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Administration Linux medium

lvm : Gestionnaire de volumes logiques pour Linux

28 min de lecture

La gestion des disques, c’est souvent un casse-tête pour les administrateurs système. Ajouter de l’espace, redimensionner des partitions sans perdre de données, ou encore créer des sauvegardes rapides… Ces tâches peuvent vite devenir complexes avec une gestion classique. C’est là qu’intervient LVM (Logical Volume Manager).

Quand on regarde l’histoire de la gestion des disques sous Linux, on se rend compte qu’il y a eu un sacré chemin parcouru. À l’époque, tout était statique : un disque, une partition, un système de fichiers. Si vous vouliez modifier quoi que ce soit, il fallait tout sauvegarder, reformater et croiser les doigts pour ne pas tout casser.

C’est dans ce contexte que LVM (Logical Volume Manager) a vu le jour. Inspiré de concepts similaires utilisés sur d’autres systèmes (comme AIX d’IBM), LVM a été conçu pour introduire de la flexibilité. Sa première version a permis de regrouper plusieurs disques en un espace unifié et modulable, mais elle restait limitée en termes de fonctionnalités.

Puis est arrivée LVM2, une version bien plus performante et robuste. Développée pour surmonter les limitations de la première génération, LVM2 a introduit des nouveautés importantes : la gestion des snapshots, le thin provisioning (création de volumes logiques qui n’occupent que l’espace réellement utilisé) et une meilleure intégration avec les systèmes modernes. Aujourd’hui, LVM2 est la norme dans la plupart des distributions Linux, et c’est l’outil privilégié pour gérer des volumes logiques de manière dynamique.

En somme, si vous êtes sur Linux et que vous voulez jongler avec vos disques comme un pro, LVM2 est un outil incontournable. On peut dire qu’il a révolutionné la gestion des disques modernes et ce n’est pas prêt de changer !

LVM2, c’est un peu comme une baguette magique pour vos disques. Il permet de regrouper plusieurs disques physiques en un espace unique, flexible, et facilement modifiable. Besoin d’ajouter de l’espace à une partition en plein fonctionnement ? Pas de problème ! Envie de tester une mise à jour risquée sur votre système ? Créez un snapshot et restaurez-le en un clin d’œil si nécessaire.

À mon avis, LVM2 est indispensable dans tout environnement Linux, que ce soit sur un serveur de production ou sur une machine de développement. Dans ce guide, je vais vous expliquer comment tirer parti de cette technologie, depuis les concepts de base jusqu’aux commandes avancées. Vous verrez, avec un peu de pratique, gérer vos disques deviendra un jeu d’enfant !

Pour bien utiliser LVM2, il est essentiel de comprendre ses concepts de base. C’est comme construire une maison : il faut connaître les matériaux et comment les assembler.

Voici les éléments clés de l’architecture de LVM2 :

  1. Physical Volumes (PV) : Ce sont les disques physiques ou partitions qui serviront de base pour LVM2. Ils peuvent être de différents types (HDD, SSD, etc.).
  2. Volume Groups (VG) : Un Volume Group regroupe plusieurs Physical Volumes en un seul espace logique. C’est une sorte de “pool” dans lequel on peut puiser pour créer des volumes logiques.
  3. Logical Volumes (LV) : Les Logical Volumes sont des morceaux du Volume Group. Ce sont eux que vous formatez et montez pour y stocker vos données. Ils fonctionnent comme des partitions, mais avec beaucoup plus de flexibilité.
  4. Thin Provisioning : C’est une fonctionnalité avancée qui permet de créer des volumes logiques sans allouer immédiatement tout l’espace. Pratique pour optimiser l’utilisation des ressources.
  5. Snapshots : Ce sont des copies instantanées d’un volume logique. Parfait pour sauvegarder ou tester des modifications.

Imaginons une VM où Postgres utilise 3 Volume Groups (VG) pour répartir ses données : un pour les bases de données, un pour les journaux de transactions, et un pour les sauvegardes. Chaque VG est composé de plusieurs disques physiques.

Voici un schéma en Mermaid illustrant cette structure :

lvm

Avec ce modèle, on voit clairement comment LVM2 structure les disques et les volumes pour offrir flexibilité et organisation. C’est idéal pour des services comme Postgres où les performances et la gestion des données sont critiques ! 😊

Installer LVM2, c’est assez simple et cela varie légèrement selon votre distribution Linux. Je vais vous guider pour les systèmes les plus courants, afin que vous puissiez rapidement vous mettre au travail.

