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Conteneurs & Orchestration high

Docker : 8 guides complet pour maîtriser Docker de A à Z

14 min de lecture

logo docker

Vous avez déjà eu ce problème : « Ça marche sur ma machine, mais pas en production » ? Docker résout exactement ce casse-tête. Ce guide central vous apprend ce qu’est Docker, pourquoi il est devenu incontournable, et vous oriente vers les guides spécialisés selon votre niveau.

Que vous soyez développeur, administrateur système ou simplement curieux de la conteneurisation, vous trouverez ici les fondamentaux pour comprendre Docker et les liens vers tous les guides pratiques du site.

  • Image vs Conteneur : la différence fondamentale et le cycle de vie (created → running → exited)
  • Layers et cache : pourquoi Docker est si efficace pour les builds et téléchargements
  • Installation : Docker Engine (Linux) vs Docker Desktop (Windows/macOS) vs Colima
  • CLI essentielle : run, ps, logs, exec, build, push — les commandes du quotidien
  • Volumes : persistance des données avec volumes nommés, bind mounts et tmpfs
  • Réseaux : bridge, host, overlay — connecter et isoler vos conteneurs
  • Secrets : gérer mots de passe et tokens sans les exposer dans les images
  • Daemon : configurer storage drivers, logging et registry mirrors
  • Sécurité : rootless, capabilities, seccomp, scan de vulnérabilités

Imaginez que vous déménagiez. Deux options s’offrent à vous :

  1. Option classique : emballer chaque objet séparément dans des cartons de tailles différentes, noter sur chaque carton ce qu’il contient, espérer que rien ne casse pendant le transport, puis tout déballer et réorganiser à l’arrivée.

  2. Option conteneur : utiliser des conteneurs standards où tout est parfaitement rangé, protégé, et transportable. À l’arrivée, vous ouvrez le conteneur et tout est déjà en place.

Docker fonctionne exactement comme la deuxième option, mais pour vos applications.

Avant Docker, déployer une application ressemblait à un parcours du combattant. Prenons un exemple concret :

Scénario classique : vous développez une application Python 3.11 avec Flask et PostgreSQL. Sur votre machine, tout fonctionne parfaitement. Mais quand vous déployez en production :

  • Le serveur a Python 3.9 (pas 3.11)
  • La version de PostgreSQL est différente
  • Il manque une bibliothèque système
  • Les chemins de fichiers ne sont pas les mêmes

Résultat ? Le fameux « ça marche chez moi » — cette phrase que tout développeur a entendue (ou prononcée) au moins une fois.

Sans DockerAvec Docker
L’app fonctionne sur le poste du dev mais échoue en prodL’app fonctionne de manière identique partout
Chaque serveur nécessite une configuration manuelleL’environnement est packagé avec l’application
Conflits de versions entre applicationsChaque conteneur a ses propres dépendances isolées
Mise à jour risquée (peut casser d’autres apps)Conteneurs indépendants les uns des autres
Déploiement long et risquéDéploiement rapide et reproductible

Docker est une plateforme open source qui permet de packager une application avec tout ce dont elle a besoin (code, bibliothèques, configuration, variables d’environnement) dans une unité appelée conteneur.

Ce conteneur peut ensuite s’exécuter de manière identique sur n’importe quel serveur où Docker est installé — que ce soit votre laptop, un serveur d’entreprise, ou une instance cloud AWS/GCP/Azure.

Architecture Docker : le client CLI communique avec le daemon qui gère images, conteneurs, volumes et réseaux

Docker vs Machine Virtuelle : quelle différence ?

Section intitulée « Docker vs Machine Virtuelle : quelle différence ? »

Si vous connaissez les machines virtuelles (VM), vous vous demandez peut-être : « Pourquoi ne pas simplement utiliser une VM ? »

La réponse tient en un mot : légèreté.

