icon manquant est un [INFO] et passera toujours, une apiVersion dépréciée est un [WARNING] et fera échouer la commande.

Fenêtre de terminal
helm lint mon-chart/ --strict

Mesuré sur un chart qui déclare une extensions/v1beta1 Deployment :

[WARNING] templates/x.yaml: extensions/v1beta1 Deployment is deprecated in v1.8+,
unavailable in v1.16+; use apps/v1 Deployment
Error: 1 chart(s) linted, 1 chart(s) failed

Sans le drapeau, le même avertissement s'affiche et la commande rend pourtant 0. C'est exactement ce qui fait passer un chart douteux dans une chaîne d'intégration qui se contente du code de retour. Le drapeau --kube-version complète le dispositif : il dit à quelle version de Kubernetes les contrôles de dépréciation se réfèrent.

Un chart peut passer le lint avec ses values par défaut et échouer avec celles de production, par exemple si un bloc conditionnel n'est activé que là. Rejouez donc le lint avec chaque fichier de values que vous livrez, pas seulement le premier.

Fenêtre de terminal
helm lint mon-chart/ -f production-values.yaml

helm lint ne valide pas les manifestes Kubernetes qu'il produit, et c'est la limite qu'il faut avoir en tête avant de lui faire confiance. Il juge le chart : structure des fichiers, syntaxe des templates, cohérence du Chart.yaml. Un chart peut donc passer le lint sans une erreur et produire un YAML que l'API server refusera, parce qu'un champ n'a pas le bon type ou que la ressource n'existe pas dans la version visée. C'est exactement le rôle de kubeconform et de kube-linter, qui prennent le relais sur le résultat du rendu.


kubeconform valide que les manifestes générés sont conformes aux schémas Kubernetes. C'est le premier outil de la chaîne qui regarde le résultat du rendu plutôt que le chart : il attrape les champs mal orthographiés, les types incorrects et les apiVersion inexistantes, que helm lint laisse passer sans broncher. Il travaille hors ligne, aucun accès au cluster n'étant nécessaire.

Fenêtre de terminal
helm template test mon-chart/ | kubeconform -strict -summary
Summary: 4 resources found parsing stdin - Valid: 4, Invalid: 0, Errors: 0, Skipped: 0

Si un champ est mal nommé ou a le mauvais type :

Fenêtre de terminal
# Manifest avec erreur
helm template test mon-chart/ --set service.ports=80 | kubeconform -strict
stdin - Service test-mon-chart is invalid: problem validating schema:
port in body is required

Sans précision, kubeconform valide contre la version de schémas la plus récente qu'il connaît. Si vos clusters sont plus anciens, imposez la version cible : c'est ainsi que l'on détecte une apiVersion retirée avant la mise à jour du cluster, et non pendant.

Fenêtre de terminal
helm template test mon-chart/ | kubeconform -kubernetes-version 1.29.0 -strict -summary

Deux options changent le comportement plutôt que l'affichage. -strict fait échouer la validation sur toute propriété inconnue, ce qui attrape les fautes de frappe dans les noms de champs. -skip sert aux ressources personnalisées dont kubeconform n'a pas le schéma, et qu'il rejetterait faute de savoir les lire.

OptionDescription
-strictÉchoue sur les propriétés inconnues
-summaryAffiche un résumé à la fin
-output jsonSortie JSON pour la CI
-kubernetes-version X.Y.ZValide pour une version K8s spécifique
-skip Kind1,Kind2Ignore certains types de ressources

kube-linter analyse les mêmes manifestes que kubeconform, mais pose une question différente : non plus « est-ce valide » mais « est-ce raisonnable ». Il signale les conteneurs qui tournent en root, les systèmes de fichiers accessibles en écriture, les images en tag latest et l'absence de requests et limits. Ses messages contiennent systématiquement une remédiation.

Fenêtre de terminal
helm template test mon-chart/ | kube-linter lint -
KubeLinter 0.8.3
<stdin>: (object: <no namespace>/test-mon-chart apps/v1, Kind=Deployment)
container "mon-chart" does not have a read-only root file system
(check: no-read-only-root-fs, remediation: Set readOnlyRootFilesystem
to true in the container securityContext.)
<stdin>: (object: <no namespace>/test-mon-chart apps/v1, Kind=Deployment)
container "mon-chart" is not set to runAsNonRoot
(check: run-as-non-root, remediation: Set runAsUser to a non-zero number
and runAsNonRoot to true in your pod or container securityContext.)
<stdin>: (object: <no namespace>/test-mon-chart apps/v1, Kind=Deployment)
container "mon-chart" has cpu request 0
(check: unset-cpu-requirements, remediation: Set CPU requests for your
container based on its requirements.)
Error: found 9 lint errors

Voici les règles qui remontent le plus souvent sur un chart issu de helm create, car le squelette généré ne définit ni contexte de sécurité ni ressources. Chacune se corrige dans les templates du chart, pas dans la configuration de kube-linter : désactiver la règle ne supprime que le message, jamais le problème.

