Aller au contenu
Cloud high

Modèles de déploiement cloud : Public, Privé, Hybride, Multi-cloud

16 min de lecture

Où vont réellement tourner vos applications cloud ? Cette question détermine votre modèle de déploiement : cloud public (infrastructure mutualisée chez Outscale, OVH, Scaleway ou les hyperscalers), cloud privé (infrastructure dédiée à votre organisation), cloud hybride (mix des deux), ou multi-cloud (plusieurs fournisseurs publics). Ce guide vous explique les 4 modèles de déploiement, leurs avantages/inconvénients, et comment choisir selon votre contexte.

  • Les 4 types de déploiement cloud et leurs différences
  • Quel modèle choisir selon votre contexte (startup, grande entreprise, secteur réglementé)
  • Les pièges courants de chaque modèle
  • Les critères de décision concrets

Prérequis : Connaître les bases du cloud computing. Si besoin, commencez par Définition et promesses du cloud.

Chaque modèle répond à des besoins différents. Le bon choix dépend de votre taille, secteur d’activité, exigences réglementaires et budget.

Les 4 types de déploiement cloud : public, privé, hybride et multi-cloud

Définition : Infrastructure mutualisée entre plusieurs clients, gérée par un fournisseur cloud (AWS, Azure, GCP, Outscale, OVH…).

Imaginez le métro : vous partagez le transport avec des milliers d’autres passagers, mais chacun a sa propre destination. Les rames sont mutualisées (économies d’échelle), mais votre trajet reste privé.

Le cloud public fonctionne pareil : Vos applications tournent sur des serveurs physiques qui hébergent aussi celles d’autres clients. Vos données restent strictement isolées grâce à la virtualisation.

Quand vous créez une machine virtuelle (VM) chez un fournisseur cloud :

  1. Le fournisseur alloue de la capacité CPU/RAM/disque sur un serveur physique
  2. Cette capacité est isolée logiquement de celle des autres clients
  3. Vous accédez à “votre” serveur via Internet (SSH, RDP, console web)
  4. Vous payez à l’heure ou à la minute

C’est comme louer un appartement dans un immeuble : vous partagez la structure (murs, toit, plomberie), mais votre espace est privé et sécurisé.

✅ Avantages

  • Pas d’investissement initial : Pas de matériel à acheter
  • Scalabilité illimitée : De 1 à 10 000 serveurs en minutes
  • Maintenance gérée : Patches, mises à jour, pannes hardware prises en charge
  • Innovation rapide : Accès immédiat aux nouvelles technologies (GPU, IA, Kubernetes…)
  • Pay-as-you-go : Vous payez uniquement ce que vous consommez

❌ Inconvénients

  • Moins de contrôle : Vous ne choisissez pas le matériel ni l’OS hyperviseur
  • Localisation des données : Peuvent être hors UE (selon la région choisie)
  • Vendor lock-in : Dépendance aux services propriétaires du fournisseur
  • Coûts variables : Peuvent exploser sans gouvernance (ressources oubliées)
  • Latence Internet : Dépend de votre connexion vers le datacenter
ProfilPourquoi cloud public
StartupsPas de capital initial, scalabilité rapide, focus produit vs infra
Applications webÉlasticité pour gérer les pics de trafic
Environnements dev/testCréer/détruire rapidement sans gaspiller du matériel
Projets agilesRapidité prime sur contrôle total de l’infrastructure

Une startup SaaS lance son MVP (Minimum Viable Product) :

  • Jour 1 : 2 instances cloud (50 €/mois) pour 100 utilisateurs bêta
  • Mois 6 : Le produit décolle → 50 instances autoscalées (2000 €/mois) pour 10 000 utilisateurs
  • Mois 12 : Levée de fonds réussie → migration vers architecture conteneurs (Kubernetes) sans réarchitecturer from scratch

Sans cloud public : Il aurait fallu investir 100 000 € dès le jour 1 pour dimensionner “au cas où”, avec un risque énorme si le produit échoue.

Définition : Infrastructure cloud dédiée exclusivement à votre organisation, hébergée dans vos locaux ou chez un prestataire de confiance.

Avoir un cloud privé, c’est comme posséder votre propre voiture plutôt que prendre le métro ou un taxi :

  • Plus cher à l’achat et l’entretien
  • Vous décidez de tout (modèle, entretien, où la garer)
  • Toujours disponible quand vous en avez besoin
  • Capacité limitée par ce que vous avez acheté

Deux options pour un cloud privé :

Option 1 : On-premise (dans vos locaux) :

Vous achetez des serveurs, les installez dans votre datacenter (ou salle serveur), et déployez une plateforme cloud (OpenStack, VMware vSphere, Proxmox, Nutanix…).