Une machine virtuelle embarque un système d’exploitation complet. C’est comme si vous transportiez une maison entière (fondations, murs, toit, plomberie, électricité) pour chaque application. Chaque VM a son propre noyau Linux/Windows, ses propres drivers, ses propres services système.

Un conteneur Docker, lui, partage le noyau Linux de la machine hôte. Il ne transporte que le strict nécessaire : votre application et ses dépendances directes. C’est comme transporter uniquement les meubles et objets personnels, en utilisant les infrastructures (eau, électricité) déjà présentes.

Comparaison VM vs Conteneur : les VM embarquent un OS complet tandis que les conteneurs partagent le noyau de l'hôte

CritèreMachine virtuelleConteneur Docker
DémarrageMinutes (boot complet de l’OS)Secondes (simple processus)
Taille disqueGigaoctets (OS complet)Mégaoctets (app seule)
Mémoire RAMRéservée en bloc (ex: 4 Go minimum)Partagée dynamiquement
IsolationComplète (hyperviseur matériel)Processus (namespaces Linux)
Densité10-20 VM par serveurCentaines de conteneurs
PortabilitéMoyenne (format VM propriétaire)Excellente (standard OCI)

En pratique : vous pouvez lancer des dizaines de conteneurs sur un laptop ordinaire, là où vous seriez limité à 2-3 VM. Et chaque conteneur démarre en 1-2 secondes au lieu de 30-60 secondes pour une VM.

L’histoire de Docker commence en 2010, lorsque Solomon Hykes, un ingénieur français, travaille sur un projet de virtualisation légère chez dotCloud (une plateforme PaaS). L’idée : simplifier le déploiement d’applications en utilisant les conteneurs Linux — une technologie existante (LXC) mais complexe à utiliser.

Timeline de l'histoire de Docker : de dotCloud (2010) à aujourd'hui, en passant par l'open source (2013), l'adoption cloud (2014-2015), l'OCI (2015), containerd vers CNCF (2017), la dépréciation de dockershim (2020) et BuildKit par défaut (2023)
AnnéeÉvénementImpact
2010Création de dotCloudSolomon Hykes travaille sur la virtualisation légère
2013Docker open source« Build once, run anywhere » — la révolution commence
2014-15Adoption explosiveGoogle, Microsoft, Amazon intègrent Docker
2015Fondation de l’OCIStandardisation des formats de conteneurs
2017containerd → CNCFKubernetes adopte containerd comme runtime
2020K8s deprecate dockershimMigration vers containerd/CRI-O
2023Docker 23.0BuildKit devient le builder par défaut
Aujourd’huiStandard de factoDes millions d’utilisateurs, écosystème OCI

Maintenant que vous comprenez les bases, choisissez votre point de départ selon votre niveau et vos objectifs.

Avant de plonger dans les guides pratiques, maîtrisez les briques de base de Docker. Ces concepts reviendront constamment — les comprendre maintenant vous fera gagner un temps précieux.

Une image Docker est comme une recette de cuisine. Elle contient toutes les instructions et ingrédients pour préparer un plat (votre application), mais ce n’est pas le plat lui-même.

Plus techniquement, une image est un package immuable qui contient :

  • Le code de votre application
  • Les bibliothèques et dépendances nécessaires
  • Les fichiers de configuration
  • Les variables d’environnement

Une fois créée, une image ne change jamais. C’est cette immutabilité qui garantit la reproductibilité.

Un conteneur est une instance en cours d’exécution d’une image. Si l’image est la recette, le conteneur est le plat préparé et servi.

Contrairement à l’image (immuable), un conteneur a un état qui peut changer : des fichiers peuvent être créés, modifiés, supprimés pendant son exécution. Mais attention : ces modifications disparaissent quand le conteneur est supprimé (sauf si vous utilisez des volumes).

