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Outils de build d'images conteneur : BuildKit, Buildah, Kaniko ou Buildpacks ?

14 min de lecture

Vous devez construire des images conteneur mais vous hésitez entre BuildKit, Buildah, Kaniko ou Buildpacks ? Cette page vous guide vers le bon choix en 5 minutes. BuildKit reste le standard (intégré à Docker), Buildah pour le rootless sans daemon, Kaniko pour les CI/CD Kubernetes, et Buildpacks pour builder sans Dockerfile.

Que vous soyez développeur, ingénieur DevOps ou architecte, ce guide comparatif vous aide à identifier l’outil adapté à votre workflow et vous oriente vers les ressources détaillées.

  • BuildKit : meilleur choix par défaut (intégré Docker, cache avancé, multi-arch)
  • Buildah : rootless/daemonless, compatible Podman, build script-based
  • Kaniko : builds dans Kubernetes sans privilèges (pas de daemon Docker)
  • Buildpacks : zero Dockerfile, détection automatique stack (Heroku, Paketo)
  • Bake : builds déclaratifs HCL pour projets complexes (basé sur BuildKit)
  • Les 5 outils comparés : BuildKit, Buildah, Kaniko, Buildpacks et Bake — leurs forces et faiblesses
  • Recommandation par contexte : Local, CI/CD, Kubernetes, sécurité — quel outil pour quel environnement
  • Critères de décision : Daemon vs daemonless, rootless, cache, multi-arch, compatibilité
  • Stratégies avancées : Cache registry, builds multi-plateforme, secrets sécurisés

Vous êtes pressé ? Voici le résumé en un tableau :

Votre situationOutil recommandéPourquoi
Développement local (Docker)BuildKitIntégré à Docker, cache performant, multi-arch
Développement local (Podman)BuildahRootless, sans daemon, compatible Podman
CI/CD sur KubernetesKanikoSans daemon, unprivileged, cache registry
CI/CD multi-langageBuildpacksDétection auto stack, pas de Dockerfile
Builds complexes (mono-repo)BakeDéclaratif HCL, targets, groups, variables
Sécurité maximale (rootless)BuildahRootless natif, sans daemon
Multi-arch régulierBuildKitQEMU intégré, builds parallèles

Un outil de build transforme un Dockerfile (ou équivalent) + contexte (fichiers sources) en une image OCI prête à être exécutée par un moteur de conteneurs.

Cette page compare des outils de construction d’images, pas d’exécution :

OutilRôleProduit
BuildKit, Buildah, KanikoConstruire des imagesImage OCI (tar, registry push)
Docker, Podman, containerdExécuter des conteneursConteneur en cours d’exécution

Certains outils combinent les deux (Docker = BuildKit + containerd, Podman = Buildah + crun/runc).

FonctionDescription
Parser le DockerfileAnalyser les instructions FROM, RUN, COPY, etc.
Gérer les layersCréer une couche par instruction, optimiser le cache
Exécuter les commandesLancer RUN apt install, RUN npm install dans un conteneur temporaire
Gérer le cacheRéutiliser les layers déjà construits
Produire l’image finaleGénérer le manifest OCI + layers compressés
Pousser vers registryUpload de l’image vers Docker Hub, GHCR, etc.

Deux approches pour construire des images :

Vous écrivez les instructions de build :

FROM node:20-alpine
WORKDIR /app
COPY package*.json ./
RUN npm ci --only=production
COPY . .
CMD ["node", "index.js"]

Avantages : Contrôle total, reproductible, versionnable.

Inconvénients : Répétitif, nécessite expertise, maintenance manuelle.

BuildKit est le builder moderne de Docker, remplaçant le builder legacy depuis Docker 18.09. Il est activé par défaut depuis Docker 23.0.