Option 2 : Hosted private cloud (hébergé chez un tiers) :

Vous louez des serveurs dédiés chez un hébergeur (OVH Dedicated, Hetzner, Scaleway…), mais l’infrastructure reste exclusivement la vôtre (pas de multi-tenancy).

✅ Avantages

  • Contrôle total : Choix du matériel, de l’OS hyperviseur, des configurations
  • Souveraineté des données : Vous savez exactement où elles sont stockées
  • Conformité RGPD : Plus facile de prouver que les données ne quittent pas l’UE
  • Performance prévisible : Pas de “noisy neighbors” (voisins bruyants) en multi-tenancy
  • Personnalisation : Configurations exotiques possibles (hardware spécifique)

❌ Inconvénients

  • Coût élevé : CAPEX initial 100 000 € à plusieurs millions
  • Scalabilité limitée : Impossible d’ajouter 100 serveurs en 5 minutes
  • Expertise nécessaire : Équipe dédiée pour gérer l’infrastructure (réseau, stockage, hyperviseur)
  • Maintenance lourde : Pannes hardware, mises à jour, obsolescence à votre charge
  • Délais longs : 2-6 mois pour augmenter la capacité (commande matériel, installation)
ProfilPourquoi cloud privé
BanquesContraintes réglementaires strictes, données ultra-sensibles
HôpitauxDonnées de santé soumises à réglementation (HDS en France)
AdministrationsSouveraineté nationale, confidentialité défense/renseignement
Entreprises legacyApplications anciennes incompatibles avec le cloud public

Une banque française traite des données financières de millions de clients :

  • Exigences légales : Les données ne peuvent pas quitter le territoire français
  • Certifications : PCI-DSS pour les cartes bancaires, certifications ANSSI
  • Performance : Latence ultra-faible nécessaire pour les transactions
  • Audit : Contrôle total pour les audits de sécurité réguliers

Solution : Cloud privé on-premise avec datacenters en France métropolitaine, géré par une équipe infrastructure dédiée de 50 personnes.

Définition : Combinaison de cloud public ET privé, avec interconnexion sécurisée permettant le transfert de données et la répartition des workloads.

Le cloud hybride est né d’un constat pragmatique : toutes les applications ne peuvent pas migrer vers le cloud public (réglementations, dépendances legacy, coûts de refonte), mais on veut quand même bénéficier de ses avantages pour les nouveaux projets.

Au lieu de choisir “tout public” ou “tout privé”, on place chaque workload là où il a le plus de sens.

☁️ Cloud public

Site web vitrine :

  • Trafic variable (pics promo, soldes)
  • Besoin d’autoscaling
  • Pas de données sensibles (pages statiques, CSS, JS)

→ Hébergé sur CDN + Object Storage (Scaleway, OVH, ou autre)

🔒 Cloud privé

Base de données clients :

  • Données personnelles (RGPD)
  • Conformité bancaire (PCI-DSS)
  • Performance prévisible nécessaire
  • Connexions légales avec banques partenaires

→ Hébergée on-premise

Communication : Les deux environnements sont reliés via un tunnel VPN sécurisé ou une interconnexion directe proposée par les fournisseurs cloud.

Quand un client passe commande sur le site (cloud public), la transaction est envoyée de manière sécurisée vers la base de données (cloud privé) pour validation et enregistrement.

Architecture cloud hybride : cloud public (frontend, API) connecté via VPN au cloud privé (database, legacy apps, ERP)

✅ Avantages

  • Flexibilité maximale : Best of both worlds
  • Migration progressive : Pas de “big bang”, migrer service par service
  • Optimisation coûts : Workloads stables sur privé (RI/dédié), variables sur public
  • Conformité partielle : Données sensibles restent sur privé, le reste sur public

❌ Inconvénients

  • Complexité élevée : Deux environnements à gérer, compétences doubles
  • Coût réseau : Transferts de données entre public/privé facturés (egress)
  • Latence : Communication inter-cloud plus lente que intra-cloud
  • Sécurité complexe : Plus de points d’entrée/sortie à protéger
  • Gestion des identités : IAM à synchroniser entre environnements
ProfilPourquoi cloud hybride
Grandes entreprises en transitionMigration progressive vers le cloud sans arrêt d’activité
Secteurs réglementés partiellementCertaines données peuvent aller au cloud, d’autres non
Applications legacy coûteuses à refondreGarder le legacy on-premise, développer le nouveau sur public
Workloads mixtesBatch intensif sur privé, frontend scalable sur public

Définition : Utilisation simultanée de plusieurs fournisseurs de cloud public pour répartir les risques et optimiser les coûts par service.

