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Cloud medium

Modèles cloud : IaaS, PaaS, SaaS — comprendre et choisir

16 min de lecture

Vous entendez parler d’IaaS, PaaS, SaaS sans vraiment comprendre ce qui les distingue ? Ces trois acronymes représentent les trois façons fondamentales de consommer des services cloud. La différence ? Le niveau de responsabilité que vous conservez.

Ce guide clarifie ces trois modèles de services cloud en expliquant ce que vous gérez et ce que le fournisseur gère dans chaque cas. À la fin, vous saurez choisir le modèle adapté à votre projet — et surtout, vous comprendrez pourquoi ce choix est important.

Ce guide pose les bases pour comprendre l’offre cloud :

CompétenceCe que vous saurez faire
Distinguer les modèlesExpliquer IaaS, PaaS, SaaS avec des exemples concrets
Comprendre les responsabilitésIdentifier qui gère quoi (vous vs le fournisseur)
Choisir le bon modèleSélectionner le modèle adapté à votre contexte
Éviter les piègesReconnaître les erreurs courantes de choix

Pour comprendre les modèles cloud, imaginons que vous voulez manger une pizza. Vous avez plusieurs options, de la plus laborieuse à la plus simple :

🏠 On-Premise

Tout faire vous-même

Vous cultivez les tomates, élevez les vaches pour le fromage, construisez le four, préparez la pâte et cuisez la pizza.

En cloud : Vos propres serveurs dans votre datacenter. Vous gérez tout, du matériel à l’application.

Verdict : Contrôle total, mais énormément de travail.

🛒 IaaS

Acheter les ingrédients

Vous achetez les ingrédients au supermarché (tomates, fromage, pâte). Vous utilisez votre four et faites la pizza vous-même.

En cloud : Le fournisseur vous donne l’infrastructure (serveurs, réseau, stockage). Vous installez l’OS, les middlewares et vos apps.

Verdict : Moins de travail de base, mais vous cuisinez encore.

📦 PaaS

Pizza à emporter non cuite

Vous commandez une pizza préparée mais pas cuite. Vous la mettez au four et la personnalisez (fromage, herbes).

En cloud : Le fournisseur vous donne une plateforme prête (OS, runtime, BDD managée). Vous déployez uniquement votre code.

Verdict : La préparation est faite, vous gérez la cuisson finale.

🍽️ SaaS

Manger au restaurant

Vous allez au restaurant, commandez une pizza et la mangez. Pas de cuisine, pas de vaisselle.

En cloud : Le fournisseur vous donne une application prête à l’emploi (Gmail, Salesforce, Slack). Vous l’utilisez, point.

Verdict : Service complet, aucun effort technique.

Définition : Le fournisseur vous loue l’infrastructure de base (serveurs virtuels, stockage, réseau). Vous gérez tout ce qui est au-dessus : système d’exploitation, middlewares, applications, données.

En pratique : Quand vous lancez une VM (machine virtuelle) sur AWS EC2 ou Outscale, vous obtenez l’équivalent d’un serveur physique, mais virtualisé. Vous choisissez la puissance (CPU, RAM), le stockage, et vous installez ce que vous voulez dessus — exactement comme si vous aviez un serveur dans votre datacenter, mais sans gérer le matériel physique.

Ce que le fournisseur gère :

  • Datacenters physiques (bâtiments, électricité, refroidissement)
  • Serveurs physiques et hyperviseurs
  • Réseau physique et virtualisation réseau
  • Stockage physique

Ce que vous gérez :

  • Systèmes d’exploitation (installation, mises à jour, patches)
  • Configuration réseau virtuel (firewall, load balancer)
  • Middlewares (serveurs web, bases de données)
  • Applications et données
  • Sécurité de vos workloads

Exemples concrets :

FournisseurService IaaS
AWSEC2, EBS, VPC
AzureVirtual Machines, Managed Disks
GCPCompute Engine, Persistent Disk
OUTSCALEVM, Net, Block Storage

Cas d’usage typiques :

  • Migration “lift and shift” d’applications existantes
  • Besoin de contrôle total sur l’infrastructure
  • Applications avec des exigences spécifiques (GPU, configurations particulières)
  • Environnements de développement/test flexibles

Définition : Le fournisseur gère l’infrastructure ET la plateforme d’exécution. Vous déployez uniquement votre code. Plus besoin de gérer les serveurs, les mises à jour système ou les middlewares.

En pratique : Imaginez que vous développez une application Python. Avec PaaS, vous faites un git push et votre application est en ligne. Pas de serveur à configurer, pas d’OS à mettre à jour, pas de certificat SSL à gérer. Le fournisseur s’occupe de tout ça. Vous vous concentrez sur ce qui compte : votre code métier.