Points forts :

  • Cache intelligent : réutilisation des layers même avec Dockerfile modifié
  • Builds parallèles : plusieurs stages en même temps
  • Multi-arch natif : ARM64 + AMD64 en un seul build
  • Cache registry : partager le cache entre machines via registry
  • Secrets sécurisés : --mount=type=secret pour éviter les secrets dans les layers
  • SSH forwarding : --mount=type=ssh pour cloner des repos privés

Points faibles :

  • Nécessite Docker daemon (ou standalone buildkitd)
  • Pas rootless par défaut (nécessite configuration)

Quand choisir BuildKit :

  • Développement local avec Docker
  • CI/CD avec Docker disponible
  • Besoin de multi-arch ou cache avancé

Buildah est l’outil de build de l’écosystème Red Hat/Podman. Il permet de construire des images sans daemon et sans Dockerfile (mode script).

Points forts :

  • Rootless natif : pas besoin de privilèges root
  • Sans daemon : chaque commande est un processus isolé
  • Deux modes : Dockerfile classique OU scripting Bash (buildah from, buildah run, buildah commit)
  • Compatible OCI : images compatibles Docker/Podman/Kubernetes
  • Intégration Podman : podman build utilise Buildah

Points faibles :

  • Écosystème moins mature que BuildKit
  • Cache moins performant que BuildKit
  • Multi-arch plus complexe

Quand choisir Buildah :

  • Environnement rootless strict
  • Podman comme moteur de conteneurs
  • Builds scriptés (au lieu de Dockerfile)

Kaniko est un outil Google conçu pour construire des images dans Kubernetes sans daemon Docker ni privilèges root.

Points forts :

  • Unprivileged : tourne dans un pod Kubernetes standard
  • Sans daemon : pas besoin de Docker daemon dans le cluster
  • Cache registry : partage du cache via registry
  • Reproductible : même image à chaque build (digest stable)
  • Intégration CI/CD : parfait pour GitLab CI, Tekton, Argo Workflows

Points faibles :

  • Moins performant que BuildKit (pas de parallélisme)
  • Pas de multi-arch natif (nécessite plusieurs builds)
  • Destiné uniquement aux environnements Kubernetes/conteneurisés

Quand choisir Kaniko :

  • Pipelines CI/CD dans Kubernetes
  • Contrainte de sécurité (pas de daemon root)
  • Pas d’accès Docker daemon

Cloud Native Buildpacks (CNB) détectent automatiquement votre stack (Node, Python, Java…) et génèrent une image optimisée sans écrire de Dockerfile.

Points forts :

  • Zero configuration : détection auto du langage via package.json, requirements.txt, etc.
  • Bonnes pratiques incluses : images optimisées par des experts
  • SBOM automatique : Software Bill of Materials généré pour chaque image
  • Rebasing : mettre à jour l’OS de base sans rebuild complet
  • Builders officiels : Paketo (VMware), Google Cloud, Heroku

Points faibles :

  • Moins de contrôle qu’un Dockerfile
  • Images parfois plus lourdes
  • Courbe d’apprentissage (concepts de builder/buildpack)

Quand choisir Buildpacks :

  • Prototypage rapide
  • Équipes multi-langage (Node, Python, Java, Go…)
  • Besoin de SBOM pour compliance

Bake est un outil BuildKit pour définir des builds complexes en HCL (HashiCorp Configuration Language) au lieu de scripts shell.

Points forts :

  • Déclaratif : fichier docker-bake.hcl versionnable
  • Targets multiples : dev, staging, prod dans un seul fichier
  • Variables : réutilisation de config (registries, tags…)
  • Héritage : targets qui héritent d’autres targets
  • Compatible Compose : peut lire docker-compose.yml

Points faibles :

  • Nécessite BuildKit
  • Moins connu que Dockerfile classique

Quand choisir Bake :