Un conteneur fonctionne dans un environnement isolé grâce à deux mécanismes Linux :

  • Les namespaces : isolent ce que le conteneur voit (processus, réseau, utilisateurs…)
  • Les cgroups : limitent ce que le conteneur utilise (CPU, mémoire, I/O…)

Chaque instruction du Dockerfile crée une couche dans l’image finale. Ces couches sont empilées les unes sur les autres et forment ensemble l’image complète.

L’intérêt de ce système de couches est l’optimisation :

  • Cache : si une couche n’a pas changé, Docker la réutilise au lieu de la reconstruire
  • Partage : plusieurs images basées sur la même image de base partagent les couches communes
  • Téléchargement : seules les couches manquantes sont téléchargées

Les volumes résolvent un problème fondamental : comment conserver des données alors que les conteneurs sont éphémères ?

TypeDescriptionCas d’usage
Volume nomméGéré par Docker, stocké dans /var/lib/docker/volumes/Bases de données, fichiers persistants
Bind mountPointe vers un chemin sur l’hôteDéveloppement (code source)
tmpfsStocké en mémoire uniquementDonnées sensibles temporaires

Docker crée automatiquement des réseaux virtuels pour que vos conteneurs puissent communiquer entre eux et avec l’extérieur.

Type de réseauDescriptionQuand l’utiliser
bridgeRéseau isolé par défautApplications multi-conteneurs sur une seule machine
hostPartage la pile réseau de l’hôtePerformance réseau maximale (pas d’isolation)
overlayCommunication entre hôtes différentsClusters Docker Swarm ou Kubernetes
nonePas de réseauConteneurs sans accès réseau (sécurité)

Guide complet des réseaux Docker

Cette section regroupe tous les guides Docker du site. Chacun est autonome mais ils se complètent pour former un parcours complet.

GuidePour qui ?Temps de lecture
ConceptsDébutants15 min
InstallationDébutants15 min
CLIDébutants → Intermédiaires20 min
VolumesIntermédiaires15 min
RéseauxIntermédiaires15 min
SecretsIntermédiaires → Avancés15 min
DaemonAvancés20 min
SécuritéAvancés → Experts30 min

Docker ne se limite pas au moteur de conteneurs. Voici les composants clés de l’écosystème :

Docker Engine

Le cœur : daemon + CLI pour créer et gérer les conteneurs. C’est ce que vous installez sur un serveur Linux.

Docker Hub

Registre public avec des milliers d’images officielles (nginx, postgres, python…). Gratuit pour les images publiques.

Docker Compose

Outil pour définir et lancer des applications multi-conteneurs via un fichier YAML. Indispensable pour le développement.

Docker Desktop

Application GUI pour Windows et macOS. Inclut Engine, CLI, Compose. Attention : licence commerciale pour les entreprises > 250 employés.

Docker n’est pas le seul outil de conteneurisation. Selon votre contexte, ces alternatives peuvent être pertinentes :

OutilDescriptionQuand l’utiliser
PodmanCompatible Docker, rootless par défautSécurité renforcée, environnements sans daemon
ColimaAlternative légère à Docker DesktopmacOS, éviter la licence Docker Desktop
containerdRuntime bas niveauKubernetes (qui l’utilise en interne)
nerdctlCLI compatible Docker pour containerdUtiliser containerd avec la syntaxe Docker
  1. Docker résout le problème « ça marche chez moi » en packageant l’application avec tout son environnement dans un conteneur portable.

  2. Un conteneur n’est pas une VM : il partage le noyau Linux de l’hôte, démarre en secondes, et consomme beaucoup moins de ressources.

  3. Image = recette, Conteneur = plat : l’image est immuable (template), le conteneur est l’instance en cours d’exécution.

  4. Le système de layers optimise tout : cache de build, partage entre images, téléchargements partiels.

  5. Les volumes persistent les données au-delà de la vie du conteneur — indispensable pour les bases de données.

  6. Docker Compose est votre ami pour les applications multi-conteneurs (web + base de données + cache…).

  7. La sécurité n’est pas optionnelle : images officielles, scans de vulnérabilités, moindre privilège, rootless si possible.