CheckDescriptionRemediation
no-read-only-root-fsFilesystem root accessible en écritureAjouter readOnlyRootFilesystem: true
run-as-non-rootContainer s'exécute en rootAjouter runAsNonRoot: true
unset-cpu-requirementsPas de requests/limits CPUDéfinir resources.requests.cpu
unset-memory-requirementsPas de requests/limits memoryDéfinir resources.limits.memory
latest-tagImage utilise le tag latestUtiliser un tag spécifique
privilege-escalation-containerallowPrivilegeEscalation non définiAjouter allowPrivilegeEscalation: false

Créez un fichier .kube-linter.yaml pour ajuster les règles :

.kube-linter.yaml
checks:
# Désactiver certaines règles
exclude:
- "unset-cpu-requirements"
- "no-read-only-root-fs"
# Ou activer uniquement certaines règles
# include:
# - "run-as-non-root"
# - "latest-tag"
Fenêtre de terminal
helm template test mon-chart/ | kube-linter lint --config .kube-linter.yaml -

chart-testing (ct) est l'outil officiel pour valider les charts avant merge. Il combine helm lint, yamale (validation YAML), et vérifie les conventions.

Créez un fichier ct.yaml à la racine du repo :

ct.yaml
# Désactive la vérification des maintainers
validate-maintainers: false
# Désactive la vérification d'incrément de version
check-version-increment: false
# Chemin vers les charts
chart-dirs:
- charts

Téléchargez les schémas officiels :

Fenêtre de terminal
curl -sSL https://raw.githubusercontent.com/helm/chart-testing/main/etc/chart_schema.yaml -o chart_schema.yaml
curl -sSL https://raw.githubusercontent.com/helm/chart-testing/main/etc/lintconf.yaml -o lintconf.yaml

La commande enchaîne la validation du Chart.yaml contre son schéma, le lint YAML et l'appel à helm lint. Sa sortie est verbeuse par construction : ce qui compte se trouve à la fin, avec la liste des charts traités et le verdict global.

Fenêtre de terminal
ct lint --config ct.yaml --chart-yaml-schema chart_schema.yaml --lint-conf lintconf.yaml --charts mon-chart/
Linting charts...
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Charts to be processed:
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
mon-chart => (version: "0.1.0", path: "mon-chart")
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Linting chart "mon-chart => (version: \"0.1.0\", path: \"mon-chart\")"
Validating mon-chart/Chart.yaml...
Validation success! 👍
==> Linting mon-chart
[INFO] Chart.yaml: icon is recommended
1 chart(s) linted, 0 chart(s) failed
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
✔︎ mon-chart => (version: "0.1.0", path: "mon-chart")
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
All charts linted successfully

ct lint peut détecter automatiquement les charts modifiés :

Fenêtre de terminal
# Lint uniquement les charts modifiés par rapport à main
ct lint --target-branch main --config ct.yaml

helm test : le seul contrôle qui vérifie que ça marche

Section intitulée « helm test : le seul contrôle qui vérifie que ça marche »

Tous les outils précédents jugent des fichiers ; helm test juge une application qui tourne. Un chart peut passer le lint, produire des manifestes valides, respecter toutes les bonnes pratiques, et déployer une application qui ne répond pas. C'est ce dernier écart que le test comble, et c'est pour cette raison qu'il vient en fin de chaîne.

Un test est un Pod ordinaire, rangé dans templates/tests/ et porteur d'une annotation qui le distingue des autres ressources :

templates/tests/test-connection.yaml
apiVersion: v1
kind: Pod
metadata:
name: "{{ include "mon-chart.fullname" . }}-test-connection"
annotations:
"helm.sh/hook": test
spec:
containers:
- name: verif
image: busybox:1.37.0@sha256:f85340bf132ae937d2c2a763b8335c9bab35d6e8293f70f606b9c6178d84f42b
command: ['wget']
args: ['-T', '3', '-O', '/dev/null', 'http://{{ include "mon-chart.fullname" . }}:{{ .Values.service.port }}']
restartPolicy: Never

Trois détails font tout le mécanisme. L'annotation helm.sh/hook: test empêche le Pod d'être créé à l'installation : il n'existe que lorsque vous lancez helm test. Le restartPolicy: Never évite qu'un test raté ne redémarre en boucle. Et surtout, c'est le code de sortie du conteneur qui décide : zéro vaut réussite, tout le reste vaut échec.

helm create en fournit déjà un, prêt à servir : votre premier test consiste souvent à le lire plutôt qu'à l'écrire.