  • Mono-repo avec plusieurs images
  • Builds complexes avec variantes (dev/staging/prod)
  • Besoin de config déclarative
CritèreBuildKitBuildahKanikoBuildpacksBake
Daemon requisOui (dockerd ou buildkitd)❌ Non❌ NonOui (dockerd)Oui (BuildKit)
Rootless⚠️ Possible✅ Par défaut✅ Oui⚠️ Selon setup⚠️ Selon setup
Format d’entréeDockerfileDockerfile + scriptDockerfileAuto-détectionHCL (+ Dockerfile)
Cache avancé✅ Excellent⚠️ Basique✅ Registry✅ Layer rebase✅ Excellent
Multi-arch✅ QEMU intégré⚠️ Manuel⚠️ Builds séparés✅ Natif✅ QEMU intégré
Secrets sécurisés--mount=type=secret--secret✅ Via K8s secrets✅ Buildpack API✅ Idem BuildKit
Cache registry--cache-from/to⚠️ Limité✅ Natif⚠️ Non✅ Idem BuildKit
Environnement cibleLocal + CI/CDLocal + CI/CDKubernetesLocal + PaaSLocal + CI/CD
SBOM automatique❌ Non❌ Non❌ Non✅ Oui❌ Non
Courbe d’apprentissage⚠️ Moyenne⚠️ Moyenne⚠️ Moyenne✅ Facile⚠️ Élevée
Écosystème✅ Docker standard✅ Podman/Red Hat⚠️ Google/K8s✅ CNCF/Heroku⚠️ Niche

Utilisez ce guide pour choisir :

Recommandation : BuildKit (Docker) ou Buildah (Podman)

Si vous utilisez Docker :

  1. BuildKit est déjà installé et activé
  2. Utilisez docker buildx pour multi-arch
  3. Consultez le guide BuildKit

Si vous utilisez Podman :

  1. podman build utilise Buildah automatiquement
  2. Profitez du mode rootless par défaut
  3. Consultez le guide Buildah

Contexte : Développeur sur poste local (Linux/macOS/Windows).

Outil recommandé : BuildKit (via Docker) ou Buildah (via Podman)

Pourquoi :

  • BuildKit : intégré Docker Desktop, cache performant, multi-arch facile
  • Buildah : si vous utilisez Podman ou voulez rootless strict

Exemple workflow BuildKit :

Fenêtre de terminal
# Build classique
docker build -t mon-app:latest .
# Multi-arch
docker buildx build --platform linux/amd64,linux/arm64 -t mon-app:latest .
# Cache registry
docker buildx build --cache-from type=registry,ref=ghcr.io/user/cache \
--cache-to type=registry,ref=ghcr.io/user/cache,mode=max \
-t mon-app:latest .

Contexte : Pipeline CI/CD avec Docker disponible.

Outil recommandé : BuildKit (via docker/build-push-action)

Exemple GitHub Actions :

- name: Build and push
uses: docker/build-push-action@v5
with:
context: .
platforms: linux/amd64,linux/arm64
push: true
tags: ghcr.io/${{ github.repository }}:latest
cache-from: type=gha
cache-to: type=gha,mode=max

Contexte : Pipeline dans Kubernetes, pas de Docker daemon.

Outil recommandé : Kaniko

Exemple Tekton Task :

apiVersion: tekton.dev/v1beta1
kind: Task
metadata:
name: kaniko-build
spec:
params:
- name: image
description: Image de destination
steps:
- name: build
image: gcr.io/kaniko-project/executor:latest
args:
- --context=dir://workspace/source
- --destination=$(params.image)
- --cache=true
- --cache-repo=ghcr.io/cache

Contexte : Contraintes de sécurité strictes (rootless obligatoire).

Outil recommandé : Buildah ou Kaniko

Pourquoi :

  • Buildah : rootless natif, sans daemon
  • Kaniko : unprivileged, pas de socket Docker

Exemple Buildah rootless :

Fenêtre de terminal
# Pas besoin de sudo
buildah bud -t mon-app:latest .
podman push mon-app:latest ghcr.io/user/mon-app:latest
  1. BuildKit est le standard Docker — intégré, performant, multi-arch natif.

  2. Buildah = build rootless — sans daemon, compatible Podman, mode script possible.

  3. Kaniko = Kubernetes natif — unprivileged, pas de daemon, cache registry.

  4. Buildpacks = zero Dockerfile — détection auto, SBOM inclus, bonnes pratiques.

  5. Bake = builds complexes — déclaratif HCL, targets, groups, mono-repo.

  6. Le cache est crucial en CI/CD — utilisez --cache-from/to type=registry pour éviter les rebuilds complets.

  7. Multi-arch nécessite QEMU — ou des runners natifs (ARM64 physique).

  8. Tous génèrent des images OCI — compatibilité garantie entre outils.

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