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Virtualisation medium

Disques virtuels : RAW vs QCOW2, thin vs thick

11 min de lecture

Vous créez votre première VM et l’hyperviseur vous demande de choisir un format de disque et un mode de provisioning. Que choisir ? Ce guide vous donne les clés pour comprendre ces concepts et faire le bon choix.

  • Ce qu’est un disque virtuel et comment il fonctionne
  • La différence entre format et provisioning
  • Les caractéristiques des formats RAW, QCOW2, VMDK et VDI
  • Quand utiliser thin ou thick provisioning

Quand vous créez une VM, elle a besoin d’un “disque dur” pour stocker son système d’exploitation et ses données. Mais ce disque n’est pas physique — c’est un fichier sur le stockage de l’hôte qui simule un disque dur.

Imaginez que vous avez besoin d’un coffre-fort de 100 litres.

Option 1 — Le coffre physique (disque physique)

Vous achetez un vrai coffre de 100 litres. Il prend 100 litres d’espace dans votre bureau, même si vous n’y mettez que 5 litres de documents.

Option 2 — Le sac magique extensible (disque virtuel “thin”)

Vous avez un sac magique qui peut contenir jusqu’à 100 litres, mais qui ne prend que l’espace de ce que vous y mettez réellement. 5 litres de documents = 5 litres d’espace occupé.

Option 3 — L’espace réservé (disque virtuel “thick”)

On vous réserve un espace de 100 litres dans un entrepôt. Même vide, cet espace vous appartient — personne d’autre ne peut l’utiliser.

C’est exactement ce que font les disques virtuels : ce sont des fichiers qui jouent le rôle de disque dur pour la VM.

Format ≠ provisioning : deux choix indépendants

Section intitulée « Format ≠ provisioning : deux choix indépendants »

Quand vous créez un disque virtuel, vous faites deux choix distincts :

ChoixQuestionOptions
FormatComment structurer le fichier ?RAW, QCOW2, VMDK, VDI
ProvisioningComment allouer l’espace ?Thin ou Thick

Ces deux choix sont indépendants. Vous pouvez avoir du QCOW2 thin, du QCOW2 thick, du VMDK thin, etc.

Chaque hyperviseur a son format “natif”, optimisé pour ses fonctionnalités. Voici les quatre principaux.

Le format RAW est une copie bit-à-bit de ce que serait un vrai disque dur. Pas de métadonnées, pas de fonctionnalités avancées, juste les données brutes.

À retenir : Performance maximale, mais aucune fonctionnalité avancée.

Avantages :

  • Performance maximale : aucun traitement supplémentaire
  • Simplicité : format universel, compris partout
  • Compatibilité : fonctionne sur tous les hyperviseurs

Inconvénients :

  • Pas de snapshots intégrés au fichier
  • Pas de compression native

Quand choisir RAW : quand la performance I/O est critique (bases de données intensives), ou quand votre infrastructure gère déjà les snapshots à un autre niveau.

QCOW2 (QEMU Copy-On-Write version 2) est le format natif de KVM et Proxmox. C’est le format le plus riche en fonctionnalités dans cet écosystème.

À retenir : Le meilleur compromis fonctionnalités/performance pour KVM et Proxmox.

Avantages :

  • Snapshots intégrés : points de restauration dans le fichier même
  • Thin provisioning natif : le fichier grandit à la demande
  • Compression et chiffrement possibles
  • Backing files : permet de créer des templates efficaces

Inconvénients :

  • Légèrement moins performant que RAW (overhead des métadonnées)
  • Fonctionnalités avancées = plus de paramètres à comprendre

Quand choisir QCOW2 : la plupart des cas d’usage sur KVM/Proxmox, surtout si vous voulez des snapshots ou des templates.

VMDK (Virtual Machine Disk) est le format natif de VMware. Mature et largement adopté en entreprise.

À retenir : Le standard de l’écosystème VMware.

Avantages :

  • Maturité : format éprouvé depuis plus de 20 ans
  • Écosystème : intégration native avec vSphere
  • Portabilité : export OVA/OVF reconnu par d’autres hyperviseurs

Inconvénients :

  • Optimisé pour VMware, moins flexible ailleurs

Quand choisir VMDK : sur VMware (ESXi, Workstation, Fusion).

VDI (Virtual Disk Image) est le format natif de VirtualBox. Simple et efficace pour l’usage desktop et les labs personnels.

À retenir : Le choix par défaut sur VirtualBox.

Avantages :

  • Bien intégré à VirtualBox
  • Snapshots et thin provisioning natifs

Inconvénients :

  • Spécifique à VirtualBox

Quand choisir VDI : sur VirtualBox (choix par défaut).

FormatHyperviseur natifSnapshots intégrésThin natifPerformance
RAWTousMaximale
QCOW2KVM, ProxmoxTrès bonne
VMDKVMwareTrès bonne
VDIVirtualBoxTrès bonne

Le provisioning définit comment l’espace disque est alloué. Ce choix est indépendant du format.