Un test qui n'a jamais échoué ne prouve rien : il peut très bien ne rien vérifier du tout. Commencez donc par le cas nominal, puis cassez-le volontairement :

Fenêtre de terminal
helm install mon-app ./mon-chart -n demo --wait
helm test mon-app -n demo
TEST SUITE: mon-app-test-connection
Last Started: ...
Last Completed: ...
Phase: Succeeded

Puis cassez délibérément la cible, en pointant le test vers une adresse qui n'existe pas :

Phase: Failed
Error: resource Pod/demo/mon-app-test-connection not ready.
status: Failed, message: pod mon-app-test-connection failed

Et vérifiez le code de retour, car c'est lui, et non le texte, qui fait échouer une étape d'intégration continue :

Fenêtre de terminal
helm test mon-app -n demo; echo "code : $?"

Il vaut 1 sur un test raté, 0 sur un test réussi. Un job d'intégration continue n'a donc rien de particulier à analyser : il suffit de ne pas masquer ce code, par exemple avec un || true ajouté pour faire passer la chaîne.

Le message de helm test dit qu'un Pod a échoué, jamais pourquoi. La réponse est dans ses journaux, et c'est la raison pour laquelle le Pod reste dans le cluster après l'exécution :

Fenêtre de terminal
kubectl logs -n demo mon-app-test-connection

C'est aussi ce qui fait de hook-delete-policy un arbitrage plutôt qu'une évidence : hook-succeeded supprime les Pods des tests réussis et conserve ceux qui ont échoué, ce qui est le meilleur compromis entre propreté et diagnostic.

annotations:
"helm.sh/hook": test
"helm.sh/hook-delete-policy": hook-succeeded

Un test Helm vérifie que le déploiement tient ses promesses, pas que l'application est correcte. La distinction évite de reconstruire une suite de tests d'intégration dans un chart, où elle serait ingérable.

À tester dans un chartÀ laisser ailleurs
Le Service répond sur son portLa logique métier de l'application
La ConfigMap attendue est montéeLes performances sous charge
Les dépendances déclarées sont joignablesLes scénarios fonctionnels complets
Les identifiants générés permettent la connexionLa couverture de code

Le bon critère : un test de chart doit pouvoir s'exécuter dans n'importe quel environnement où le chart s'installe, sans jeu de données ni service externe.


Les outils précédents détectent ce qui est invalide ou risqué ; les conventions, elles, relèvent de la cohérence, et aucun linter ne les imposera à votre place. Trois sujets méritent d'être tranchés une fois pour toutes dans une équipe : les labels, le nommage des ressources et la distinction entre les deux versions du Chart.yaml.

Ces labels ne sont pas une coquetterie : ce sont eux que les outils tiers interrogent, du tableau de bord au collecteur de métriques, pour regrouper les ressources d'une même application. Les poser dans un helper unique garantit qu'ils sont identiques sur toutes les ressources du chart, ce qu'une recopie manuelle ne tient jamais longtemps.

Utilisez les labels standards définis par Kubernetes :

_helpers.tpl
{{- define "mychart.labels" -}}
helm.sh/chart: {{ include "mychart.chart" . }}
app.kubernetes.io/name: {{ include "mychart.name" . }}
app.kubernetes.io/instance: {{ .Release.Name }}
app.kubernetes.io/version: {{ .Chart.AppVersion | quote }}
app.kubernetes.io/managed-by: {{ .Release.Service }}
{{- end }}
{{- define "mychart.selectorLabels" -}}
app.kubernetes.io/name: {{ include "mychart.name" . }}
app.kubernetes.io/instance: {{ .Release.Name }}
{{- end }}
LabelDescriptionExemple
app.kubernetes.io/nameNom de l'applicationnginx
app.kubernetes.io/instanceInstance uniquenginx-prod
app.kubernetes.io/versionVersion de l'application1.25.0
app.kubernetes.io/componentComposant dans l'applicationfrontend
app.kubernetes.io/part-ofApplication parentewordpress
app.kubernetes.io/managed-byOutil de gestionHelm
helm.sh/chartNom et version du chartnginx-1.0.0

Préfixer le nom des objets par celui de la release permet d'installer plusieurs fois le même chart dans un namespace sans collision. Le helper ci-dessous applique le motif {{ .Release.Name }}-{{ .Chart.Name }}, avec deux garde-fous : fullnameOverride laisse à l'utilisateur le dernier mot, et trunc 63 respecte la longueur maximale d'un nom de ressource.