Avant de commencer, vérifiez si LVM2 est déjà installé sur votre système. La commande suivante permet de savoir si les outils LVM sont disponibles :

Fenêtre de terminal
sudo lvm version
LVM version: 2.03.16(2) (2022-05-18)
Library version: 1.02.185 (2022-05-18)
Driver version: 4.48.0
Configuration: ./configure --build=x86_64-linux-gnu --prefix=/usr --includedir=${prefix}/include --mandir=${prefix}/share/man --infodir=${prefix}/share/info --sysconfdir=/etc --localstatedir=/var --disable-option-checking --disable-silent-rules --libdir=${prefix}/lib/x86_64-linux-gnu --runstatedir=/run --disable-maintainer-mode --disable-dependency-tracking --prefix=/usr --exec-prefix=/usr --with-usrlibdir=/usr/lib/x86_64-linux-gnu --with-optimisation=-O2 --with-cache=internal --with-device-uid=0 --with-device-gid=6 --with-device-mode=0660 --with-default-pid-dir=/run --with-default-run-dir=/run/lvm --with-default-locking-dir=/run/lock/lvm --with-thin=internal --with-thin-check=/usr/sbin/thin_check --with-thin-dump=/usr/sbin/thin_dump --with-thin-repair=/usr/sbin/thin_repair --enable-applib --enable-blkid_wiping --enable-cmdlib --enable-dmeventd --enable-editline --enable-lvmlockd-dlm --enable-lvmlockd-sanlock --enable-lvmpolld --enable-notify-dbus --enable-pkgconfig --enable-udev_rules --enable-udev_sync --disable-readline

Si la commande renvoie une version, alors tout est en place. Sinon, suivez les étapes ci-dessous.

  1. Debian/Ubuntu Sur Debian ou Ubuntu, LVM2 est généralement inclus dans les dépôts officiels. Pour l’installer, utilisez simplement :
Fenêtre de terminal
sudo apt update
sudo apt install lvm2

Si vous ne maitrisez pas le gestionnaire de paquets apt, je vous recommande de lire mon guide sur apt pour mieux comprendre son fonctionnement.

  1. Red Hat/CentOS/Rocky Linux : Pour les distributions basées sur Red Hat, installez le de cette manière :
Fenêtre de terminal
sudo dnf install lvm2

Une fois l’installation terminée, vous pouvez vérifier que LVM2 est bien actif en listant les volumes disponibles :

Fenêtre de terminal
sudo lvm version

Cette fois-ci, vous devriez voir la version de LVM2 installée sur votre système. Félicitations, vous êtes prêt à commencer à gérer vos disques comme un pro !

Maintenant que LVM2 est installé, il est temps de mettre en pratique ce que nous avons vu en configurant notre environnement. Nous allons créer une configuration basée sur l’exemple décrit précédemment : une VM Postgres utilisant 3 Volume Groups pour ses données, ses journaux de transactions, et ses sauvegardes, répartis sur 4 disques physiques.

Pour commencer, identifions les disques disponibles. Utilisez la commande suivante pour voir les disques et leurs partitions :

Fenêtre de terminal
sudo lsblk
NAME MAJ:MIN RM SIZE RO TYPE MOUNTPOINTS
sda 8:0 0 100G 0 disk
sdb 8:16 0 100G 0 disk
sdc 8:32 0 50G 0 disk
sdd 8:48 0 50G 0 disk
vda 253:0 0 200G 0 disk
├─vda1 253:1 0 199G 0 part /
├─vda14 253:14 0 4M 0 part
├─vda15 253:15 0 106M 0 part /boot/efi
└─vda16 259:0 0 913M 0 part /boot

Supposons que les disques suivants sont disponibles :

  • /dev/sda : 100 Go
  • /dev/sdb : 100 Go
  • /dev/sdc : 50 Go
  • /dev/sdd : 50 Go

Nous allons convertir ces disques en Physical Volumes (PV), l’étape de base pour utiliser LVM.

Créez des Physical Volumes sur chaque disque :

Fenêtre de terminal
sudo pvcreate /dev/sda /dev/sdb /dev/sdc /dev/sdd
Physical volume "/dev/sda" successfully created.
Physical volume "/dev/sdb" successfully created.
Physical volume "/dev/sdc" successfully created.
Physical volume "/dev/sdd" successfully created.

