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Cloud high

Cloud Computing : définition et 5 promesses fondamentales

14 min de lecture

Quand on parle de “cloud”, on pense souvent à “mettre ses données sur Internet”. C’est réducteur. Le cloud computing est un modèle d’infrastructure qui repose sur 5 promesses fondamentales : payer uniquement ce qu’on consomme (pay-as-you-go), s’adapter automatiquement à la charge (élasticité), se servir soi-même sans intermédiaire (libre-service), mutualiser les ressources, et garantir la disponibilité. Ce guide vous explique ce qu’est vraiment le cloud et pourquoi ces promesses changent tout.

  • La définition technique du cloud computing selon le NIST
  • Les 5 promesses fondamentales que doit tenir un vrai cloud
  • Le modèle économique pay-as-you-go et ses implications
  • Les avantages concrets par rapport à une infrastructure traditionnelle

Aucun prérequis technique — ce guide est conçu pour les débutants.

Définition : qu’est-ce que le cloud computing ?

Section intitulée « Définition : qu’est-ce que le cloud computing ? »

Le National Institute of Standards and Technology (NIST), référence mondiale en informatique, définit le cloud computing comme :

Un modèle permettant un accès réseau à la demande, pratique et ubiquitaire (depuis n’importe où) à un ensemble partagé de ressources informatiques configurables (réseaux, serveurs, stockage, applications, services) qui peuvent être rapidement provisionnées et libérées avec un minimum d’effort de gestion ou d’interaction avec le fournisseur.

Concrètement, le cloud, c’est :

  • Louer des ressources informatiques plutôt que les acheter
  • Accéder à ces ressources via Internet
  • Payer uniquement ce qu’on consomme
  • Scaler (augmenter ou réduire) ces ressources à la demande
  • Ne pas gérer l’infrastructure physique

Pour qu’une infrastructure soit considérée comme du “vrai cloud”, elle doit tenir 5 promesses essentielles. Ces caractéristiques distinguent le cloud d’un simple hébergement ou d’un datacenter classique.

La promesse : Vous payez uniquement ce que vous consommez, à la minute ou à l’heure près. Pas de CAPEX (investissement initial), uniquement de l’OPEX (coûts d’exploitation variables).

Comparaison CAPEX (investissement traditionnel) vs OPEX (cloud pay-as-you-go)

Dans l’infrastructure traditionnelle, vous devez acheter suffisamment de serveurs pour gérer votre pic de charge (Black Friday, lancement de produit, campagne marketing). Le reste du temps, 70 à 90 % de cette capacité reste inutilisée — mais vous avez déjà payé.

Avec le cloud :

  • Vous créez 10 serveurs à 9h du matin pour un pic de trafic
  • Vous les utilisez pendant 6 heures
  • Vous les supprimez à 15h
  • Vous payez seulement 6 heures de 10 serveurs

💰 Infrastructure traditionnelle

Modèle CAPEX : vous achetez 100 serveurs pour gérer les pics

  • Coût initial : 500 000 € (matériel + installation)
  • Utilisation moyenne : 30 % de la capacité
  • Gaspillage : 70 % du budget dort la plupart du temps
  • Délai : 2 à 6 mois entre l’achat et la mise en service

Verdict : Coûts fixes élevés avant même de générer du revenu.

☁️ Cloud pay-as-you-go

Modèle OPEX : vous louez ce dont vous avez besoin, quand vous en avez besoin

  • Coût initial : 0 € (pas d’achat de matériel)
  • Utilisation moyenne : vous ajustez en permanence
  • Gaspillage : proche de 0 % (vous arrêtez ce qui ne sert pas)
  • Délai : quelques secondes pour créer une ressource

Verdict : Coûts variables alignés sur votre activité réelle.

AspectImpact
BudgetTransformation des CAPEX en OPEX → plus besoin d’investir massivement au départ
InnovationVous pouvez tester une idée avec 50 € et scaler si ça fonctionne
OptimisationVous êtes incité à éteindre ce qui ne sert pas (environnements de test, serveurs de nuit…)
RisqueSi vous ne surveillez pas, les coûts peuvent exploser (ressources oubliées, sur-dimensionnement)

La promesse : Vos ressources s’adaptent automatiquement à la charge. Trafic qui monte ? Le cloud ajoute des serveurs. Trafic qui descend ? Il en retire.

⬆️ Scaling vertical (scale up)

Augmenter la puissance d’une seule machine : passer de 2 CPU à 8 CPU, de 4 GB RAM à 32 GB RAM.

Avantage : Simple, pas de changement d’architecture.

Limite : Vous finirez par atteindre la capacité maximale disponible (et c’est cher).

➡️ Scaling horizontal (scale out)

Ajouter plus de machines identiques pour répartir la charge (de 5 serveurs à 50 serveurs).

Avantage : Quasi illimité, plus résilient (si un serveur tombe, les autres continuent).

Complexité : Nécessite une architecture distribuée (load balancer, sessions partagées…).

Imaginez un site e-commerce qui vend des jouets :

  • Janvier-novembre : 5 serveurs suffisent (trafic normal ~10 000 visiteurs/jour)
  • Black Friday + Noël : pic à 200 000 visiteurs/jour → le cloud ajoute automatiquement 45 serveurs
  • 26 décembre : retour à la normale → le cloud retire les serveurs supplémentaires

Sans cloud : Vous auriez acheté 50 serveurs (pour le pic) qui dorment 11 mois sur 12.