{{- define "mychart.fullname" -}}
{{- if .Values.fullnameOverride }}
{{- .Values.fullnameOverride | trunc 63 | trimSuffix "-" }}
{{- else }}
{{- \$name := default .Chart.Name .Values.nameOverride }}
{{- printf "%s-%s" .Release.Name \$name | trunc 63 | trimSuffix "-" }}
{{- end }}
{{- end }}

Chart.yaml porte deux versions que l'on confond régulièrement, alors qu'elles évoluent indépendamment : corriger un template n'a rien à voir avec livrer une nouvelle image applicative. Seule version sert à Helm pour comparer les releases et décider d'une mise à jour ; appVersion est purement informative.

ChampCe qu'il représenteQuand l'incrémenter
versionVersion du chart HelmModification des templates, values, schema
appVersionVersion de l'applicationMise à jour de l'image Docker
Chart.yaml
apiVersion: v2
name: mon-app
version: 1.2.0 # Chart modifié → +1 minor ou patch
appVersion: "3.5.1" # Nouvelle version de l'app → mettre à jour

Le versionnage sémantique appliqué à un chart ne parle pas de l'application, il parle de son API de values. Un numéro MAJOR signale une rupture pour l'utilisateur : une value obligatoire ajoutée, une clé renommée sans transition, un défaut changé dans un sens qui casse un déploiement existant. Un MINOR apporte de nouveaux paramètres sans rien casser. Un PATCH corrige un gabarit ou la documentation.

C'est la lecture qui compte pour qui consomme votre chart : elle lui dit s'il peut monter de version sans relire ses values.


L'exercice ci-dessous reprend la chaîne complète sur un chart neuf. Comptez une trentaine de minutes ; les critères de réussite en fin de section permettent de vérifier votre travail sans corrigé.

Partez d'un chart généré par helm create : il produit volontairement des manifestes non conformes, ce qui donne de la matière à corriger dès la quatrième étape. C'est plus formateur qu'un chart déjà propre.

  1. Créer un chart avec schema :

    Fenêtre de terminal
    helm create quality-demo
  2. Ajouter un values.schema.json portant au moins ces trois contraintes :

    • replicaCount : type integer, entre 1 et 10
    • service.type : enum limité à ClusterIP, NodePort et LoadBalancer
    • image.repository : déclaré required
  3. Documenter avec helm-docs :

    • Ajouter les commentaires # -- dans values.yaml
    • Générer le README
  4. Valider avec kubeconform et kube-linter :

    Fenêtre de terminal
    helm template test quality-demo/ | kubeconform -strict -summary
    helm template test quality-demo/ | kube-linter lint -
  5. Corriger les erreurs kube-linter dans les templates

Critères de réussite :

  • Schema valide rejette replicaCount=15
  • README.md généré automatiquement avec tableau des values
  • kubeconform : 0 invalid
  • kube-linter : < 3 erreurs (après corrections)

OutilValideQuand l'utiliser
values.schema.jsonValues utilisateurToujours (natif Helm)
helm lintSyntaxe chartDéveloppement
helm-docsDocumentationAvant commit
kubeconformManifestes K8sCI/CD
kube-linterSécurité, bonnes pratiquesCI/CD
ct lintChart completCI/CD, avant merge

L'ordre de ces quatre contrôles en intégration continue n'est pas indifférent : il va du moins coûteux au plus complet, et chacun élimine une famille d'erreurs. helm lint attrape la syntaxe du chart en une seconde. helm template | kubeconform valide les manifestes rendus contre les schémas Kubernetes. helm template | kube-linter juge leur sécurité et leurs bonnes pratiques. ct lint enfin rejoue l'ensemble avec les règles du dépôt de charts, incrément de version compris.

Placer le plus rapide en premier fait échouer une demande de fusion fautive en quelques secondes plutôt qu'en quelques minutes.


Huit questions sur la chaîne de validation : ce que le schéma refuse et à quel moment il agit, ce que kubeconform voit que helm lint ne voit pas, et ce qui décide vraiment qu'un test Helm est réussi.

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