Le gain réel : Une équipe qui passe de IaaS à PaaS récupère souvent 20-40% de temps précédemment consacré à la maintenance infrastructure. Ce temps peut être réinvesti dans le développement produit.

Ce que le fournisseur gère :

  • Tout ce que gère IaaS, plus :
  • Système d’exploitation (patches, mises à jour)
  • Runtime (Java, Python, Node.js…)
  • Middlewares et bases de données managées
  • Scaling automatique
  • Haute disponibilité de la plateforme

Ce que vous gérez :

  • Votre code applicatif
  • La configuration de l’application
  • Les données
  • La sécurité applicative (authentification, autorisation)

Exemples concrets :

FournisseurService PaaS
AWSElastic Beanstalk, App Runner, Lambda
AzureApp Service, Azure Functions
GCPApp Engine, Cloud Run, Cloud Functions
HerokuHeroku Platform
VercelVercel Platform
ScalingoScalingo Platform

Cas d’usage typiques :

  • Développement d’applications web/API modernes
  • Équipes sans expertise infrastructure
  • Besoin de déploiements rapides et fréquents
  • Applications avec charge variable (scaling automatique)

Définition : Le fournisseur gère tout, de l’infrastructure à l’application. Vous utilisez un logiciel prêt à l’emploi via un navigateur ou une API.

En pratique : Quand vous utilisez Gmail, Slack ou Salesforce, vous utilisez du SaaS. Vous ne savez pas (et n’avez pas besoin de savoir) sur quels serveurs tourne l’application, quel OS est utilisé, ni comment le scaling est géré. Vous payez un abonnement, vous utilisez le service.

Le compromis : Vous gagnez énormément en simplicité, mais vous perdez en personnalisation. Avec SaaS, vous utilisez l’application telle qu’elle est conçue. Si elle ne correspond pas à 100% à vos besoins, vous devez vous adapter ou chercher une alternative.

Ce que le fournisseur gère :

  • Infrastructure complète
  • Plateforme et runtime
  • Application elle-même
  • Mises à jour fonctionnelles
  • Support et maintenance

Ce que vous gérez :

  • Configuration utilisateur (préférences, paramètres)
  • Vos données dans l’application
  • Gestion des accès utilisateurs
  • Intégrations avec d’autres outils

Exemples concrets :

CatégorieExemples SaaS
EmailGmail, Microsoft 365
CRMSalesforce, HubSpot
CommunicationSlack, Teams, Zoom
MonitoringDatadog, New Relic
CI/CDGitHub Actions, GitLab SaaS
Gestion de projetJira, Asana, Notion

Cas d’usage typiques :

  • Besoins standards couverts par des solutions existantes
  • Pas de compétences ou de volonté de gérer l’infrastructure
  • Démarrage rapide sans investissement initial
  • Fonctionnalités complexes difficiles à développer soi-même

Ce tableau est la clé pour comprendre les modèles cloud. Il résume les responsabilités selon le modèle. Plus une case est “Vous”, plus vous avez de travail (et de contrôle).

Comment lire ce tableau : Prenez la colonne IaaS. Vous voyez que vous gérez les Applications, Données, Runtime, Middleware et OS. C’est beaucoup ! Maintenant regardez PaaS : vous ne gérez plus que Applications et Données. Le fournisseur a pris en charge 3 couches supplémentaires.

CoucheOn-PremiseIaaSPaaSSaaS
ApplicationsVousVousVousFournisseur
DonnéesVousVousVousPartagé
RuntimeVousVousFournisseurFournisseur
MiddlewareVousVousFournisseurFournisseur
OSVousVousFournisseurFournisseur
VirtualisationVousFournisseurFournisseurFournisseur
ServeursVousFournisseurFournisseurFournisseur
StockageVousFournisseurFournisseurFournisseur
RéseauVousFournisseurFournisseurFournisseur

Lecture : “Vous” = vous êtes responsable. “Fournisseur” = le cloud provider gère. “Partagé” = responsabilité partagée selon le contexte.

Le choix dépend de plusieurs facteurs. Il n’y a pas de réponse universelle — le meilleur modèle dépend de votre contexte : compétences de l’équipe, type d’application, contraintes réglementaires, budget.

Voici un arbre de décision simplifié pour vous guider :

Question 1 : Avez-vous besoin d’un logiciel standard ?

Section intitulée « Question 1 : Avez-vous besoin d’un logiciel standard ? »

Oui → Cherchez d’abord une solution SaaS. Exemples : monitoring (Datadog), CI/CD (GitHub Actions), email (Gmail).

