Aller au contenu
Administration Linux medium

Partitionnement sous Linux

15 min de lecture

Le partitionnement est une étape incontournable avant d’utiliser un disque sous Linux. Il consiste à découper le disque en sections logiques, appelées partitions, chacune destinée à un usage précis : système, données, sauvegardes, etc. Bien que l’on puisse utiliser un disque sans le partitionner, structurer correctement son espace améliore la sécurité, la performance et la gestion du système.

Le partitionnement d’un disque sous Linux permet de mieux organiser les données et d’assurer une gestion plus sûre du système. Il offre plusieurs avantages pratiques, que ce soit pour un usage personnel ou pour un serveur.

  • Isolation des données : Séparer les fichiers système des fichiers utilisateurs réduit les risques en cas de problème. Par exemple, si le répertoire /home est isolé, une réinstallation du système n’effacera pas les données personnelles.

  • Optimisation de la gestion : Attribuer des partitions spécifiques à certains répertoires permet :

    • De contrôler précisément l’espace utilisé par les journaux, caches et fichiers temporaires.
    • D’éviter qu’un remplissage excessif de /tmp ou /var n’impacte le fonctionnement général du système.
  • Sauvegardes et restaurations facilitées : En partitionnant, il devient possible de sauvegarder et restaurer uniquement les parties du système qui en ont besoin, sans affecter l’ensemble du disque. Sauvegarder /home indépendamment du reste du système permet des interventions rapides et ciblées.

  • Amélioration de la sécurité : Certaines partitions peuvent se voir appliquer des options de montage restrictives dans /etc/fstab, par exemple :

    • noexec : empêcher l’exécution de fichiers sur /tmp
    • nosuid : neutraliser les droits spéciaux sur /home
    • nodev : interdire la création de fichiers de périphériques Ces options limitent les risques d’exploitation malveillante.
  • Multi-boot et cohabitation de systèmes : Le partitionnement est essentiel pour installer plusieurs systèmes d’exploitation sur le même disque. Linux peut ainsi partager le disque avec Windows ou d’autres OS, chaque système utilisant ses propres partitions distinctes.

En résumé, partitionner un disque permet d’obtenir un environnement plus stable, plus sécurisé et plus facile à administrer sous Linux.

La manière dont un disque est partitionné sous Linux influence directement la performance, la fiabilité et la facilité d’administration du système. Une bonne structure permet d’isoler les différentes parties du système pour mieux gérer les ressources et limiter les risques.

Sur une installation standard, un disque peut être découpé en plusieurs partitions principales :

  • /boot : contient les fichiers de démarrage essentiels, comme le noyau Linux et le chargeur de démarrage (GRUB). Taille typique : 512 Mo à 1 Go.
  • / (racine) : englobe tout le système de fichiers Linux. C’est là que sont installés les programmes, bibliothèques et configurations. Taille recommandée : 20 à 30 Go ou plus.
  • /home : espace dédié aux données utilisateur (documents, images, vidéos, etc.). Peut occuper tout l’espace restant disponible.
  • swap : zone utilisée comme mémoire virtuelle pour compléter la RAM physique. Sa taille dépend de la quantité de RAM installée.

Dans des environnements professionnels ou sur des serveurs, il est courant d’ajouter des partitions spécifiques :

  • /var : stocke les fichiers variables (logs système, caches d’applications, bases de données).
  • /tmp : accueille les fichiers temporaires créés par les programmes.
  • /data : dédié aux données applicatives ou aux services réseau (bases de données, sites web).
  • /opt : réservé aux applications tierces installées hors du système de paquets standard.

Adopter une telle organisation offre de nombreux avantages :

  • Séparer les données critiques : un remplissage du répertoire /var par des logs massifs n’impactera pas / si /var est sur une partition indépendante.
  • Simplifier les sauvegardes : il devient possible de sauvegarder uniquement /home ou /data sans devoir traiter l’intégralité du système.
  • Renforcer la sécurité : en appliquant des permissions ou des options de montage spécifiques à certaines partitions (noexec, nosuid, nodev).

Chaque projet, qu’il soit personnel ou professionnel, peut adapter la structure de partitionnement en fonction des besoins spécifiques du système et des données à héberger.

Avant de créer des partitions sur un disque sous Linux, il faut choisir un type de table de partitions. Ce choix détermine comment les partitions seront organisées et accessibles par le système. Deux standards coexistent : MBR et GPT.

Le Master Boot Record (MBR) est l’ancien format de table de partitions :

  • Limité à quatre partitions principales par disque.
  • Possibilité de créer une partition étendue pour contourner cette limite en ajoutant plusieurs partitions logiques.
  • Taille maximale d’un disque géré : 2 To.
  • Compatible avec pratiquement tous les systèmes d’exploitation, anciens et modernes.