Avec cloud : Vous payez 5 serveurs 11 mois + 50 serveurs quelques semaines.

La promesse : Vous créez, modifiez et supprimez vos ressources vous-même, sans passer par un technicien ou un service commercial.

Dans un datacenter traditionnel, pour obtenir un nouveau serveur :

  1. Remplir un bon de commande ou créer un ticket
  2. Attendre validation du manager
  3. Attendre validation des achats
  4. Attendre la livraison du matériel (3 semaines à 3 mois)
  5. Attendre qu’un technicien l’installe dans un rack
  6. Attendre la configuration par l’équipe système
  7. Recevoir enfin les accès

Délai typique : 2 semaines à 6 mois. Pendant ce temps, vos concurrents avancent.

  1. Vous vous connectez à la console web (ou utilisez un script)
  2. Vous choisissez le type de serveur, la taille, la région
  3. Vous cliquez sur “Créer”
  4. 30 secondes plus tard, votre serveur est prêt

Cette autonomie change radicalement la vitesse d’innovation. Vous pouvez tester une idée le matin et l’abandonner l’après-midi si ça ne fonctionne pas — sans avoir engagé 100 000 € de matériel.

4. Mutualisation des ressources (resource pooling)

Section intitulée « 4. Mutualisation des ressources (resource pooling) »

La promesse : Le fournisseur cloud mutualise ses datacenters entre des milliers de clients. Vous profitez d’une infrastructure massive sans avoir à l’acheter.

Imaginez un parking de 1000 places. Si chaque entreprise du quartier devait construire son propre parking pour ses employés, ce serait un gaspillage énorme (les places sont vides la nuit, le week-end…). Un parking partagé optimise l’utilisation : chacun paye uniquement quand il utilise une place.

Le cloud fait pareil :

  • Les fournisseurs cloud (Outscale, OVH, Scaleway, et les hyperscalers) ont des datacenters de plusieurs milliers à centaines de milliers de serveurs
  • Ces serveurs sont répartis entre des milliers de clients
  • Quand vous n’utilisez pas une ressource, elle est disponible pour quelqu’un d’autre
  • Vous bénéficiez d’une infrastructure de niveau professionnel que vous ne pourriez jamais vous payer seul
AvantageExplication
Économies d’échelleAcheter 100 000 serveurs coûte beaucoup moins cher par serveur que d’en acheter 10
RésilienceUn datacenter massif a plus de redondances (alimentations, réseau, refroidissement) qu’une petite salle serveur
InnovationLes fournisseurs investissent massivement en R&D (IA, GPU, réseau très haut débit…)
EnvironnementMutualiser l’utilisation réduit le gaspillage énergétique global

La promesse : Le cloud mesure précisément ce que vous consommez (CPU, RAM, stockage, bande passante) et vous facture en conséquence.

Dans un datacenter classique, difficile de savoir exactement combien coûte votre application. Avec le cloud :

  • Vous voyez en temps réel combien chaque ressource consomme
  • Vous pouvez tagger vos ressources par projet, équipe, environnement
  • Vous recevez des rapports détaillés de consommation (Cost Explorer, Cost Management…)
  • Vous pouvez définir des budgets et recevoir des alertes si vous les dépassez
RessourceMétrique facturéeExemple
VM (serveur)Heures de fonctionnement × type d’instance0,05 €/heure pour 2 vCPU + 4 GB RAM
Stockage objetGB stockés + nombre de requêtes0,02 €/GB/mois + 0,0004 € pour 1000 requêtes GET
Base de donnéesHeures × type d’instance + stockage + IOPS0,10 €/heure + 0,10 €/GB + 0,10 €/million IOPS
Bande passanteGB transférés (souvent gratuit en entrée, payant en sortie)Sortie vers Internet : 0,09 €/GB

Comparaison : cloud vs infrastructure traditionnelle

Section intitulée « Comparaison : cloud vs infrastructure traditionnelle »
CritèreInfrastructure traditionnelleCloud computing
Modèle économiqueCAPEX : achat de matériel (500 k€ minimum)OPEX : paiement à l’usage (dès 10 €/mois)
Délai de provisioning2 semaines à 6 mois30 secondes à 5 minutes
ScalabilitéManuelle, lente, limitéeAutomatique, rapide, quasi illimitée
GestionVous gérez tout (matériel, OS, réseau, sécurité physique…)Vous gérez l’applicatif, le cloud gère l’infra
RésilienceVous devez tout prévoir (onduleurs, groupes électrogènes, redondance réseau…)Incluse dans l’offre (multi-AZ, SLA 99,9%+)
InnovationLimitée par votre budget matérielAccès aux dernières technologies (GPU, IA, Kubernetes…)

Le cloud computing repose sur 5 promesses fondamentales :

  1. Pay-as-you-go : Payer uniquement ce qu’on consomme, transformer les CAPEX en OPEX
  2. Élasticité : S’adapter automatiquement à la charge (scale up/down)
  3. Libre-service : Créer et gérer vos ressources vous-même, sans intermédiaire
  4. Mutualisation : Profiter d’une infrastructure massive partagée entre clients
  5. Disponibilité mesurée : Connaître précisément votre consommation et vos coûts

Ces promesses transforment le modèle économique de l’IT : vous passez d’investissements lourds et rigides à des coûts variables alignés sur votre activité réelle.

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