Pour vérifier que les disques ont bien été configurés comme PV :

Fenêtre de terminal
sudo pvdisplay
"/dev/xvdb" is a new physical volume of "100.00 GiB"
--- NEW Physical volume ---
PV Name /dev/xvdb
VG Name
PV Size 100.00 GiB
Allocatable NO
PE Size 0
Total PE 0
Free PE 0
Allocated PE 0
PV UUID KQcvHW-VNTS-nn30-xMNp-YJG0-Cz1p-Orx6sZ
"/dev/xvdc" is a new physical volume of "100.00 GiB"
--- NEW Physical volume ---
PV Name /dev/xvdc
VG Name
PV Size 100.00 GiB
Allocatable NO
PE Size 0
Total PE 0
Free PE 0
Allocated PE 0
PV UUID IfACUO-vFc3-meN8-Gz6x-UmBp-Vdkr-IJB7EV
"/dev/xvdd" is a new physical volume of "50.00 GiB"
--- NEW Physical volume ---
PV Name /dev/xvdd
VG Name
PV Size 50.00 GiB
Allocatable NO
PE Size 0
Total PE 0
Free PE 0
Allocated PE 0
PV UUID nir0Nu-aCwv-ZhC7-PBNm-Bjl4-2dLh-aeOEoz
"/dev/xvde" is a new physical volume of "50.00 GiB"
--- NEW Physical volume ---
PV Name /dev/xvde
VG Name
PV Size 50.00 GiB
Allocatable NO
PE Size 0
Total PE 0
Free PE 0
Allocated PE 0
PV UUID rwfBd2-8TWU-ggDR-52zo-kU2I-uEZy-G5d34q

Ensuite, nous allons regrouper ces disques en Volume Groups (VG). Voici notre plan :

  • VG Data : contiendra les données Postgres, utilisant /dev/sda et /dev/sdb.
  • VG Logs : pour les journaux de transactions, utilisant /dev/sdc.
  • VG Backups : pour les sauvegardes, utilisant /dev/sdd.

Créez les Volume Groups :

Fenêtre de terminal
sudo vgcreate PostgresData /dev/sda /dev/sdb
Volume group "PostgresData" successfully created
sudo vgcreate PostgresLogs /dev/sdc
sudo vgcreate PostgresBackups /dev/sdd

Vérifiez que les VG ont été créés :

Fenêtre de terminal
sudo vgdisplay
--- Volume group ---
VG Name PostgresBackups
System ID
Format lvm2
Metadata Areas 1
Metadata Sequence No 1
VG Access read/write
VG Status resizable
MAX LV 0
Cur LV 0
Open LV 0
Max PV 0
Cur PV 1
Act PV 1
VG Size <50.00 GiB
PE Size 4.00 MiB
Total PE 12799
Alloc PE / Size 0 / 0
Free PE / Size 12799 / <50.00 GiB
VG UUID pK3QqH-jg8C-9dYd-IshX-KRlV-eA4n-0yy7xe
--- Volume group ---
VG Name PostgresLogs
System ID
Format lvm2
Metadata Areas 1
Metadata Sequence No 1
VG Access read/write
VG Status resizable
MAX LV 0
Cur LV 0
Open LV 0
Max PV 0
Cur PV 1
Act PV 1
VG Size <50.00 GiB
PE Size 4.00 MiB
Total PE 12799
Alloc PE / Size 0 / 0
Free PE / Size 12799 / <50.00 GiB
VG UUID fskpRw-OAEn-zvgc-z3UF-WNOe-NkuD-bQgubl
--- Volume group ---
VG Name PostgresData
System ID
Format lvm2
Metadata Areas 2
Metadata Sequence No 1
VG Access read/write
VG Status resizable
MAX LV 0
Cur LV 0
Open LV 0
Max PV 0
Cur PV 2
Act PV 2
VG Size 199.99 GiB
PE Size 4.00 MiB
Total PE 51198
Alloc PE / Size 0 / 0
Free PE / Size 51198 / 199.99 GiB
VG UUID FBlUZF-J1vs-Uqlg-cY23-EmG7-wor7-oTTw1d

Dans chaque Volume Group, nous allons maintenant créer des Logical Volumes (LV). Voici notre plan :

  • Data LV dans VG Data : 150 Go pour les bases de données Postgres.
  • Logs LV dans VG Logs : 40 Go pour les journaux de transactions.
  • Backups LV dans VG Backups : 45 Go pour les sauvegardes.