Trois raisons principales poussent les entreprises vers le multi-cloud :

  1. Éviter le vendor lock-in : Ne pas dépendre à 100% d’un seul fournisseur
  2. Meilleur prix par service : Choisir le moins cher pour chaque besoin (stockage AWS S3, Kubernetes GCP GKE, AD Azure…)
  3. Résilience géographique : Si AWS tombe en panne (rare mais possible), basculer sur Azure

Une entreprise européenne peut choisir :

ServiceFournisseurRaison
Stockage objetScaleway Object StorageTarif compétitif, datacenter en France
KubernetesOVHcloud Managed KubernetesBon rapport qualité/prix, support en français
VM computeOutscaleCertification SecNumCloud, souveraineté
BackupInfomaniakHébergé 100% en Suisse, RGPD-compliant

Chaque service tourne chez le fournisseur adapté au besoin (prix, certification, localisation).

Chaque service tourne chez le fournisseur “best-in-class” pour ce domaine.

✅ Avantages

  • Pas de vendor lock-in : Liberté de migrer si un fournisseur devient trop cher
  • Meilleur prix global : Optimisation service par service
  • Résilience maximale : Basculement automatique si un cloud tombe
  • Respect souveraineté : Données UE sur cloud européen, données US sur cloud US

❌ Inconvénients

  • Complexité maximale : Équipes doivent maîtriser 3 clouds différents
  • Coûts de transfert inter-cloud : Egress très cher entre fournisseurs
  • Compétences multi-cloud : Formations et certifications coûteuses
  • Outils de gestion : Monitoring, logging, IAM à unifier (Terraform, Datadog…)
  • Support fragmenté : 3 tickets différents pour un incident global
ProfilPourquoi multi-cloud
Grandes entreprises cloud-nativeÉquipes matures avec expertise multi-cloud
Haute disponibilité critiqueRésilience maximale exigée (finance, e-commerce)
Optimisation coûts avancéeFinOps mature, choisir le meilleur prix par service
Fusions/acquisitionsRachats d’entreprises déjà sur un cloud différent
CritèreCloud PublicCloud PrivéCloud HybrideMulti-cloud
CAPEX initial0 €100 k€ à millionsMoyen0 €
OPEX mensuelVariableFixe + maintenanceMixteVariable
ScalabilitéIllimitéeLimitée par matérielMixteIllimitée
ComplexitéFaibleMoyenneÉlevéeMaximale
Contrôle donnéesFaibleTotalPartielFaible
Vendor lock-inÉlevéAucunMoyenFaible
Compétences requises1 cloudInfra privée2 clouds + réseau3+ clouds
Délai provisioningSecondesSemaines/moisMixteSecondes

Voici comment choisir selon votre contexte :

Cloud public (Outscale, Scaleway, OVH, ou hyperscalers internationaux)

Raisons :

  • Pas de capital initial
  • Scalabilité immédiate
  • Focus sur le produit vs infrastructure

Cloud privé ou hybride

Raisons :

  • Contraintes légales sur localisation des données
  • Audits de sécurité stricts
  • Certifications spécifiques (HDS, SecNumCloud, PCI-DSS)

Exemple : Banque → cloud privé on-premise pour données clients, cloud public pour site vitrine

Cloud hybride

Raisons :

  • Migration progressive sans réarchitecture complète
  • Coût de refonte trop élevé à court terme
  • Nouvelles apps sur public, legacy sur privé

Multi-cloud (si équipes matures)

Raisons :

  • Résilience inter-cloud critique
  • Optimisation coûts service par service
  • Équipes avec expertise multi-cloud existante

Faux : Avoir des serveurs dans vos locaux ne fait pas un cloud privé.

Vrai cloud privé : API self-service, autoscaling, orchestration automatisée

Faux : “On va prendre AWS ET Azure pour éviter le lock-in” sans avoir l’expertise

Approche saine : Maîtriser un cloud d’abord, ajouter un second uniquement si besoin objectif

Faux : Sans gouvernance, le cloud public peut coûter plus cher que l’on-premise

Réalité : Pay-as-you-go + ressources oubliées + sur-dimensionnement = facture surprise

Piège #4 : “Hybride = meilleur des deux mondes”

Section intitulée « Piège #4 : “Hybride = meilleur des deux mondes” »

Faux : Hybride = complexité des deux mondes si mal géré

Réalité : N’allez hybride que si contrainte réelle, sinon choisissez public ou privé

Le choix du modèle de déploiement cloud dépend de votre contexte :

  1. Cloud public : Default choice pour 80% des cas (startups, apps web, dev/test)
  2. Cloud privé : Secteurs réglementés, données ultra-sensibles, expertise interne
  3. Cloud hybride : Migration progressive, contraintes partielles
  4. Multi-cloud : Grandes entreprises matures, résilience critique

Règle d’or : Commencez simple (mono-cloud public si possible), complexifiez uniquement si contrainte objective.

Définition et promesses du cloud

Comprenez les 5 caractéristiques fondamentales du cloud computing

Définition et promesses

Résilience et haute disponibilité

Concevez des architectures cloud tolérantes aux pannes

Résilience, HA, DR