Le MBR reste utilisable pour des disques de petite taille ou sur des systèmes devant rester compatibles avec des environnements anciens.

La GUID Partition Table (GPT) est le successeur du MBR, conçu pour les technologies modernes :

  • Supporte un nombre pratiquement illimité de partitions (généralement jusqu’à 128 sans configuration spéciale).
  • Nécessaire pour les disques de grande capacité (au-delà de 2 To).
  • Utilisé avec les systèmes démarrant en mode UEFI (Unified Extensible Firmware Interface).
  • Ajoute des mécanismes de protection et de récupération contre la corruption de la table de partitions.

GPT est aujourd’hui recommandé pour tous les nouveaux systèmes, en particulier les serveurs et stations de travail modernes.

CaractéristiqueMBRGPT
Partitions principales4 maximumIllimité (souvent 128)
Taille maximale du disque2 ToPlus de 8 ZiB
Compatibilité BIOSOuiOui avec BIOS/UEFI hybride
Support UEFINonOui
Mécanismes de récupérationNonOui
  • Utiliser GPT si :

    • Le disque dépasse 2 To.
    • Le système utilise UEFI au lieu du BIOS classique.
    • Vous souhaitez bénéficier de fonctionnalités avancées de gestion des partitions.
  • Utiliser MBR uniquement si :

    • Vous devez installer Linux sur un système très ancien ne supportant pas UEFI.
    • Vous travaillez avec de vieux outils ou des environnements ne gérant pas GPT.

Le choix du type de table est une décision structurante : elle doit être faite avant toute création de partition et formatage du disque.

Lors du partitionnement d’un disque sous Linux, il est essentiel de comprendre les différents types de partitions que l’on peut créer, en fonction de l’usage prévu et de la structure de la table de partitions (MBR ou GPT).

  • Contient un système de fichiers ou directement un système d’exploitation.
  • Sous MBR, il est possible d’avoir jusqu’à quatre partitions principales.
  • Chaque partition principale peut être utilisée indépendamment pour stocker des données ou héberger un OS.
  • Sert de conteneur pour créer plusieurs partitions logiques.
  • Permet de dépasser la limite de 4 partitions principales imposée par le MBR.
  • Une seule partition étendue est autorisée par disque.
  • À l’intérieur de la partition étendue, il est possible de créer de nombreuses partitions logiques.
  • Se trouve à l’intérieur d’une partition étendue (MBR).
  • Fonctionne comme une partition classique pour le stockage ou le montage de systèmes de fichiers.
  • Utilisée pour contourner la limite de 4 partitions principales.

Pour les systèmes utilisant UEFI, une partition spéciale est nécessaire :

  • Partition EFI System (ESP) :
    • Stocke les fichiers de démarrage (.efi) nécessaires à l’amorçage du système.
    • Doit être formatée en FAT32.
    • Typiquement montée sur /boot/efi.
    • Taille recommandée : 512 Mo.

La bonne gestion des types de partitions est essentielle pour assurer une installation Linux stable, compatible avec le matériel récent et prête à évoluer selon les besoins futurs.

Le partitionnement prépare un disque pour y organiser des données de manière structurée et fiable. Avant de procéder, il est essentiel de choisir la bonne table de partitions (MBR ou GPT) et de planifier l’organisation logique adaptée à vos besoins.

Le premier choix à faire est celui de la structure de la table de partitions :

  • MBR (Master Boot Record) :

    • Ancien format, limité à 4 partitions principales par disque.
    • Utilisé pour des systèmes anciens ou des disques de moins de 2 To.
  • GPT (GUID Partition Table) :

    • Format moderne, compatible UEFI.
    • Supporte de nombreux volumes et des disques de grande capacité (>2 To).

Conseil : pour tout disque récent ou utilisé sur un système UEFI, privilégier GPT.

Selon l’usage du disque, différentes partitions peuvent être créées pour séparer les données et optimiser la gestion du système.

Exemple de schéma de partitionnement :

Point de montageTaille suggéréeType de partition
/boot/efi512 MoEFI System Partition (FAT32)
/20–30 GoLinux filesystem (ext4)
swap2–4 Go ou plus selon la RAMLinux swap
/homeReste du disqueLinux filesystem (ext4)

Adapter les tailles en fonction du rôle du système (poste de travail, serveur, stockage).

Avant de créer des partitions, initialiser le disque avec une table de partitions.