Créez les Logical Volumes :

Fenêtre de terminal
sudo lvcreate -L 150G -n PostgresData PostgresData
sudo lvcreate -L 40G -n PostgresLogs PostgresLogs
sudo lvcreate -L 45G -n PostgresBackups PostgresBackups
Logical volume "PostgresData" created.
Logical volume "PostgresLogs" created.
Logical volume "PostgresBackups" created.

Pour vérifier les Logical Volumes créés :

Fenêtre de terminal
sudo lvdisplay
--- Logical volume ---
LV Path /dev/PostgresBackups/PostgresBackups
LV Name PostgresBackups
VG Name PostgresBackups
LV UUID 5Nnukd-24x3-412T-nqBn-rgx6-7Q8U-voCcIk
LV Write Access read/write
LV Creation host, time postgres-c1.prod.local, 2025-01-13 11:22:37 +0000
LV Status available
# open 0
LV Size 45.00 GiB
Current LE 11520
Segments 1
Allocation inherit
Read ahead sectors auto
- currently set to 256
Block device 252:2
--- Logical volume ---
LV Path /dev/PostgresLogs/PostgresLogs
LV Name PostgresLogs
VG Name PostgresLogs
LV UUID 9sNEr7-lkjT-Pg7O-NOFt-d2kl-8Be5-ZawxwH
LV Write Access read/write
LV Creation host, time postgres-c1.prod.local, 2025-01-13 11:22:37 +0000
LV Status available
# open 0
LV Size 40.00 GiB
Current LE 10240
Segments 1
Allocation inherit
Read ahead sectors auto
- currently set to 256
Block device 252:1
--- Logical volume ---
LV Path /dev/PostgresData/PostgresData
LV Name PostgresData
VG Name PostgresData
LV UUID VCKlaP-lXgW-6qrx-8ppu-oSIU-EerM-wwN5JF
LV Write Access read/write
LV Creation host, time postgres-c1.prod.local, 2025-01-13 11:22:37 +0000
LV Status available
# open 0
LV Size 150.00 GiB
Current LE 38400
Segments 2
Allocation inherit
Read ahead sectors auto
- currently set to 256
Block device 252:0

Les Logical Volumes doivent être formatés avant utilisation. Utilisez le système de fichiers de votre choix, comme ext4.

Formatez les volumes logiques :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.ext4 /dev/PostgresData/PostgresData
sudo mkfs.ext4 /dev/PostgresLogs/PostgresLogs
sudo mkfs.ext4 /dev/PostgresBackups/PostgresBackups

Exemple de sortie :

Fenêtre de terminal
mke2fs 1.47.0 (5-Feb-2023)
Discarding device blocks: done
Creating filesystem with 11796480 4k blocks and 2949120 inodes
Filesystem UUID: f1488018-3771-4730-a966-0b89716986c3
Superblock backups stored on blocks:
32768, 98304, 163840, 229376, 294912, 819200, 884736, 1605632, 2654208,
4096000, 7962624, 11239424
Allocating group tables: done
Writing inode tables: done
Creating journal (65536 blocks): done
Writing superblocks and filesystem accounting information: done

Enfin, montez les Logical Volumes pour qu’ils soient accessibles par Postgres. Créez des points de montage adaptés :

Fenêtre de terminal
sudo mkdir -p /data
sudo mkdir -p /logs
sudo mkdir -p /backups

Montez les volumes :

Fenêtre de terminal
sudo mount /dev/PostgresData/PostgresData /data
sudo mount /dev/PostgresLogs/PostgresLogs /logs
sudo mount /dev/PostgresBackups/PostgresBackups /backups

Pour rendre les montages persistants après un redémarrage, ajoutez-les au fichier /etc/fstab :

/dev/PostgresData/PostgresData /mnt/Postgres/data ext4 defaults 0 0
/dev/PostgresLogs/PostgresLogs /mnt/Postgres/logs ext4 defaults 0 0
/dev/PostgresBackups/PostgresBackups /mnt/Postgres/backups ext4 defaults 0 0

Assurez-vous que tout fonctionne comme prévu :

  1. Vérifiez l’espace utilisé et disponible avec df -h.
  2. Testez les permissions en écrivant un fichier de test dans chaque point de montage.
Fenêtre de terminal
df -h
Filesystem Size Used Avail Use% Mounted on
tmpfs 795M 1.3M 793M 1% /run
/dev/vda1 193G 2.6G 191G 2% /
tmpfs 3.9G 1.1M 3.9G 1% /dev/shm
tmpfs 5.0M 0 5.0M 0% /run/lock
/dev/vda16 881M 112M 708M 14% /boot
/dev/vda15 105M 6.1M 99M 6% /boot/efi
tmpfs 795M 12K 795M 1% /run/user/1000
/dev/mapper/PostgresData-PostgresData 147G 28K 140G 1% /data
/dev/mapper/PostgresLogs-PostgresLogs 40G 24K 38G 1% /logs
/dev/mapper/PostgresBackups-PostgresBackups 44G 24K 42G 1% /backups

Une fois votre environnement LVM2 configuré, il est important de savoir comment gérer vos Physical Volumes (PV), Volume Groups (VG), et Logical Volumes (LV) au quotidien. Je vais vous montrer les opérations courantes pour manipuler ces volumes de manière efficace.