En thin provisioning, l’espace n’est alloué que lorsque la VM y écrit réellement des données.

Exemple :

  1. Vous créez un disque de 100 Go en thin
  2. Le fichier fait initialement quelques Mo
  3. Vous installez un OS qui prend 8 Go → le fichier fait ~8 Go
  4. La VM “voit” toujours un disque de 100 Go

Avantages :

  • Économie d’espace : vous ne consommez que ce qui est utilisé
  • Surallocation possible : héberger plus de VMs que l’espace physique ne le permettrait
  • Création rapide : pas besoin de réserver l’espace

Le risque : si vos VMs remplissent leurs disques et que le stockage physique est plein, vous avez un problème. C’est pourquoi le thin provisioning nécessite une surveillance de l’espace réel consommé.

En thick provisioning, tout l’espace est réservé dès la création.

Exemple :

  1. Vous créez un disque de 100 Go en thick
  2. Le système réserve immédiatement 100 Go
  3. Même si la VM n’utilise que 8 Go, l’espace est garanti

Avantages :

  • Performance prévisible : pas d’allocation pendant l’utilisation
  • Espace garanti : pas de mauvaise surprise
  • Pas de risque de saturation inattendue

L’inconvénient : vous “payez” pour de l’espace que vous n’utilisez peut-être pas encore.

CritèreThinThick
Espace consomméCe qui est utiliséTout dès le départ
RisqueSaturation si mal surveilléGaspillage potentiel
PerformanceVariable (allocation à chaud)Constante
Cas d’usageLabs, tests, surallocationProduction critique, BDD

Arbre de décision pour choisir entre thin et thick provisioning

Pour faire le bon choix, répondez à ces trois questions :

Prenez le format natif de votre hyperviseur :

  • KVM / Proxmox → QCOW2
  • VMware → VMDK
  • VirtualBox → VDI

C’est le choix le plus simple et le plus sûr. Vous bénéficiez de toutes les fonctionnalités sans conversion.

2. Avez-vous besoin de fonctionnalités avancées ?

Section intitulée « 2. Avez-vous besoin de fonctionnalités avancées ? »

Les “fonctionnalités avancées” sont principalement les snapshots intégrés et les templates efficaces.

  • Oui → Restez sur le format natif “riche” (QCOW2, VMDK, VDI)
  • Non, je veux juste la perf max → RAW peut être un bon choix

3. Votre priorité : économie d’espace ou prévisibilité ?

Section intitulée « 3. Votre priorité : économie d’espace ou prévisibilité ? »
  • Économie d’espaceThin (avec surveillance du stockage)
  • Prévisibilité / performance constanteThick
ProfilFormatProvisioning
Lab / tests / apprentissageFormat natifThin
Production standardFormat natifThin (surveillé)
I/O critique / bases de donnéesRAW ou format natifThick

Le choix RAW vs QCOW2 ne fera pas “magiquement” passer une VM de lente à rapide. La performance dépend surtout de :

  • Le type de stockage : un SSD sera toujours plus rapide qu’un HDD, quel que soit le format
  • La charge du stockage : un stockage presque plein devient imprévisible
  • Les snapshots : une pile de snapshots finit par coûter en I/O
  • Le provisioning : thin peut introduire de la variabilité si l’espace doit être alloué “à chaud”

Règle simple : gardez une marge confortable sur votre stockage et évitez d’empiler des snapshots trop longtemps.

ErreurConséquenceComment l’éviter
Thin sans surveillanceSaturation surprise du stockageMettre en place des alertes
Empiler des snapshotsDégradation progressive des I/OFusionner ou supprimer régulièrement
Convertir avec VM alluméeCorruption de donnéesToujours arrêter la VM avant
Stockage presque pleinPerformance imprévisibleGarder de la marge
  1. Un disque virtuel est un fichier qui simule un disque dur pour la VM.

  2. Format ≠ provisioning : le format structure le fichier, le provisioning définit l’allocation d’espace.

  3. Utilisez le format natif de votre hyperviseur : QCOW2 (KVM/Proxmox), VMDK (VMware), VDI (VirtualBox).

  4. RAW = performance maximale mais pas de snapshots intégrés.

  5. Thin = économie d’espace mais nécessite surveillance. Thick = prévisibilité mais consomme plus.

  6. La vraie performance dépend du stockage (SSD vs HDD), pas uniquement du format.

Avant de continuer, vérifiez que vous pouvez répondre à ces questions :

  • ✅ Quelle est la différence entre format et provisioning ?
  • ✅ Quel format choisir sur KVM/Proxmox ? Sur VMware ? Sur VirtualBox ?
  • ✅ Quel est le risque principal du thin provisioning ?
  • ✅ Dans quel cas choisiriez-vous RAW plutôt que QCOW2 ?

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