Pour créer une table GPT avec parted :

Fenêtre de terminal
sudo parted /dev/sdX mklabel gpt

Pour créer une table MBR :

Fenêtre de terminal
sudo parted /dev/sdX mklabel msdos

Remplacer /dev/sdX par l’identifiant correct du disque (/dev/sda, /dev/sdb…).

Avec fdisk (pour MBR uniquement) :

  1. Lancer fdisk :
Fenêtre de terminal
sudo fdisk /dev/sdX
  1. Dans l’interface interactive :
    • Taper n pour créer une nouvelle partition.
    • Choisir entre partition principale ou logique.
    • Définir les secteurs de début et de fin ou la taille.
    • Taper w pour écrire les modifications.

Avec gdisk (pour GPT) :

  1. Lancer gdisk :
Fenêtre de terminal
sudo gdisk /dev/sdX
  1. Dans l’interface interactive :
    • Taper n pour créer une partition.
    • Suivre les indications pour choisir le type et la taille.

Avec parted (pour MBR ou GPT) :

Créer une partition primaire de 20 Go :

Fenêtre de terminal
sudo parted /dev/sdX mkpart primary ext4 1MiB 20GiB

Créer une partition qui utilise tout l’espace restant :

Fenêtre de terminal
sudo parted /dev/sdX mkpart primary ext4 20GiB 100%

Pour effacer une partition existante :

Avec fdisk :

Fenêtre de terminal
sudo fdisk /dev/sdX
  • Taper d pour supprimer.
  • Sélectionner la partition.
  • Taper w pour valider.

Avec parted :

Fenêtre de terminal
sudo parted /dev/sdX rm N

Remplacer N par le numéro de la partition.

Vérifier la table de partitions est toujours conseillé avant et après modifications.

Utiliser lsblk :

Fenêtre de terminal
lsblk

Utiliser fdisk -l :

Fenêtre de terminal
sudo fdisk -l

Utiliser parted en mode interactif :

Fenêtre de terminal
sudo parted /dev/sdX print

Ces outils affichent toutes les partitions présentes, leurs tailles, types et points de montage éventuels. Un bon partitionnement prépare efficacement le disque pour son utilisation future, qu’il s’agisse d’un poste de travail ou d’un serveur en production.

Une fois les partitions créées, il est nécessaire de les formater afin d’y installer un système de fichiers. Le formatage prépare l’espace de stockage pour recevoir des données de manière structurée, selon le type de système choisi.

Sous Linux, l’outil principal de formatage est mkfs (make filesystem), décliné selon le système de fichiers utilisé. Voici un aperçu des commandes disponibles :

Système de fichiersCommande de formatage
EXT4mkfs.ext4
XFSmkfs.xfs
Btrfsmkfs.btrfs
FAT32mkfs.vfat
NTFSmkfs.ntfs

EXT4 est le système de fichiers recommandé pour la majorité des distributions Linux modernes :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.ext4 /dev/sdXN

/dev/sdXN représente la partition ciblée (par exemple /dev/sda1).

XFS est optimisé pour les très grands fichiers et les systèmes à forte volumétrie :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.xfs /dev/sdXN

XFS est particulièrement utilisé sur les serveurs de bases de données et les systèmes de fichiers volumineux.

Btrfs offre des fonctionnalités avancées comme la gestion des snapshots et la compression transparente :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.btrfs /dev/sdXN

À utiliser lorsque vous avez besoin d’une flexibilité avancée dans la gestion de vos volumes.

FAT32 est utile pour les disques amovibles destinés à être lus sur plusieurs systèmes (Linux, Windows, macOS) :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.vfat /dev/sdXN

Ajouter un label au disque lors du formatage :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.vfat -n "LABEL" /dev/sdXN

NTFS est utilisé principalement pour les partitions devant être compatibles avec Windows :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.ntfs /dev/sdXN

Il est conseillé d’installer le paquet ntfs-3g pour bénéficier d’une meilleure prise en charge sous Linux.

Définir un label pour une partition EXT4 :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.ext4 -L NOM_LABEL /dev/sdXN

Forcer le formatage sans confirmation préalable :

Fenêtre de terminal
sudo mkfs.ext4 -F /dev/sdXN

Le formatage est une étape critique : il efface toutes les données existantes sur la partition ciblée. Une fois le système de fichiers créé, la partition est prête à être montée et utilisée dans l’arborescence Linux.

Le partitionnement et le formatage d’un disque sous Linux sont des étapes fondamentales pour structurer efficacement le stockage. Vous disposez maintenant de partitions prêtes à l’emploi, adaptées à vos besoins. La prochaine étape logique consiste à monter ces partitions dans l’arborescence du système afin de les rendre accessibles : passons donc aux commandes de montage sous Linux.