Avant de modifier quoi que ce soit, il est utile de vérifier l’état de vos volumes.

  • Afficher les Physical Volumes :

    Fenêtre de terminal
    sudo pvdisplay

    Vous obtenez des détails sur chaque disque physique utilisé par LVM2.

  • Afficher les Volume Groups :

    Fenêtre de terminal
    sudo vgdisplay

    Cela montre l’espace total, utilisé et libre pour chaque Volume Group.

  • Afficher les Logical Volumes :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvdisplay

    Utile pour voir la taille, le chemin et l’état des volumes logiques.

Outre les commandes détaillées comme pvdisplay, vgdisplay et lvdisplay, LVM2 propose des commandes plus concises et efficaces pour obtenir un aperçu rapide de l’état de vos volumes :

Pour une vue synthétique de vos disques physiques utilisés par LVM :

Fenêtre de terminal
sudo pvs

Exemple de sortie :

PV VG Fmt Attr PSize PFree
/dev/sda PostgresData lvm2 a-- 100.00g 20.00g
/dev/sdb PostgresData lvm2 a-- 100.00g 0
/dev/sdc PostgresLogs lvm2 a-- 50.00g 10.00g
/dev/sdd PostgresBackups lvm2 a-- 50.00g 5.00g

Pour connaître rapidement la taille et l’espace libre dans chaque Volume Group :

Fenêtre de terminal
sudo vgs

Exemple de sortie :

VG #PV #LV #SN Attr VSize VFree
PostgresData 2 1 0 wz--n- 199.99g 20.00g
PostgresLogs 1 1 0 wz--n- 50.00g 10.00g
PostgresBackups 1 1 0 wz--n- 50.00g 5.00g

Pour voir rapidement la liste des Logical Volumes et leur taille :

Fenêtre de terminal
sudo lvs

Exemple de sortie :

LV VG Attr LSize Pool Origin Data% Meta% Move Log Cpy%Sync Convert
PostgresData PostgresData -wi-ao---- 150.00g
PostgresLogs PostgresLogs -wi-ao---- 40.00g
PostgresBackups PostgresBackups -wi-ao---- 45.00g

Si vous manquez d’espace dans un VG, vous pouvez facilement y ajouter un nouveau disque physique.

  1. Identifiez le disque disponible :

    Fenêtre de terminal
    lsblk
  2. Convertissez-le en Physical Volume :

    Fenêtre de terminal
    sudo pvcreate /dev/sdf
  3. Ajoutez-le au Volume Group :

    Fenêtre de terminal
    sudo vgextend Data /dev/sdf

Vérifiez ensuite que l’espace total du VG a augmenté :

Fenêtre de terminal
sudo vgdisplay Data

Besoin d’agrandir un volume logique pour répondre à une augmentation de données ? Voici comment faire :

  1. Étendez la taille du volume logique :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvextend -L +20G /dev/PostgresData/PostgresData

    Cela ajoute 20 Go au volume logique nommé PostgresData.

  2. Redimensionnez le système de fichiers pour utiliser l’espace supplémentaire :

    Fenêtre de terminal
    sudo resize2fs /dev/PostgresData/PostgresData

Réduire un Logical Volume nécessite une manipulation plus prudente pour éviter la perte de données.

  1. D’abord, réduisez le système de fichiers à une taille spécifique :

    Fenêtre de terminal
    sudo resize2fs /dev/PostgresData/PostgresData 100G
  2. Ensuite, réduisez la taille du volume logique :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvreduce -L 100G /dev/PostgresData/PostgresData

Les snapshots sont parfaits pour les sauvegardes ou les tests. Voici comment les utiliser.