Non → Passez à la question 2.

Question 2 : Avez-vous des contraintes d’infrastructure spécifiques ?

Section intitulée « Question 2 : Avez-vous des contraintes d’infrastructure spécifiques ? »

Oui (GPU, configuration réseau particulière, OS exotique) → IaaS vous donne le contrôle nécessaire.

Non → Passez à la question 3.

Question 3 : Avez-vous une équipe ops/infrastructure ?

Section intitulée « Question 3 : Avez-vous une équipe ops/infrastructure ? »

Oui, et elle a du tempsIaaS peut être pertinent si vous voulez le contrôle.

Non, ou elle est surchargéePaaS vous libère de la gestion infrastructure.

CritèreIaaSPaaSSaaS
Contrôle maximum
Déploiement rapide
Pas d’expertise infra requise
Personnalisation totale⚠️
Coût prévisible⚠️
Éviter le lock-in⚠️

Légende : ✅ = avantage fort, ⚠️ = dépend du cas, ❌ = pas l’objectif de ce modèle.

Après des années à accompagner des équipes dans leur adoption du cloud, voici les erreurs les plus fréquentes que je constate. Les connaître vous évitera de perdre du temps et de l’argent.

Le problème : Beaucoup d’équipes choisissent IaaS par habitude (on a toujours géré des serveurs) alors que PaaS suffirait.

Conséquence : Temps perdu à gérer l’OS, les patches, le scaling manuel. L’équipe devient “ops” au lieu de développer.

Solution : Posez-vous la question : “Qu’est-ce qui m’empêche d’utiliser PaaS ?” Si la réponse est “rien de concret”, essayez PaaS.

Le problème : IaaS semble moins cher (on paie juste des VMs). Mais le coût caché est le temps de votre équipe pour tout gérer : patches de sécurité, mises à jour, monitoring, gestion des certificats, scaling manuel…

Conséquence : Une VM à 50€/mois + 2 jours/mois d’un ingénieur pour la maintenir = bien plus cher qu’un PaaS à 150€/mois. C’est ce qu’on appelle le TCO (Total Cost of Ownership).

Solution : Calculez le coût total incluant le temps humain, pas juste le coût infrastructure. Multipliez les heures de maintenance par le taux journalier de vos ingénieurs.

Le problème : On adopte un SaaS, on y met toutes ses données, puis on réalise qu’on ne peut plus partir (ou que ça coûte très cher).

Conséquence : Dépendance à un fournisseur, augmentation des prix subie, fonctionnalités imposées.

Solution : Avant d’adopter un SaaS, vérifiez : export des données, API ouverte, alternatives existantes, coût de migration.

Le problème : Avoir du IaaS, du PaaS et du SaaS sans stratégie claire. Chaque équipe choisit ce qu’elle veut.

Conséquence : Complexité de gestion, compétences dispersées, coûts incontrôlés.

Solution : Définissez une stratégie cloud avec des modèles par défaut et des exceptions justifiées.

Contexte : Une startup développe une application web SaaS pour ses clients.

Choix recommandé : PaaS (ex: Heroku, Vercel, AWS App Runner)

Pourquoi :

  • L’équipe doit se concentrer sur le produit, pas l’infrastructure
  • Le scaling automatique gère les pics de charge
  • Déploiements rapides via git push
  • Pas besoin d’expertise ops

Avant de choisir un modèle, prenez 10 minutes pour répondre à ces questions. Ne sautez pas cette étape — un mauvais choix initial coûte cher à corriger.

  • Existe-t-il un SaaS qui répond à mon besoin ? (Si oui, l’évaluer en premier)
  • Ai-je des contraintes techniques qui imposent IaaS ? (GPU, OS spécifique, configuration réseau particulière)
  • Mon équipe a-t-elle les compétences ops pour gérer IaaS ? (Linux, sécurité, réseau)
  • Ai-je calculé le coût total (infra + temps humain) ?
  • Ai-je vérifié les options d’export/migration ? (Portabilité des données)
  • Ma stratégie cloud est-elle documentée ? (Pour éviter le chaos multi-modèles)
ConceptPoint clé
IaaSVous louez l’infrastructure, vous gérez tout le reste (OS, apps, données)
PaaSVous déployez votre code, le fournisseur gère la plateforme
SaaSVous utilisez une application prête, le fournisseur gère tout
Choix par défautPaaS pour les nouvelles apps, sauf contrainte spécifique
Coût réelInclure le temps humain, pas juste le coût infrastructure
Lock-inToujours vérifier les options d’export avant d’adopter un SaaS

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