  • Créer un snapshot :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvcreate --size 10G --snapshot --name FirstSnapshot /dev/PostgresData/PostgresData
  • Supprimer un snapshot : Une fois le snapshot obsolète, supprimez-le pour libérer de l’espace :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvremove /dev/PostgresData/FirstSnapshot

Pour supprimer un Logical Volume, vous devez d’abord démonter son système de fichiers.

  1. Démontez le volume logique :

    Fenêtre de terminal
    sudo umount /mnt/postgresql/data
  2. Supprimez le volume logique :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvremove /dev/PostgresData/PostgresData

Avant de supprimer un VG, il faut d’abord supprimer tous ses LV.

  1. Supprimez les volumes logiques du VG :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvremove /dev/Data
  2. Supprimez ensuite le Volume Group :

    Fenêtre de terminal
    sudo vgremove Data

Une fois qu’un PV n’est plus utilisé par un VG, vous pouvez le libérer.

  1. Supprimez le PV du VG :

    Fenêtre de terminal
    sudo vgreduce Data /dev/sda
  2. Supprimez le label LVM du PV :

    Fenêtre de terminal
    sudo pvremove /dev/sda

Pour garder un œil sur vos volumes et anticiper les problèmes, utilisez ces commandes :

  • Vérifiez l’espace libre :

    Fenêtre de terminal
    sudo vgdisplay PostgresData
  • Listez les snapshots :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvs --options lv_name,origin,size,data_percent
  • Surveillez l’état général des volumes :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvscan
    ACTIVE '/dev/PostgresBackups/PostgresBackups' [45.00 GiB] inherit
    ACTIVE '/dev/PostgresLogs/PostgresLogs' [40.00 GiB] inherit
    ACTIVE Original '/dev/PostgresData/PostgresData' [150.00 GiB] inherit
    ACTIVE Snapshot '/dev/PostgresData/FirstSnapshot' [10.00 GiB] inherit

Avec ces commandes, vous avez toutes les clés en main pour gérer efficacement vos volumes LVM2. À mon avis, c’est comme avoir une boîte à outils complète pour vos disques. Et vous, quelle est votre commande préférée ? 😉

Configurer LVM2, c’est une chose, mais l’utiliser de manière efficace et performante en est une autre. Voici quelques astuces et bonnes pratiques pour tirer le meilleur parti de vos volumes logiques tout en minimisant les risques.

Avant de commencer à créer vos Volume Groups (VG) et Logical Volumes (LV), prenez le temps de planifier votre architecture :

  • Analysez vos besoins : combien d’espace chaque service ou application (comme PostgreSQL) nécessite-t-il ?
  • Séparez les données critiques : par exemple, isolez les journaux de transactions des données principales pour optimiser les performances et simplifier les sauvegardes.
  • Prévoyez de l’espace libre : laissez toujours de l’espace inutilisé dans vos VG pour gérer des augmentations imprévues.

Les snapshots sont un excellent moyen de sauvegarder vos données sans interruption de service :

  • Planifiez les snapshots : créez des snapshots réguliers pour vos volumes critiques, comme les bases de données.

  • Supprimez les snapshots obsolètes pour libérer de l’espace :

    Fenêtre de terminal
    sudo lvremove /dev/Data/PostgreSQLSnapshot

Laissez toujours de l’espace libre dans vos VG pour anticiper les besoins futurs :

  • Lors de la création de volumes logiques, n’attribuez pas tout l’espace disponible.

  • Surveillez l’espace libre régulièrement avec :

    Fenêtre de terminal
    sudo vgdisplay

Mettre en place un système de monitoring est essentiel pour anticiper les problèmes :

  • Utilisez des outils comme Prometheus et Grafana pour surveiller l’utilisation des disques.
  • Configurez des alertes pour être prévenu lorsque l’espace disponible atteint un seuil critique.

Si vous gérez plusieurs volumes ou serveurs, pensez à automatiser certaines tâches :

  • Utilisez des scripts Bash pour des opérations récurrentes, comme la création de snapshots.
  • Intégrez LVM2 dans vos outils d’automatisation comme Ansible pour gérer vos volumes sur plusieurs machines.

Protéger vos données est essentiel. Voici quelques points importants :

  • Sauvegardes hors site : en plus des snapshots, créez des sauvegardes sur un support externe ou un autre datacenter.
  • Chiffrement des volumes : utilisez LUKS pour chiffrer vos Logical Volumes si vous gérez des données sensibles.

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En conclusion, LVM2 est bien plus qu’un simple gestionnaire de volumes : c’est un véritable allié pour l’administrateur système moderne. Alors, prêt à révolutionner votre manière de gérer vos disques ?